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Eaux usées : Northern Pulp défend son projet à l'Île-du-Prince-Édouard

Des nuages de vapeur se dégagent des cheminées de l'usine

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard réclame une étude d'impact environnemental plus approfondie du projet de la papetière Northern Pulp.

Photo : CBC/Jeorge Sadi

Radio-Canada

Des représentants d'une papetière de la Nouvelle-Écosse ont comparu, vendredi, devant un comité parlementaire à l'Île-du-Prince-Édouard afin de défendre un projet de centrale de traitement des eaux usées qui suscite des inquiétudes des deux côtés du détroit de Northumberland.

Un texte de François Pierre Dufault

L'usine de pâtes et papiers Northern Pulp, située dans le comté de Pictou, doit remplacer son système de traitement des eaux usées. Depuis un peu plus de 50 ans, l'entreprise traite ses effluents dans un étang aéré et les décharge ensuite dans un petit havre.

En 2015, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a adopté une loi qui interdit la décharge d'effluents dans des havres comme celui où la papetière déverse ses eaux usées.

La nouvelle centrale de traitement des eaux usées proposée par la Northern Pulp rejetterait jusqu'à 75 000 mètres cubes d'effluents par jour dans le détroit de Northumberland, à une dizaine de kilomètres de la côté de la Nouvelle-Écosse.

« Ce que nous proposons avec le nouveau système, c'est d'introduire les effluents dans le détroit d'une manière plus juste sur le plan environnemental, c'est-à-dire de permettre aux effluents de se disperser dans le détroit de façon beaucoup plus harmonieuse qu'à l'heure actuelle », explique Guy Martin, conseiller principal pour les projets environnementaux chez KSH Solutions, une firme d'ingénierie qui collabore au projet de la papetière du comté de Pictou.

Inquiétudes et opposition

En comité parlementaire, le directeur général de l'usine, Bruce Chapman, a déclaré à son tour que le projet respectait les normes environnementales de la Nouvelle-Écosse.

Toutefois, les plans de l'entreprise inquiètent les élus de l'Île-du-Prince-Édouard et de nombreux pêcheurs des deux côtés du détroit. Fin janvier, le premier ministre insulaire Wade MacLauchlan a fait parvenir une lettre à son homologue néo-écossais Stephen McNeil pour lui signaler son opposition au projet dans sa forme actuelle.

Le gouvernement libéral à Charlottetown craint que le projet ne mette en danger l'habitat et le cycle reproductif d'espèces marines, comme le homard, et dont dépendent des milliers de pêcheurs dans la région.

Pendant plus de deux heures, vendredi, des députés de tous les partis à l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard ont posé des questions aux représentants de la Northern Pulp.

Plusieurs élus ont dit craindre le rejet dans le détroit de Northumberland des agents javellisants utilisés dans la fabrication du papier kraft blanchi, comme le papier hygiénique et les essuie-tout qui sont produits à l'usine du comté de Pictou.

« Nous ne voulons pas nuire à votre usine et nous ne voulons pas nuire à nos pêcheurs », a exhorté l’ancien ministre provincial de l'Agriculture et des Pêches, Alan McIsaac, aux représentants de la papetière. « Nous voulons continuer à manger notre bon homard et utiliser votre papier [hygiénique] après », a-t-il ajouté, sourire en coin.

Le député libéral, comme plusieurs de ses collègues, s'est dit peu rassuré par les arguments de l'entreprise.

« Aucune garantie »

« Il n'y a aucune garantie que [la décharge d'effluents] ne nuira pas à la pêche », a insisté à son tour le député progressiste-conservateur Colin LaVie, qui est critique de l'opposition officielle en matière d'agriculture et de pêches.

Le projet de centrale des eaux usées de la Northern Pulp doit être soumis à l'évaluation environnementale la plus sommaire du gouvernement de la Nouvelle-Écosse plus tard en 2018.

Les députés de l'Île-du-Prince-Édouard réclament, pour leur part, une évaluation environnementale plus exhaustive.

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