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13 Russes inculpés pour ingérence dans la présidentielle américaine

Rod Rosenstein, procureur général adjoint américain

Rod Rosenstein, procureur général adjoint américain

Photo : The Associated Press / Jacquelyn Martin

Radio-Canada

La justice américaine a inculpé 13 Russes et trois entités de Russie pour ingérence dans le processus politique américain et les élections remportées par Donald Trump en novembre 2016, ont annoncé vendredi les services du procureur spécial américain chargé de ce dossier, Robert Mueller.

Les 13 Russes sont accusés de complot en vue de tromper les États-Unis. La justice reproche à trois d'entre eux une fraude bancaire et à cinq autres, un vol aggravé d'identité.

Les acteurs de cette conspiration ont créé de fausses identités sur Internet pour diffuser des messages entretenant des clivages politiques, précise le document d'accusation. Ils se seraient rendus aux États-Unis pour recueillir des renseignements et auraient même organisé des rassemblements politiques en se faisant passer pour des Américains.

Certains des accusés, sous leur fausse identité américaine, ont approché des personnes associées à l'équipe de campagne de Donald Trump sans que ces personnes ne sachent à qui elles avaient affaire, ajoute le document.

Le communiqué du bureau du procureur indique que l'administration américaine estime que des entités russes ont commencé à s'immiscer dans les processus politiques, dont la campagne présidentielle, dès 2014.

L'acte d'accusation cible nommément Evgueni Prighozine, un allié du président russe Vladimir Poutine, soulignant qu’il a financé ce groupe ayant « pour objectif stratégique de semer la discorde dans le système politique américain » et qui a, à compter de la mi-2016, soutenu la campagne de Donald Trump et dénigré Hillary Clinton.

M. Prighozine aurait notamment contacté « à leur insu » des membres de l'équipe de M. Trump.

Gros plan sur le visage d'Evgueni Prighozine.

L'homme d'affaires russe Evgueni Prighozine

Photo : Reuters

« Les Américains sont des gens très émotifs, ils voient ce qu'ils veulent voir, a déclaré M. Prighozine. J'ai beaucoup de respect pour eux. Je ne suis pas du tout contrarié d'être sur cette liste. S'ils veulent voir le diable, qu'ils le fassent. »

Donald Trump, président des États-Unis

Absurde, dit Moscou

Sur un ton sarcastique, le gouvernement russe a réagi en qualifiant ces inculpations d’« absurdes ».

Est-ce absurde? Oui. Mais c'est la réalité politique américaine moderne.

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères

« Treize personnes se sont ingérées dans les élections américaines? Treize contre les budgets de milliards de dollars des forces spéciales? Contre l'espionnage et le contre-espionnage, contre les technologies les plus récentes? » s’est interrogée la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, sur Facebook.

Aucune preuve d'impact

Toutefois, le procureur général adjoint des États-Unis, Rod Rosenstein, a précisé qu'il n'y avait aucune preuve que l'ingérence russe a eu un impact sur le résultat de la présidentielle de 2016. Aucun Américain n'est soupçonné dans cet acte d'inculpation, a-t-il ajouté.

Il n'y a aucune accusation dans cette inculpation qu'un Américain ait participé sciemment à cette activité illégale.

Rod Rosenstein, procureur général adjoint américain

Les enquêteurs veulent savoir si la Russie a réussi à interférer dans l'élection présidentielle pour aider Donald Trump à battre Hillary Clinton, s'il y a eu collusion de l'équipe de campagne de Donald Trump avec les Russes et si le président Trump a tenté de faire obstacle aux investigations.

Donald Trump a réagi comme à son habitude sur le réseau Twitter, réaffirmant que sa campagne n'avait rien fait d'illégal et qu'il n'y avait pas eu de collusion avec Moscou.

« La Russie a commencé sa campagne antiaméricaine en 2014, bien avant que je n'annonce ma candidature à la présidentielle. Elle n'a pas impacté es résultats de l'élection. La campagne Trump n'a rien fait d'illégal - pas de collusion! », a tweeté le président Trump.

« Il est temps de mettre fin aux attaques partisanes absurdes, aux allégations aussi folles que fausses et aux théories farfelues qui font le lit des mauvais joueurs comme la Russie... », a souligné le président.

Trois membres de l’équipe de campagne de M. Trump ont déjà été mis en accusation. L’ex-conseiller présidentiel à la sécurité nationale Michael Flynn a, quant à lui, reconnu avoir menti à la police fédérale et a accepté de coopérer avec la justice.

La CIA, la NSA et le FBI ont déjà dénoncé l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016, montrant du doigt des campagnes sur les réseaux sociaux et le piratage d'informations provenant du camp démocrate.

L’affaire en quelques dates

Octobre 2016 : les agences américaines du renseignement accusent Moscou du piratage et de la diffusion pendant la présidentielle des courriels de proches conseillers de la candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton dans le but de la discréditer.

29 décembre 2016 : le président Barack Obama annonce des sanctions contre la Russie et l'expulsion de 35 agents russes.

6 janvier 2017 : les agences de renseignement publient un rapport désignant le président russe Vladimir Poutine comme responsable présumé de cette interférence. Des enquêtes sont lancées. Deux commissions du Sénat et une de la Chambre des représentants entament des investigations.

13 février 2017 : le conseiller du président Trump à la sécurité nationale, Michael Flynn, est forcé de démissionner. Il a depuis été inculpé comme l'ex-directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, qui avait démissionné, avant l'élection.

9 mai 2017 : le directeur de la police fédérale américaine, James Comey, qui supervisait une enquête sur les contacts entre les membres de l'équipe Trump et Moscou, est limogé par le président. Il dira plus tard devant les sénateurs avoir subi des pressions de la Maison-Blanche, le président lui ayant demandé d'abandonner un volet de l'enquête portant sur le général Michael Flynn.

17 mai 2017 : Robert Mueller, un ancien directeur du FBI, est nommé procureur spécial pour reprendre l'enquête. Depuis, l'ex-directeur de campagne Paul Manafort et son associé Richard Gates, font l'objet de 12 chefs d'inculpation, parmi lesquels complot contre les États-Unis, blanchiment, fausses déclarations et non-déclarations de comptes détenus à l'étranger. Par ailleurs, George Papadopoulos, qui était chargé des questions de politique étrangère au sein de la campagne, a plaidé coupable d'avoir menti au FBI.

2 février 2018 : le président Trump approuve la déclassification d’une note confidentielle rédigée par des républicains du Congrès décrivant « un abus de pouvoir du FBI » lors de la mise sur écoute de Carter Page, un ancien membre de l'équipe de campagne Trump avant l'élection.

16 février 2018 : 13 Russes, dont un proche de Vladimir Poutine, et trois entités russes, sont inculpés de complot en vue de tromper les États-Unis.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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