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Le SPVM peine à recruter les minorités visibles

L'écusson sur l'uniforme du Service de police de la Ville de Montréal.
Seulement 8,5 % des policiers du SPVM proviennent de communautés autochtones ou sont issus de minorités visibles. Photo: Radio-Canada

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s'efforce d'accroître le nombre d'agents issus de minorités visibles dans ses effectifs, mais des critiques soutiennent que le corps policier doit intensifier ses efforts et changer sa culture interne.

Selon le rapport annuel du SPVM pour l’année 2016, seulement 8,5 % de ses policiers proviennent de communautés autochtones ou sont issus de minorités visibles. À titre comparatif, 32,8 % de la population montréalaise est composée de minorités visibles et d’Autochtones.

Ingrid Cataldo, agente de recrutement au sein du SPVM, assure que le corps policier travaille à attirer davantage de minorités visibles dans ses rangs.

« Nous pensons que plus le service de police reflète la population qu’il dessert, mieux il se portera dans sa compréhension des différentes valeurs, différentes cultures, différentes langues », affirme-t-elle.

Cependant, le nombre de policiers des minorités visibles n’a pas augmenté au cours de la dernière décennie, et reste toujours à environ 8 %.

Des critiques croient que les efforts déployés dans le recrutement ne sont pas suffisants et que cibler des minorités dans le but de les embaucher n’est pas le seul geste à poser.

« Souvent, les gens pensent que ce problème est la solution magique qui réglera tout ce qui a rapport avec le profilage racial, déclare Émilie Nicholas, la présidente de l'organisme Québec inclusif. Ce n’est pas la réalité que l’on voit. »

Ingrid Cataldo, une agente de recrutement au sein du SPVM, assure que le corps policier travaille à attirer davantage de minorités visibles dans ses rangs. Ingrid Cataldo, une agente de recrutement au sein du SPVM, assure que le corps policier travaille à attirer davantage de minorités visibles dans ses rangs. Photo : Radio-Canada

Cibler les minorités visibles

Au cours des 20 dernières années, le SPVM a offert aux Autochtones, aux communautés culturelles et aux minorités visibles une autre voie que la formation traditionnelle pour devenir policier.

Au lieu d’avoir trois ans de formation en technique policière, les candidats qui possèdent certaines exigences académiques peuvent suivre leur formation en sept mois. Les recrues doivent alors aller étudier à l’École nationale de police du Québec, à Nicolet.

Mme Cataldo dit que le SPVM travaille aussi à démystifier le travail des policiers dans les communautés culturelles.

Chaque poste de police possède au moins un agent qui s'occupe des relations avec la communauté. Mme Cataldo affirme qu’il peut être difficile de convaincre certaines communautés culturelles à propos de la profession de policier.

Pour changer les stéréotypes, je pense que nous devons travailler très fort. Les mentalités ne changent pas du jour au lendemain. C’est un travail de longue haleine.

Ingrid Cataldo, agente de recrutement au SPVM

« Je pense que nous devons travailler avec les familles, pas seulement avec les communautés culturelles, mais nous devons également travailler avec notre équipe », dit-elle.

Un changement de culture

Le problème des relations raciales qui touche le SPVM est plus profond que de simples différences dans les perceptions culturelles, estime Émilie Nicholas.

Le dialogue interculturel et les politiques d’inclusion ne sont pas la panacée pour éviter ou sortir de ce schéma de violence et de brutalité policière que l’on observe, particulièrement à l’égard des communautés culturelles.

Émilie Nicholas, présidente de Québec inclusif

Mme Nicholas fait remarquer la façon avec laquelle les policiers agissent avec les personnes souffrant de troubles mentaux ou encore avec les minorités visibles.

« Ces agissements ne disparaîtront pas, indépendamment de la couleur du policier », soutient-elle.

Paul Chablo, un policier qui a travaillé pour le SPVM pendant 30 ans, dirige maintenant le programme de formation en technique policière au Collège John Abbott, à Sainte-Anne-de-Bellevue. Paul Chablo, un policier qui a travaillé pour le SPVM pendant 30 ans, dirige maintenant le programme de formation en technique policière au Collège John Abbott, à Sainte-Anne-de-Bellevue. Photo : Radio-Canada / Sarah Leavitt

Efforts insuffisants dans le recrutement

D’autres personnes critiquent les efforts déployés dans le recrutement de policiers au Québec.

Paul Chablo, un policier qui a travaillé pour le SPVM pendant 30 ans, dirige maintenant le programme de formation en technique policière au Collège John Abbott, à Sainte-Anne-de-Bellevue.

Alors que John Abbott est un cégep anglophone, Paul Chablo mentionne que plusieurs de ses étudiants ont diverses origines ethniques et qu’ils parlent deux ou trois langues, y compris le français.

Il se montre très sévère à l'égard du SPVM et de la Sûreté du Québec.

« Ils ne font pas de vrais efforts, à mon avis, pour cibler n’importe quel type de minorité ou minorités visibles qui parlent anglais », déplore-t-il.

« Ils nous envoient encore des recruteurs blancs qui parlent le français. Pourquoi le faire si vous cherchez à atteindre votre public cible? » demande-t-il.

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