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Les aliments ultra-transformés associés au cancer

Des aliments surgelés.
La nourriture surgelée est fortement associée aux aliments ultra-transformés. Photo: iStock
Radio-Canada

Une association entre la consommation de nourriture ultra-transformée par l'industrie alimentaire et un risque plus élevé de développer un cancer a été établie par des chercheurs français.

L'enquête NutriNet-Santé menée auprès de 105 000 personnes repose sur des questionnaires remplis sur Internet entre 2009 et 2017 par des participants dont l'âge médian était de 43 ans.

Les chercheurs de l’Université Paris-Sorbonne se sont intéressés aux aliments ultra-transformés, qui « contiennent souvent des quantités plus élevées en lipides, lipides saturés, sucres et sels ajoutés, ainsi qu'une plus faible densité en fibres et vitamines ».

La catégorie des aliments ultra-transformés comprend :

  • les plats surgelés ;
  • les pépites de poulets ;
  • les beignes ;
  • les jus et les boissons gazeuses ;
  • les collations emballées sucrées ou salées ;
  • les soupes instantanées ;
  • les biscuits et les céréales.

Une mauvaise alimentation a déjà été associée au risque de cancer.

L'obésité est la principale cause évitable de la maladie après le tabagisme, et l'Organisation mondiale de la santé affirme que la viande transformée augmente légèrement le risque de cancer.

Une place importante dans l'alimentation

En moyenne, l’alimentation des participants à cette étude contenait 18 % de nourriture ultra-transformée.

Les résultats, publiés dans le British Medical Journal (Nouvelle fenêtre), ont montré que si la proportion d'aliments ultra-transformés dans l'alimentation augmente de 10 %, le nombre de cancers détectés augmente de 10 %.

Les scientifiques ont fait état de 2228 cas de cancer, dont 108 mortels et 739 du sein, sur la période et la population étudiées.

L'étude suscite beaucoup de prudence, mais les experts estiment qu'une alimentation saine basée sur des aliments cuisinés à la maison est préférable.

À notre connaissance, cette étude prospective est la première à évaluer l'association entre la consommation de produits alimentaires ultra-transformés et l'incidence du cancer, en se fondant sur l'étude d'une vaste cohorte avec une évaluation détaillée et à jour des apports alimentaires.

Les chercheurs de l'étude

« Plus spécifiquement, les graisses et sauces ultra-transformées et les produits et boissons sucrés sont associés à un risque accru de cancer globalement, et les produits sucrés ultra-transformés étaient associés à un risque de cancer du sein », ont précisé les chercheurs.

L'étiquette nutritionnelle d'une canette de boisson gazeuse.En plus de faire cuire les aliments à la maison, les Diététistes du Canada recommandent de bien consulter les étiquettes nutritionnelles des produits. Photo : Getty Images / Spauln

La qualité nutritionnelle en question

Leurs hypothèses visent la qualité nutritionnelle généralement plus faible de ces produits, trop gras, trop caloriques ou trop salés, et la vaste gamme d'additifs qu'ils contiennent.

Par ailleurs, « la transformation des aliments et en particulier leur cuisson produisent des contaminants nouvellement formés », et leur emballage plastique peut contenir du bisphénol A, un perturbateur endocrinien, s'inquiètent-ils.

Dans un éditorial, le BMJ a souligné que l'étude ne proposait qu'une première observation, qui « mérite une exploration attentive et plus poussée ».

« Le lien de cause à effet reste à démontrer », a acquiescé l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, qui a financé l'étude avec d'autres institutions publiques françaises.

Deux fourchettes représentant la malbouffe vs les aliments fraisLes Canadiens consomment trop d'aliments transformés Photo : wildpixel

Un mode de vie

D'autres facteurs peuvent entrer en jeu, selon la revue, car par exemple le tabagisme et une activité physique faible étaient bien plus répandus chez les participants qui consommaient une plus grande proportion d'aliments ultra-transformés.

Ce terme même reste « peu utilisé par les scientifiques de la nutrition », a relevé un professeur en diététique du King's College de Londres, Tom Sanders.

Cité par Science Media Centre, il estime que « cette classification semble arbitraire et fondée sur le postulat que les aliments traités industriellement ont une composition nutritionnelle et chimique différente de ceux produits à la maison ou par des artisans. Ce n'est pas le cas ».

Avec les informations de AFP

Santé publique

Science