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Avions-ambulances : « un enfant transporté d'urgence, ce n'est pas une balade de loisir »

Brayen Lachance et sa fille, Maélia.

Brayen Lachance et sa fille, Maélia.

Photo : Gracieuseté : Brayen Lachance

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le père d'une fillette qui a été évacuée d'urgence d'Amos par avion-ambulance en 2017 se réjouit de l'annonce du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a confirmé jeudi qu'un enfant pourra dorénavant être accompagné d'un parent lors de son transport médical aérien.

Pour écouter le segment diffusé à l'émission Région zéro 8, cliquez ici.

Un texte de Lise Millette

Il y a un an, Brayen Lachance, qui habite à Amos, avait dû se résoudre à laisser partir sa fillette de deux ans, atteinte d'une grave infection pulmonaire, seule avec l'équipe médicale.

Une fois l'enfant évacuée, M. Lachance et sa conjointe ont dû se rendre d'Amos à Val-d'Or, pour prendre un vol commercial jusqu'à Montréal, avant de se rendre ensuite à Québec.

M. Lachance se souvient encore très bien des sentiments qui l'habitaient au moment de vivre cet épisode.

Il n'y a pas un parent qui est en mesure de faire ça avec tous ses sens et ses moyens. Lorsqu'on sait que son enfant est transporté d'urgence, ce n'est pas une balade de loisir que votre enfant fait.

Brayen Lachance

« Votre enfant est au seuil critique, l'équipe médicale vous dit ici : "désolé on ne peut plus rien faire, c'est au-delà de nos compétences, on vous souhaite bonne chance", ajoute-t-il. Vous ne savez pas ce qui vous attend une fois rendu là-bas, ni dans quel état sera votre enfant », confie M. Lachance.

Ces avions-ambulances desservent surtout le Grand-Nord du Québec.

Le ministre Barrette a précisé que les avions Dash-8 et le nouvel avion-hôpital de marque Challenger sont déjà en mesure d'accueillir un parent.

La situation est plus complexe pour les modèles plus anciens. Cela signifie qu'il faudra investir des millions de dollars et que certains appareils seront cloués au sol jusqu'à 12 mois afin d'être configurés pour accueillir un accompagnateur à bord dans l'intervalle, puisque la flotte du transporteur privé Airmédic est déjà configurée pour permettre à un ou deux parents de voyager avec l'enfant.

Airmédic se dit prêt à répondre aux besoins, comme le mentionne sa vice-présidente à la direction, Sophie Larochelle.

« Nous, on est contents de pouvoir travailler en collaboration avec eux, comme on le fait aussi actuellement pour pouvoir offrir de la relève, si nécessaire, pendant cette transition où le Challenger devrait être au sol », mentionne Mme Larochelle.

Des avantages pour les régions éloignées

Les régions éloignées de même que plusieurs communautés autochtones sont directement concernées par ces transports d'urgence.

M. Lachance tient d'ailleurs à souligner la ténacité des communautés qui revendiquaient depuis longtemps cette présence des parents dans les appareils.

« Je leur lève mon chapeau d'avoir participé, d'avoir osé dénoncer. Ma conjointe est une Autochtone, d'ailleurs, je tiens à le mentionner. Mais ce n'est pas seulement les communautés autochtones qui vivent le problème, ce sont l'ensemble des résidents des régions du Québec. Alors c'est un problème qui est beaucoup plus criant que ce qu'un lecteur puisse imaginer. Ça touche énormément de gens », soutient-il.

Un avion-ambulance du gouvernement du QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un avion-ambulance du gouvernement du Québec.

Photo : Radio-Canada

De l'importance d'avoir un proche à bord

La vice-présidente à la direction d'Airmédic Sophie Larochelle abonde dans le même sens. Si l'entreprise a décidé de permettre l'embarquement des parents, c'est en raison des avantages indéniables d'avoir à bord un proche.

« On intervient beaucoup sur le territoire de la Baie-James, donc c'est certain que la barrière du langage peut être un enjeu, ça reste important d'avoir le parent tout près. Aussi, parfois, l'enfant peut avoir des demandes spécifiques que seul le parent peut comprendre donc il est important pour nous que le parent soit tout près pour communiquer avec le personnel médical à bord », soutient Mme Larochelle.

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