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L'absence d'emploi fait des victimes du « trou noir » à Forestville

Le «trou noir» à Forestville

En Haute-Côte-Nord, des travailleurs saisonniers se retrouvent sans aucun revenu parce que leurs prestations d'assurance-emploi prennent fin avant le début de leur prochaine saison de travail. Et les emplois sont rares dans la région l'hiver, difficile, donc, de se trouver du travail pour éviter les périodes de « trou noir ».

Un texte de Louis Garneau

Il y a quelques jours, Jimmy Pelletier est tombé dans ce « trou noir ».

Lorsqu'elle aura reçu son dernier chèque d'assurance-emploi, le 19 février, sa conjointe, Nancy Gendreau, s'y retrouvera avec lui.

Nancy Gendreau et Jimmy Pelletier se retrouvent sans revenu à la fin de leurs prestations d'assurance-emploiNancy Gendreau et Jimmy Pelletier se retrouvent sans revenu à la fin de leurs prestations d'assurance-emploi. Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Aller frapper à la porte de l'aide sociale, ça me gêne. Honnêtement, dans l'état actuel, je suis gênée.

Nancy Gendreau, travailleuse saisonnière à Forestville

Nancy Gaudreault travaille chaque année chez Restmar durant la saison de pêche au crabe et aux poissons de fond, qui s'étend d'avril à juin.

« C'est moi qui autorise les débarquements de poisson. Tant que moi je suis pas arrivée, ils ne peuvent pas vider le bateau. »

Ville de ForestvilleVille de Forestville Photo : Radio-Canada

Elle a bien essayé de trouver un autre emploi à Forestville : « McDonald's, Tradition, [...] je leur demandais : avez-vous besoin de quelqu'un à temps partiel pour dépanner? Mais c'est difficile partout l'hiver, parce que le monde y en ont pas d'argent l'hiver ».

Nancy Gendreau et son conjoint souhaitent recevoir de la formation pour obtenir un meilleur emploi : « La plupart des emplois icitte, c'est au salaire minimum. On travaille dur pour s'arracher la vie. Mais on n'a pas les moyens de se payer des cours. »

La mairesse, Micheline Anctil, croit que le gouvernement fédéral doit modifier les règles d'admissibilité à l'assurance-emploi pour tenir compte de la réalité de la région.

La mairesse de Forestville, Micheline Anctil. Micheline Anctil, mairesse de Forestville. Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Essentiellement, nos activités économiques sont dans l'exploitation saisonnière.

Micheline Anctil, mairesse de Forestville

« Les entreprises investissent sur ces travailleurs-là pour les former, [pour] développer leur expertise. Alors [elles] veulent que ces gens-là soient au rendez-vous l'année prochaine ».

Nancy Gendreau espère que son cri du cœur va pousser le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, à modifier les règles d'admissibilité.

En vertu des nouvelles règles de l'assurance-emploi, elle doit travailler 700 heures pour obtenir 14 semaines de prestations.

Avec les informations de Olivier Roy-Martin

Côte-Nord

Emploi