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  • Le jour où le premier ministre Brian Mulroney a démissionné

    Brian Mulroney en 1983

    Brian Mulroney en 1983

    Photo : La Presse canadienne / La Presse canadienne/Ian Barrett

    Radio-Canada

    Le 24 février 1993, le premier ministre Brian Mulroney annonce qu'il quitte la vie politique. Il est alors en plein mandat, à la tête d'un gouvernement majoritaire depuis 1984, mais voit bien que son étoile pâlit. Portrait de cette journée, tiré de nos archives.

    Au printemps 1992, la cote de popularité de Brian Mulroney a atteint le plus bas niveau jamais enregistré par un premier ministre canadien. Une défection qui s’explique par des décisions impopulaires comme l’adoption de la TPS, l’échec constitutionnel et une récession persistante malgré des mesures adoptées par le gouvernement progressiste-conservateur.

    À l’automne 1992, le rejet de l’accord de Charlottetown par la population canadienne est un dur coup. Mulroney prépare sa sortie.

    Émission spéciale, Démission de Brian Mulroney, 24 février 1993

    Le mercredi 24 février 1993, à 9 h 51, Bernard Derome prend la barre d’une émission spéciale dont nous vous présentons les 10 premières minutes. La démission de Brian Mulroney n’a pas été annoncée officiellement, mais la rumeur est vive.

    Il y a une très, très grosse nouvelle dans l’air, comme on dit. Ce n’est pas tous les jours que le premier ministre d’un pays annonce qu’il démissionne durant l’exercice de ses fonctions, c’est-à-dire qu’il n’est pas forcé de démissionner tel quel à la suite d’une défaite électorale.

    Bernard Derome

    Le journaliste Daniel L’Heureux se trouve devant les grilles du 24 Sussex Drive, à Ottawa. Il observe un va-et-vient de limousines de ministres et de proches de Mulroney. L’entourage du premier ministre ne dément pas les rumeurs de démission.

    Le journaliste Guy Gendron est pour sa part posté devant la salle 237-C du Parlement. Vers 10 h, un caucus conservateur est prévu. Le premier ministre Mulroney devrait y faire sa grande annonce. Les députés croisés se montrent très anxieux. Dans le sourire de l’un d’entre eux, le journaliste dénote une intention de se présenter à la succession.

    Une conférence de presse est également déjà à l’horaire pour midi dans cette salle du parlement. Quelques minutes avant l’heure, Brian Mulroney y fait son entrée, accompagné de sa femme Mila et de deux de ses enfants. Il confirme de vive voix qu’il quitte la vie politique.

    Émission spéciale, Démission de Brian Mulroney, 24 février 1993

    À 18 h, l’émission spéciale animée par Bernard Derome reprend l’antenne. C’est à Daniel L’Heureux qu’a été confié le mandat de résumer « cette journée saisissante ».

    Plus tôt aujourd’hui, j’ai annoncé à mon parti et à mon caucus que je démissionnerai de mes fonctions de chef du Parti progressiste-conservateur du Canada et de premier ministre dès qu’ils m’auront choisi un successeur.

    Brian Mulroney

    Dans son reportage, le journaliste revient sur le moment-clé de cette journée : la conférence de presse de Brian Mulroney qu’il livre avec le sourire. Le discours du premier ministre démissionnaire porte d’ailleurs davantage sur sa succession que sur les motifs de son départ.

    Le Point, 24 février 1993

    Aujourd’hui, nous consacrons 1 heure d’émission au premier ministre Brian Mulroney.

    Jean-François Lépine

    En fin de soirée, l’émission Le Point s’ouvre sur un montage de moments marquants de la carrière de l’homme politique. À la suite de cette démission inattendue, le journaliste Jean-François Lépine a obtenu une longue entrevue avec Brian Mulroney. Il a aussi réuni quelques collaborateurs en studio afin de dresser un bilan de ses années au pouvoir.

    L’air serein, Brian Mulroney explique sa décision dans cette entrevue dont nous vous présentons les premières minutes. Il fait le bilan de ses deux mandats à la tête du pays.

    Mulroney laisse la vie politique, mais a bien préparé sa succession. Comme il l’explique à Jean-François Lépine, il veut instaurer une tradition de transfert des pouvoirs, courante chez les libéraux, mais pas chez les conservateurs. Il souhaite ainsi faire place à une relève capable de porter une fois de plus le parti au pouvoir.

    C’est quelque chose que je voulais et [que] j’espérais toujours réaliser, et j’ai eu l’occasion de le faire. Il n’y a pas de précédent comme ça et il a fallu que quelqu’un commence la tradition dans le Parti progressiste-conservateur. J’ai décidé de le faire moi-même.

    Brian Mulroney

    Au terme d’une course à l’investiture du parti dont Mulroney a défini les règles, Kim Campbell devient chef du Parti conservateur le 25 juin 1993.

    Caroline Mulroney en politique

    25 ans plus tard, une autre succession se trace. En septembre dernier, Caroline Mulroney, fille aînée de Brian Mulroney, est devenue la candidate officielle pour le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario dans la circonscription torontoise de York-Simcoe.

    À la suite de la démission du chef Patrick Brown, elle se présente désormais également comme candidate à la chefferie des conservateurs ontariens.

    Reportage du 11 juin 1988

    Lorsque son père était au pouvoir, Caroline Mulroney l'accompagnait à l’occasion lors d’activités de campagne. C’est le cas le 11 juin 1988, comme en témoigne ce reportage de Daniel L’Heureux.

    La jeune fille fête alors son quatorzième anniversaire et le journaliste se permet cette affirmation : « Aujourd’hui, tout le monde disait que Caroline a la beauté de sa mère et qu’elle pourrait elle aussi être un atout politique pour son père. »

    Brian Mulroney après la politique

    Après avoir quitté la vie politique, Brian Mulroney retourne à la pratique du droit. Il devient associé principal au sein du cabinet Ogilvy Renault de Montréal, où il avait commencé sa carrière d’avocat dans les années 1960.

    Il est membre de divers conseils d’administration et comités consultatifs, tant au Canada et aux États-Unis qu’en Amérique du Sud et en Asie.

    En 1995, la Gendarmerie royale ouvre une enquête sur Mulroney dans le cadre de l’Affaire Airbus. Deux ans plus tard, l’ancien premier ministre sera blanchi et recevra des excuses publiques du gouvernement canadien.

    En novembre 2003, le gouvernement de Jean Charest nomme Brian Mulroney et l’ancien premier ministre du Québec Daniel Johnson à la tête d’un comité chargé d’évaluer les projets des centres hospitaliers de l’Université de Montréal et de l’Université McGill.

    Plus récemment, Brian Mulroney a été appelé à jouer le rôle de conseiller pour le cabinet de Justin Trudeau dans la négociation de l’ALENA.

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