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La ministre Bibeau dit avoir toujours confiance en Oxfam, malgré les allégations

Les explications de Frédéric Nicoloff
Radio-Canada

Alors que se précise l'ampleur du scandale de nature sexuelle ayant entaché Oxfam en Haïti, la ministre canadienne du Développement international, Marie-Claude Bibeau, implore les Canadiens de garder confiance envers l'organisation humanitaire et ses travailleurs.

La ministre a offert cette analyse quelques heures après qu'Oxfam eut publié un rapport partiellement caviardé sur les allégations visant sept de ses employés, qui auraient eu recours à des prostituées dans ses locaux haïtiens après le séisme de 2010.

Elle a précisé qu'elle avait obtenu la garantie d'Oxfam Canada et d'Oxfam Québec qu'aucun employé ni aucun fonds canadiens n'étaient liés à la situation en Haïti, soutenant qu'il serait « dommage » que cette affaire ait un impact négatif sur la générosité de la population canadienne.

La ministre Bibeau effectue actuellement sa troisième visite officielle dans l'île des Antilles, où elle est cette fois venue annoncer une aide de 8,3 millions de dollars en appui à l'initiative Voix et leadership des femmes, dirigée par le Centre d'étude et de coopération internationales (CECI).

Le projet dirigé par le CECI s'articule autour de trois axes : le renforcement du pouvoir économique des femmes, la lutte contre la violence basée sur le genre et l'amélioration de la participation de femmes à la prise de décision.

Mme Bibeau doit profiter de la journée de mardi pour rencontrer plusieurs dirigeants haïtiens, dont le premier ministre Jack Guy Lafontant, sept ministres de son gouvernement ainsi que le président Jovenel Moïse.

Celui-ci a prévenu vendredi dernier que le scandale d'Oxfam était « la pointe de l'iceberg » et a réclamé d'autres enquêtes sur des organisations non gouvernementales (ONG) qui ont débarqué en Haïti après le séisme, nommant explicitement Médecins sans frontières.

Ce n'est pas seulement Oxfam, il y a d'autres ONG qui sont dans la même situation, mais elles dissimulent l'information à l'interne.

Le président haïtien Jovenel Moïse

Faut-il s'attendre à ce que de nouveaux scandales de maltraitance et d'exploitation éclatent au grand jour, que ce soit en Haïti ou ailleurs? La ministre Bibeau n'a pas répondu directement à la question, mais elle juge que les actes répréhensibles de la sorte doivent être rapportés.

« Je pense que ça se rattache à tout le mouvement Moi Aussi, il y a l'effet de dénonciation, et c'est bien que ça se fasse. Il faut le savoir, il faut prendre des mesures encore plus importantes pour éviter que ça se produise et pour sévir quand ça se produit », a-t-elle offert.

Le logo d'Oxfam apposé sur l'un des murs d'enceinte d'un camp destiné aux Haïtiens touchés par le tremblement de terre de 2010.L'organisme caritatif Oxfam est plongé dans la tourmente après la fuite d'allégations d'inconduite sexuelle contre des employés. Photo : Reuters / Andres Martinez Casares

Excuses officielles

Par ailleurs, Oxfam a présenté officiellement des excuses aux autorités haïtiennes.

« Nous sommes venus ici pour partager le rapport [interne de l'ONG] avec le ministre [de la Planification] et pour exprimer notre honte et nos excuses au gouvernement haïtien et à la population haïtienne pour ce qu'il s'est passé », a déclaré Simon Ticehurst, directeur régional d'Oxfam pour l'Amérique latine et les Caraïbes.

Dans une autre déclaration transmise par voie de communiqué, l'organisme est aussi revenu sur la publication d'un rapport portant sur les sept employés visés par les allégations.

On y explique avoir pris la décision de rendre le document public « pour être aussi transparent que possible concernant les décisions prises dans le cadre de cette enquête ».

Outre l'utilisation de services de prostituées, ces employés sont également accusés de fraude, de népotisme et de négligence.

Les employés visés par l'enquête en ont été informés lors d'une fuite. Trois d'entre eux ont alors menacé et intimidé physiquement un témoin mentionné dans le rapport. De nouvelles accusations d'intimidation ont alors été déposées contre eux.

Avec les informations de La Presse canadienne, Associated Press, et Agence France-Presse

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