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Une nouvelle méthode de dépistage du VIH inciterait plus d'Autochtones à se faire tester

Des pancartes appelant les gens à se faire dépister sont posées les unes sur les autres.

La méthode est mise à l'épreuve dans les collectivités des Premières Nations pour augmenter le nombre de personnes testées pour le VIH. Le Conseil tribal de Saskatoon est en train d'analyser les résultats du projet pilote.

Photo : CBC / Ron Boileau

Radio-Canada

Une nouvelle méthode de dépistage du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) semble encourager les membres des Premières Nations de la Saskatchewan à se faire tester.

Le test consiste en un prélèvement de sang au moyen d’une piqûre semblable au test de glycémie pour le diabète. Le résultat du test n'est pas immédiat, et s'il est positif, la personne doit subir le test de dépistage classique pour confirmation.

Selon la directrice générale de la santé et des services familiaux du Conseil tribal de Saskatoon, Ceal Tournier, 114 personnes ont été testées au cours des six dernières semaines dans les communautés participant au projet pilote. C'est quatre fois plus que le nombre de personnes testées au cours des six mois précédents.

Le test peut être réalisé par n'importe quel professionnel de la santé et il n'a pas besoin d'être effectué par une infirmière ou un médecin. Selon Ceal Tournier, cela peut encourager les personnes qui ne veulent pas être vues dans une clinique.

« C'est beaucoup plus facilement accepté, et nous croyons que c'est parce qu'il peut être fait facilement n'importe où et pas seulement par une infirmière dans un établissement de santé ou dans un centre communautaire », explique Ceal Tournier.

Le nombre de personnes testées en hausse

Le médecin-hygiéniste régional responsable des Premières Nations de la Saskatchewan pour Santé Canada, le Dr Ibrahim Khan, dit que le nombre de tests de dépistage du VIH dans les Premières Nations de la province a augmenté de 11 % en 2016. Et le nombre de nouveaux cas de VIH a augmenté de 10 %.

Le Dr Khan indique qu'en 2016 la Saskatchewan avait le taux le plus élevé de nouvelles infections chez les membres des Premières Nations vivant dans les réserves avec un taux de nouvelles infections pour 100 000 personnes, comparé au taux provincial qui est de 16 nouvelles infections pour 100 000 personnes.

« Au cours des dernières années, l'accent a été mis sur l'amélioration du dépistage au sein des membres des Premières Nations, car il y a beaucoup d'infections non diagnostiquées dans cette collectivité », explique-t-il.

Le racisme dans l'équation

Selon lui, les gens se sentent plus à l'aise avec des tests de dépistage du sang séché. « Le test n'était pas discriminatoire, c'était sans jugement et ce n'était pas comme le test conventionnel », ajoute-t-il.

Selon lui, l'un des problèmes que Santé Canada tente de résoudre est le racisme dans le système de santé, ce qui peut être dissuasif pour le dépistage du VIH.

Il rappelle que le VIH peut progresser et causer le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA), qui est potentiellement mortel s'il n'est pas diagnostiqué et traité. Il ajoute que le traitement du virus nécessite une bonne confiance dans le système de santé.

Si les membres des Premières Nations subissent du racisme, de la discrimination ou du jugement lorsqu'ils demandent des soins ou un diagnostic, ils sont moins susceptibles de revenir pour un traitement, dit le Dr Khan.

Ibrahim Khan conclut en disant que Santé Canada s'emploie à former son personnel de santé pour qu'il soit plus sensibilisé à la culture autochtone et pour qu’il ne porte pas de jugement.

Avec les informations de Alicia Bridges, CBC

Saskatchewan

Nations métisses et autochtones