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  • Exclusif
  • L'organisation de la Coupe du monde de soccer à Montréal coûterait au moins 150 millions de dollars

    Le Stade olympique de Montréal à guichets fermés lors du match retour de la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF en 2015

    Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

    Radio-Canada

    Si Montréal obtient le droit d'accueillir des matchs de la FIFA, il faudra sortir le chéquier. Des documents consultés par Radio-Canada révèlent les coûts et les retombées envisagés d'une telle organisation. Il faudra aussi que le toit du stade olympique puisse se démonter, ce qui n'est pas garanti.

    Un texte de Thomas Gerbet (Nouvelle fenêtre), avec la collaboration de Jacaudrey Charbonneau

    Depuis le 31 janvier, Montréal est officiellement candidate pour accueillir des matchs de la Coupe du monde de soccer 2026. Dans une lettre adressée au premier ministre Philippe Couillard le mois dernier, la mairesse Valérie Plante chiffre le coût de l'organisation à 150 millions de dollars.

    La Ville demande que ce montant soit assumé à parts égales entre le municipal, le provincial et le fédéral.

    Mais la facture pourrait se révéler encore plus élevée pour Montréal. Un document produit par la Direction des sports de la Ville chiffre à plus de 70 millions les coûts pour la municipalité.

    Jusqu'à six matchs pourraient se jouer à Montréal. Le nombre de rencontres aura bien sûr une incidence sur le montant final. De nouvelles normes d'organisation de la Fédération internationale de Football Association (FIFA) pourraient aussi faire grimper la facture.

    Retombées économiques et visibilité

    Le trophée de la Coupe du monde de soccerAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Le trophée de la Coupe du monde de soccer

    Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Matthias Schrader

    La Coupe du monde de soccer est la deuxième manifestation sportive en importance de la planète, après les Jeux olympiques. La Direction des sports de Montréal écrit qu'« il s'agit d'une vitrine internationale exceptionnelle [...]. La couverture médiatique et le rayonnement de l'événement contribueraient à placer Montréal au coeur de l'actualité sportive mondiale. »

    La Ville estime que la tenue de six matchs à Montréal est susceptible de produire un impact économique de 209 millions de dollars, soit cinq fois plus que le Grand Prix de formule 1.

    « Il y aura autant de retombées, sinon plus, qu'il y aura de dépenses », croit Francis Millien, qui fait partie du comité de candidature de Montréal. Il y a été invité par la municipalité à titre de président d'une association locale de soccer.

    Montréal a déjà organisé suffisamment de grands événements et prouvé qu'elle l'a fait de belle manière.

    Francis Millien, membre du comité de candidature de Montréal.

    De deux à quatre villes canadiennes accueilleront des matchs

    Montréal n'est pas assurée d'accueillir des rencontres. D'abord, il faut que la candidature commune États-Unis/Canada/Mexique soit préférée à celle du Maroc. La réponse sera dévoilée le 13 juin.

    Ensuite, toutes les villes intéressées n'obtiendront pas des matchs. Sur les 32 villes candidates, de 12 à 16 seront retenues. C'est la FIFA qui aura le dernier mot, d'ici 2021.

    Au Canada, il y en aura minimum deux et maximum quatre. Vancouver, Edmonton et Toronto sont aussi sur les rangs. Dix matchs se tiendront au Canada, dix au Mexique et soixante aux États-Unis.

    La Ville de Toronto a estimé ses coûts d'organisation à un montant variant de 30 à 45 millions de dollars (pour la portion municipale). De son côté, Edmonton estime les coûts à un montant de 35 à 55 millions.

    Le toit du stade olympique sera déterminant

    Le stade olympique de Montréal, avec sa capacité de 70 000 places, est le seul stade québécois à répondre aux critères de capacité de la Coupe du monde. La FIFA privilégie fortement les villes hôtes qui peuvent offrir un stade à ciel ouvert avec une surface naturelle (pelouse). Pour le moment, le toit du stade n'est ni rétractable ni démontable. « On est tous conscients de cette difficulté », explique Francis Millien, du comité de candidature.

    Le gouvernement Couillard a donné, cet automne, le feu vert au remplacement du toit du stade pour un coût de 200 à 250 millions de dollars. Le dossier d'affaires sera déposé à l'été 2019. Québec a demandé que le toit soit démontable, mais rien n'assure que ce sera le cas.

    La Régie des installations olympiques (RIO) évalue actuellement les coûts et les risques que cette option représente. « Est-ce faisable sans mettre à risque l'intégrité de la structure? se demande le porte-parole de la RIO, Cédric Essiminy. On n'a pas le droit de se tromper une troisième fois. »

    La RIO estime qu'il en coûtera de 5 à 7 millions de dollars à chaque fois qu'il faudra démonter les panneaux du toit.

    Si ça augmente le risque, on va oublier ça.

    Michel Labrecque, PDG du Parc olympique, le 10 novembre 2017, en entrevue à l'émission Gravel le matin

    « Montréal a des infrastructures qui doivent être mises à jour pour augmenter ses chances d'avoir un match », croit l'analyste de soccer et ancien joueur de l'Impact, Patrick Leduc.

    Attention aux poursuites en cas d'impossibilité de candidature à Montréal

    Le Service des affaires juridiques de la Ville a également produit un document au sujet de la Coupe du monde. L'accord de ville hôte qu'a signé Montréal contient « des clauses qui peuvent être très onéreuses », peut-on lire. « Une fois signées, ces ententes deviennent fermes, sans aucune possibilité de sortie pour la Ville. » Tout litige entraînera une poursuite devant les tribunaux suisses (où se trouve le siège de la FIFA).

    « Aucune analyse du droit suisse n'a été effectuée par notre service », peut-on lire, dans le document municipal.

    Dans sa déclaration de candidature, la Ville de Montréal s'est engagée à ce que toute loi, toute ordonnance ou tout règlement nécessaires à l'organisation soient adoptés, au niveau local ou national.

    Ne pas sous-estimer la candidature du Maroc

    Photo promo de la candidature unie du Canada, des États-Unis et du Mexique pour l'obtention de la Coupe du Monde de la FIFA 2026Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Photo promo de la candidature unie du Canada, des États-Unis et du Mexique pour l'obtention de la Coupe du Monde de la FIFA 2026

    Photo : Canada Soccer

    Un autre élément pourrait empêcher Montréal d'accueillir des matchs de la Coupe du monde, c'est le Maroc. « Il n'y a aucune candidature qu'on devrait prendre à la légère, quand on réalise que le Qatar a obtenu une Coupe du monde (2022) qu'on pensait promise aux États-Unis », rappelle Patrick Leduc. Il craint un bloc de votes des pays africains lors du Congrès de la FIFA, le 13 juin 2018, voire un bloc plus large anti-Donald Trump qui pénaliserait la candidature nord-américaine.

    Grand Montréal

    Soccer