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Suspendu, le programme Livres dans la rue devrait revenir cet été

Les explications de Jean-Sébastien Cloutier
Radio-Canada

La Ville de Montréal affirme qu'elle n'abolit pas, mais qu'elle ne fait que suspendre pour quelques mois, le programme Livres dans la rue, qui vise à encourager la lecture chez les élèves des quartiers défavorisés de Montréal. Pourtant, les responsables du programme affirment le contraire et disent que leur contrat ne sera pas renouvelé au début mai.

Même Christiane Charette, bibliothécaire retraitée depuis quelques années, qui avait été nommée responsable du programme par la Bibliothèque de Montréal dès ses débuts, en 1982, a écrit sur Facebook une lettre à la mairesse Valérie Plante pour faire l’apologie de Livres dans la rue et lui demander de sauver le programme.

Toutefois, selon Christine Gosselin, responsable de la culture au comité exécutif de la Ville de Montréal, toute cette controverse n’est qu’un malentendu. Elle indique qu’il est vrai que les contrats des animateurs actuels ne seront pas renouvelés, dans le but de faire une révision du programme, dont les services devraient déjà être dispensés de nouveau cet été, avec une équipe renouvelée.

Mme Gosselin indique que l’on souhaite notamment axer le programme sur la francisation, puisque la population la plus importante touchée par Livres dans la rue est maintenant formée de jeunes immigrants.

Revoir le programme

De 95 000 $, le budget du programme était passé à 112 000 $ en 2015. « On tentait de lui donner de la vigueur, parce qu’il était en perte de popularité », explique Christine Gosselin.

Cependant, malgré la hausse du budget qui lui était alloué, l’intérêt pour le programme allait en diminuant. « En 2012, on rejoignait 20 000 jeunes par année. L’an dernier, 16 500 », dit-elle.

Cette baisse de popularité n’est cependant pas corroborée par les animateurs actuels de Livres dans la rue.

« Quand on arrive, les enfants nous sautent littéralement dessus comme si on était le père Noël qui leur apportait des bonbons et des cadeaux. Parce qu'ils savent qu'on va leur raconter des histoires », déclare Dominique Martel, animatrice du programme depuis six ans.

Selon Mme Martel, le programme est tellement populaire qu’il y a des listes d’attente dans les écoles.

Pendant l’hiver, le programme offre en effet aux écoles, dans les classes et au service de garde, les services gratuits d’un animateur pendant dix semaines, qui arrive avec sa valise pleine de livres et fait la lecture aux enfants. En été, les animateurs se déplacent plutôt dans les parcs pour toucher les plus jeunes.

Dominique Martel déplore l’incertitude entourant le programme. « Tous les animateurs de notre équipe aiment ce programme parce qu’on voit ce que ça fait aux enfants. […] Ce n'est pas un programme pédagogique. C’est vraiment un programme qui est pensé pour le plaisir de la lecture », dit-elle.

Quant à Christine Gosselin, elle croit que cette sortie des responsables de Livres dans la rue dans les médias et sur les réseaux sociaux est le fruit « de personnes qui ne sont pas contentes, car on va reprendre le programme avec d’autres ». « C’est un virage qui est pris en toute lucidité », conclut-elle.

La mairesse s'explique

Dans un message publié simultanément sur Facebook et Twitter, Valérie Plante a tenu à assurer que le programme « n'est pas suspendu ».

« Je me suis assurée que l'argent soit disponible. [...] Nous savons comment un livre entre les mains d’un enfant peut parfois changer le cours de sa vie », a-t-elle ajouté.

Parlant de Livres dans la rue comme d'un programme « magnifique », la première magistrate montréalaise a soutenu que « depuis sa création, il a besoin d'un nouveau souffle, une nouvelle impulsion ».

Invoquant une baisse de la fréquentation et une augmentation des besoins en francisation et en alphabétisation, Mme Plante a fait savoir que le programme sera « révisé » et sera « rendu plus fort ».

« Je vous assure que les services offerts par ce programme seront maintenus et même bonifiés pour correspondre aux besoins actuels. De plus, les activités hors les murs ont été reprises par les bibliothèques de quartier, lesquelles se sont développées rapidement au cours des cinq dernières années », a écrit la mairesse sur les réseaux sociaux.

Avec les informations de Sarah Sanchez

Société