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Hydro-Québec loin d'avoir tout perdu au Massachusetts

Des lignes d'Hydro-Québec entourées d'arbres.

Hydro-Québec n'a pas tout perdu au Massachusetts, mais on est encore loin d'une première pelletée de terre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Hydro-Québec aura quand même une chance de sauver son important contrat d'exportation avec le Massachusetts, même si son projet de ligne de transport Northern Pass n'est pas retenu par cet État de la Nouvelle-Angleterre.

Sa proposition d'interconnexion New England Clean Energy Connect, qui serait réalisée avec la société Central Maine Power, a été retenue comme option de rechange vendredi par le département de l'Énergie et des Affaires environnementales du Massachusetts.

Ce projet prévoit la construction d'une ligne de transport au Québec jusqu'à la frontière avec le Maine.

Des négociations conditionnelles pourront débuter en parallèle des pourparlers qui se poursuivront entre le Massachusetts et les promoteurs du Northern Pass, Hydro-Québec et son partenaire américain Eversource.

Le Massachusetts a prévenu qu'il pourrait mettre fin aux négociations le 27 mars si le Northern Pass n'a toujours pas obtenu l'autorisation manquante au New Hampshire afin de pouvoir aller de l'avant.

« L'administration [...] est satisfaite de cette annonce, qui permettra de faire un pas de plus afin de sécuriser le plus important approvisionnement en énergie renouvelable de l'histoire du Massachusetts », a indiqué le directeur des communications du département des Ressources naturelles de cet État, Peter Lorenz.

« Nous pouvons être fiers aujourd’hui », a de son côté affirmé par voie de communiqué Éric Martel, président-directeur général d’Hydro-Québec.

Dans le cadre d’une décision cruciale pour son alimentation en énergie propre des 20 prochaines années, le Massachusetts fait confiance à l’énergie et à l’expertise d’Hydro-Québec. Nous accueillons cette décision avec beaucoup de joie et entamons les démarches nécessaires avec rigueur et respect.

Éric Martel, PDG d'Hydro-Québec

Même son de cloche au sein de la Central Maine Power (CMP), dont la compagnie mère a réagi par voie de communiqué.

Selon elle, le projet de ligne de transmission, évalué à plus de 1,1 milliard de dollars, « aiderait à amoindrir l'instabilité saisonnière des prix provoquée lorsque la forte demande tire les prix du gaz naturel vers le haut », a déclaré Bob Kump, président et chef de la direction d'Avangrid Networks.

Obligations environnementales

Devant le rejet du Northern Pass par le New Hampshire, le Massachusetts se devait de prendre une décision pour respecter ses propres règles.

En 2016, l'État a adopté une loi qui oblige les distributeurs d'électricité à incorporer plus d'énergies renouvelables dans leurs livraisons d'ici 2020.

L'administration du gouverneur républicain de l'État, Charlie Baker, aurait pu attendre que Eversource termine les procédures d'appel pour contester la décision du New Hampshire. Mais ce scénario aurait pu prendre plus d'un an avant de connaître un dénouement, sans garantie que la conclusion soit favorable au promoteur. Or le Massachusetts est pressé. L'an 2020, c'est demain.

Un plan lucratif

Hydro-Québec mise sur le Northern Pass pour acheminer au Massachusetts annuellement 9,45 térawattheures pendant 20 ans à compter de 2020 dans le cadre d'un contrat qui pourrait générer environ 10 milliards de dollars en revenus.

Aux États-Unis, la ligne de transport, qui doit contourner la région des montagnes Blanches, avait déjà obtenu des permis de la part du département de l'Énergie et du U.S. Forest Service.

Pour aller de l'avant en sol américain, le projet devait obtenir le feu vert de la Commission d'examen du site au New Hampshire (SEC), qui a refusé de lui octroyer une autorisation essentielle à sa réalisation.

Eversource a déjà manifesté son intention de porter la décision en appel et de demander à l'organisme américain de reconsidérer sa décision, un processus qui pourrait s'étirer sur plusieurs mois.

Manque de transparence au Massachusetts

Il n'y a pas qu'au New Hampshire que Northern Pass suscite la controverse. Au Massachusetts, le processus qui a mené au choix du projet fait aussi l'objet de vives critiques.

À Boston, plusieurs se demandent comment l'équipe mise en place par le gouverneur de l'État a pu en venir à choisir un projet qui avait toutes les chances d'être refusé par l'État voisin, où les opposants étaient nombreux et bien organisés.

La décision a été prise par le comité mis en place par l'État du Massachusetts, qui avait pour mandat d'étudier, de coter et de choisir le meilleur des 46 projets soumis par les différents promoteurs.

Composé d'une quarantaine de personnes, le comité en question comprenait entre autres la patronne du département des Ressources énergétiques de l'État, Judith Judson, ainsi que des représentants de trois principaux distributeurs d'électricité dans la région : Unitil, National Grid et… Eversource. La même compagnie qui était derrière le projet Northern Pass.

Dans les coulisses, on dit qu'Eversource a réussi à convaincre les autres membres du comité que l'opposition citoyenne contre son projet au New Hampshire n'était pas un obstacle en soi, et que l'approbation du projet n'était qu'une formalité.

Eversource semble avoir aussi convaincu Hydro-Québec dans la foulée. La société d'État était tellement confiante qu'elle a cru bon d'organiser une grande conférence de presse pour annoncer qu'elle avait remporté le contrat « le plus important de son histoire ».

Sans surprise, à la suite du rejet unanime du projet, d'aucuns ont soulevé des questions sur le processus de sélection qui a mené au choix de Northern Pass. La procureure générale du Massachusetts, Maura Healy, exige ainsi plus de transparence.

Elle a demandé au comité responsable du choix du projet de rendre publiques les raisons qui ont permis au comité de faire un nouveau choix.

Mme Healy s'inquiète du fait que les trois compagnies de distribution d'électricité aient pu prendre le contrôle sur le processus de décision.

Avec les informations d'Étienne Leblanc

Avec les informations de La Presse canadienne

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