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Les trappeurs veulent faire peau neuve

Luc Deschenes (à gauche) et Marc Joubert (à droite) montrent des fourrures au journaliste Jean-Louis Bordeleau (au centre)
Luc Deschenes (à gauche) et Marc Joubert (à droite) montrent des fourrures au journaliste Jean-Louis Bordeleau (au centre) Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

L'industrie de la trappe a beau remonter à la colonisation du Québec et du Canada, elle peine à intéresser les nouvelles générations. Le piégeage des animaux sauvages fait partie des activités traditionnelles de plusieurs régions et certains regroupements de piégeurs font des pieds et des mains pour débusquer de nouveaux adeptes.

Un texte de Émile Duchesne d'après les informations de Jean-Louis Bordeleau

Luc Deschenes trappe les animaux sauvages sur la Côte-Nord depuis 40 ans. En vieillissant, il ne craint pas pour sa prochaine récolte, mais bien pour la pérennité de son territoire de trappe.

Dommage pour moi, j'ai deux petits-fils, mais ils demeurent à Ottawa, ça ne fera pas des trappeurs.

Luc Deschenes, trappeur de Sept-Îles
Luc Deschenes dans son atelier. Il pose près d'un lynx qu'il a capturéLuc Deschenes est trappeur depuis 40 ans Photo : Radio-Canada

Autrefois vu comme un commerce lucratif, le piégeage est devenu un passe-temps pour les passionnés de la faune.

La relève ne peut pas venir pour l'argent, c'est impossible. La paie est en dedans de nous autres, pour ça.

Luc Deschenes, trappeur de Sept-Îles

Sur la Côte-Nord, l'Association des trappeurs des Sept-Rivières multiplie les démarches pour recruter de jeunes trappeurs : distributions de dépliants, tournées dans les écoles et séances d'information chez les scouts.

Un lynx capturé par Luc Deschenes de Sept-ÎlesUn lynx capturé par Luc Deschenes de Sept-Îles Photo : Radio-Canada

Le président du Regroupement des trappeurs de la Côte-Nord, Jean-Marie Bélisle, estime que le nombre de piégeurs se maintient : « c'est sûr que c'est parce que des jeunes s'intéressent à l'activité, mais c'est sûr que ce n'est pas des jeunes de 20 ans ».

Une activité perçue négativement

La perception négative à l'égard du piégeage expliquerait le manque d'intérêt du public. Pourtant, le directeur de l'Association des trappeurs de Sept-Rivières, Marc Joubert, affirme que le piégeage est une activité qui apporte des bénéfices à la communauté. « Il y en a qui croient qu'on est juste là pour tuer », déplore-t-il.

Quand j'ai pogné 25 renards sur le long du lac rouge d'IOC, c'est 25 renards qui ne sont pas aux plages et qui risquent de mordre un flo parce qu'ils ont la rage. Parce qu'il y a une grosse épidémie de rage dans les renards.

Marc Joubert, directeur de l'Association des trappeurs de Sept-Rivières
Marc Joubert est directeur de l'Association des trappeurs de Sept-RivièresMarc Joubert est directeur de l'Association des trappeurs de Sept-Rivières Photo : Radio-Canada

Québec investit 659 000 $ pour recruter de jeunes trappeurs, pêcheurs et chasseurs afin de valoriser l'exploitation durable des ressources fauniques.

Luc Deschenes aimerait léguer son territoire de trappe à un jeune trappeur, mais la relève se fait rare.

« Si j'avais un trappeur qui serait intéressé à l'avoir, je serais prêt à lui montrer tout le terrain, tout le territoire, c'est quand même beaucoup d'ouvrage là-dessus, ça fait 40 ans que je fais de l'accès et des affaires de même sur mon terrain de trappe. C'est ma vie, ça. »

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