•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'état d'urgence imposé en Éthiopie pour six mois

À Adama, dans la région d'Oromia, en Éthiopie, des partisans de Bekele Gerba, l'un des principaux responsables de l’opposition, ont célébré sa libération, mercredi. Il était emprisonné depuis la fin de 2015.
À Adama, dans la région d'Oromia, en Éthiopie, des partisans de Bekele Gerba, l'un des principaux responsables de l’opposition, ont célébré sa libération, mercredi. Il était emprisonné depuis la fin de 2015. Photo: Reuters / Tiksa Negeri
Reuters

L'état d'urgence imposé en Éthiopie est instauré pour une durée de six mois, ont annoncé samedi les autorités d'Addis-Abeba.

L'Éthiopie a déclaré vendredi l'état d'urgence, au lendemain de l'annonce de la démission du premier ministre Hailemariam Desalegn, après trois années de crise politique et de violences qui ont fait des centaines de morts à travers le pays.

« Il y a encore des poches dans certaines régions où la violence prévaut », a déclaré le ministre de la Défense, Siraj Fegessa, samedi.

En vertu de l'état d'urgence, les manifestations sont interdites, de même que la fabrication et la diffusion de publications « semant la discorde ».

« Le gouvernement a déjà pris des mesures pour réduire la violence, mais il y a encore des pertes en vies humaines, de nombreux déplacés et des dégâts aux infrastructures », a ajouté le ministre de la Défense, promettant l'annonce de nouvelles initiatives dans la journée.

Le conseil du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE), coalition au pouvoir, a pris sa décision d'imposer l'état d'urgence à l'unanimité, a précisé Siraj Fegessa.

La validation de l'état d'urgence par le Parlement, dont les 547 sièges sont monopolisés par les quatre partis composant le FDRPE, devrait intervenir dans les deux semaines.

Un pays divisé

L'Éthiopie est secouée par des violences depuis près de trois ans. Les premières manifestations ont éclaté dans la province d'Oromia pour protester contre des expropriations.

Les rassemblements sur les droits fonciers se sont mués au fil des mois en manifestations contre le gouvernement, notamment après les arrestations de dirigeants de l'opposition.

Une précédente mesure d'état d'urgence avait été prise en octobre 2016, avant d'être levée en août dernier.

Hailemariam Desalegn au podium de l'assemblée générale de l'ONU.L'ex-premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn lors d'un discours au siège des Nations Unies, en septembre 2015 Photo : Associated Press / Frank Franklin II

Hailemariam Desalegn a annoncé jeudi qu'il avait offert sa démission, deux jours après de nouvelles manifestations dans tout le pays pour protester contre la détention de prisonniers politiques.

Les associations de défense des droits de l'homme critiquent régulièrement le gouvernement éthiopien, qui a arrêté et emprisonné de nombreux opposants politiques et des journalistes.

Plus de 6000 prisonniers politiques ont cependant été libérés depuis le début de l'année, après que le gouvernement a fait part de sa volonté de libérer et de gracier des membres de l'opposition afin de « favoriser la réconciliation nationale ».

Politique internationale

International