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  • Exclusif
  • Garderies : la facture du guichet unique grimpe à 2 M$

    Les coûts de l'implantation du guichet unique La Place 0-5 dans les garderies en milieu familial régies suscitent la grogne chez leurs responsables.

    Photo : iStock

    Radio-Canada

    EXCLUSIF – L'ajout obligatoire des services de garde en milieu familial subventionnés à un guichet unique centralisé engendre des coûts importants. En plus des frais récurrents que devront payer les garderies, Québec doit injecter un million de dollars supplémentaires pour remettre le guichet à niveau.

    Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

    Comme c’est le cas depuis 2014 pour les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées, les 13 000 responsables d’un service de garde en milieu familial (RSG) reconnus par un bureau coordonnateur devront offrir, dès juin, leurs places au guichet unique La Place 0-5, administré par la Coopérative Enfance Famille.

    Cette nouvelle mesure fait suite à l’adoption en décembre du projet de loi 143 visant à améliorer la qualité des services de garde éducatifs à l’enfance.

    Des ententes entre le ministère de la Famille et la Coopérative Enfance Famille, obtenues grâce à la loi sur l’accès à l’information, permettent de constater qu'il en coûtera 996 010 $ pour intégrer les RSG au guichet unique. Ces coûts s’expliquent, selon le ministère, par des « besoins technologiques, opérationnels et organisationnels » et s’ajoutent aux 998 750 $ déjà déboursés depuis la création du guichet en 2014. La facture de cette opération s'élève maintenant à près de 2 millions de dollars pour Québec.

    Il y a eu énormément de coupures depuis des années, et là, le ministère dit qu’il a un million à mettre dans un guichet unique. Il aurait pu investir amplement en petite enfance autrement.

    Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec

    Cette nouvelle mesure, qui a pour but de faciliter la vie des parents et de pourvoir les places vacantes, fait suite à l’adoption en décembre du projet de loi 143 visant à améliorer la qualité des services de garde éducatifs à l’enfance. Faute d'inscrire leurs places au guichet, les responsables de garderie pourraient perdre leur subvention. Les RSG représentent 40 % de l'ensemble des 232 000 places subventionnées au Québec.



    Des frais fixés avant même le dépôt du projet de loi

    Ce guichet unique s’accompagne de frais fixes pour les responsables d’un service de garde. Toujours selon les ententes, des frais initiaux d’inscription ont été établis à 50 $ et des frais annuels de 11 $ par place viendront augmenter les coûts d’accès au guichet. Les ratios varient de 6 à 9 places chez les RSG. Pour les CPE, la dépense initiale est de 150 $ et le tarif annuel est de 8 $ par place.

    La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, qui ne veut pas de ces frais « imposés » par le gouvernement, s’indigne de ce contrat signé quelques jours avant le dépôt du projet de loi 143 en juin. « Le ministre [de la Famille] Luc Fortin nous disait être ouvert à la discussion pour qu’on trouve un terrain d’entente, se désole la présidente de la fédération Valérie Grenon, mais c’était canné d’avance […] Il nous a menti. »

    Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec

    Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec

    Photo : Radio-Canada

    Le ministre Luc Fortin indiquait d’ailleurs dans une lettre acheminée le 20 décembre aux RSG être « sensible à la question des coûts » et avoir « mandaté le ministère pour qu’il engage des discussions avec la Coopération Enfance Famille pour faire en sorte que les coûts soient raisonnables ».

    Appelé à réagir, son cabinet indique que les coûts indiqués dans les ententes sont « équitables » et « visent à ce que le guichet s’autofinance » et que le ministère demeure en discussion avec la coopérative. Les préoccupations entendues pendant les commissions parlementaires pourraient encore mener à des modifications.

    Politique provinciale

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