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Publicités sur Facebook : des envois postaux pour contrer l'ingérence

Des exemples de fausses pages créées sur Facebook par des agents russes.

De nombreuses fausses pages créées par des agents russes sur Facebook ont servi à alimenter la division au sein de la population américaine.

Photo : Reuters / Aaron Bernstein

Reuters

Facebook se tournera bientôt vers une technologie vieille de plusieurs siècles pour tenter d'empêcher l'ingérence étrangère dans les élections américaines : le réseau postal.

La directrice des politiques mondiales et des relations avec les gouvernements de Facebook, Katie Harbath, qui affirme avoir été stupéfaite en 2016 que des agents russes aient acheté des publicités visant à influencer la campagne présidentielle américaine, a déclaré samedi, lors d'une rencontre de la National Association of Secretaries of State tenue à Washington, que l'entreprise enverrait des cartes postales aux possibles acheteurs de publicités politiques pour confirmer qu'ils résident bien aux États-Unis.

Le destinataire devra alors taper un code sur le réseau social pour conclure l'achat publicitaire.

Cette méthode s'appliquera d'abord aux publicités qui présentent des candidats en prévision des élections de mi-mandat, en novembre prochain, a précisé la porte-parole de Facebook Andy Stone.

Le plan a été dévoilé au lendemain du dépôt d'accusations, par le procureur spécial Robert Mueller, contre 13 ressortissants russes pour avoir interféré dans la dernière présidentielle.

L'acte d'accusation décrit de quelle façon des agents russes ont volé des numéros d'assurance sociale et d'autres informations appartenant à de véritables Américains pour créer des comptes de banque et sur le service PayPal afin d'acheter des publicités en ligne.

Ces agents auraient également recruté des Américains pour accomplir diverses tâches, comme brandir des pancartes lors de rassemblements organisés en vue de créer du contenu destiné à des publications mises sur pied par ces Russes sur les médias sociaux.

Facebook a mis au jour quelque 3000 publicités liées aux Russes sur Facebook et Instagram, publicités qui ont été achetées avant et après l'élection de novembre 2016.

Selon le réseau social, ces annonces auraient pu être consultées par 150 millions d'utilisateurs.

Pointe de l'iceberg

Les publicités sur Facebook ne sont toutefois qu'une partie du problème. Les accusations déposées par M. Mueller révèlent en effet que des agents russes ont aussi créé de fausses pages telles que Secured Borders, Blacktivist et United Muslims of America, qui ont attiré des centaines de milliers d'abonnés.

Facebook n'a pas précisé de quelle façon la nouvelle méthode de vérification s'appuyant sur des cartes postales empêcherait des agents étrangers d'enregistrer des adresses postales aux États-Unis et d'embaucher des gens pour y relever le courrier.

Au dire de Mme Stone, toutefois, cette méthode est « partie intégrante d'une démarche bien plus vaste visant à contrer l'influence électorale étrangère sur notre plateforme ».

Les efforts de Facebook s'articulent principalement autour de la vérification de l'identité de ses utilisateurs - s'assurer que les gens sont bel et bien ceux qu'ils prétendent être.

Pour coincer les acheteurs louches, par exemple, la compagnie teste actuellement au Canada un système grâce auquel les utilisateurs peuvent savoir si une publicité est achetée par une page Facebook - celle d'un candidat, par exemple -, et ce, même si l'internaute qui regarde la publicité ne fait pas partie du groupe ciblé par l'annonce.

Mme Stone précise que Facebook a également été en mesure de détecter et de faire disparaître des « dizaines de milliers » de fausses pages Facebook en prévision des élections en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, l'an dernier, en se servant de techniques améliorées d'apprentissage machine.

L'entreprise veut doubler le nombre de personnes qui travaillent dans son équipe chargée de la sécurité, en portant cette année à 20 000 le nombre d'employés, et ajouter 1000 personnes responsables d'évaluer le contenu publicitaire.

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