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  • Exclusif
  • Des caméras installées dans les toilettes d'une école secondaire à Alma

    École secondaire Pavillon Wilbrod-Dufour d'Alma

    Des caméras avaient été installées dans deux salles de toilettes de l'école secondaire.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    EXCLUSIF - Les élèves de l'école secondaire Pavillon Wilbrod-Dufour ont été outrés de constater que des caméras de surveillance avaient été installées dans les toilettes. La Commission scolaire du Lac-Saint-Jean a ordonné qu'elles soient retirées.

    Un texte de Catherine Paradis, avec les renseignements de Louis Martineau

    À la suite de la rénovation des toilettes du Pavillon Wilbrod-Dufour (PWD), la direction de l’établissement a investi 5000 $ pour installer des caméras de surveillance à l’intérieur.

    Ça a adonné que j’ai été à la toilette et j’ai vu la caméra. Sur le coup, c’est comme troublant, ce n’est pas un endroit pour avoir une caméra.

    Élève du PWD

    On a peur de se faire filmer en train de se changer.

    Élève du PWD

    Atteinte à la vie privée

    Les élèves y voient une atteinte à leur vie privée.

    « Des fois, les jeunes se changent dans les cabines, souvent ils sortent et ne sont pas habillés », « ça me dérange parce que des filles vont se changer dans les cabines et on ne sait pas s’ils regardent dans les cabines, ça nous choque parce qu’on a peur de se faire voir », « mettons qu’on n’ose pas trop y aller, on ne veut comme plus aller aux toilettes », ont dit des jeunes avant d’entrer à l’école jeudi matin.

    Pas de motif raisonnable

    La Commission scolaire du Lac-Saint-Jean a été informée de la situation après-coup. Tout de suite, une directive a été lancée pour retirer les caméras.

    « L’école les a fait installer en croyant qu’elle pouvait le faire. Dès que j’ai su, j’ai fait un rappel des critères et des encadrements », a précisé la directrice des communications de la Commission scolaire, Christine Flahterty.

    Dans ma classe, le monde est scandalisé. Plein ont fait des plaintes et on m’a répondu que c’est pour arrêter le vandalisme.

    Élève du PWD

    Madame Flaherty a expliqué que l’école n’a finalement pas de motif raisonnable pour justifier la surveillance.

    « Au moment où on se parle, il n’y a pas de problématique aiguë, que ce soit au niveau de la drogue, de l’intimidation ou du vandalisme », a-t-elle répondu en entrevue.

    Plusieurs questionnements

    Selon l'avocat Éric Le Bel, la Commission scolaire aurait dû être informée de cette initiative.

    « La Loi sur l'instruction publique prévoit que le directeur d'une école ne peut pas de son propre chef décider de mettre une caméra que ce soit dans les salles de bains ou ailleurs. Il doit proposer l'installation de caméras au conseil d'établissement qui, lui, est l'organisme habilité dans la loi pour prendre la décision. Il est surprenant ici que l'école ou le conseil d'établissement ait décidé de prendre cette initiative sans que la Commission scolaire le sache », explique Éric Le Bel.

    Ce dernier ajoute qu’il n’est pas interdit de le faire, mais dans des circonstances exceptionnelles.

    « Il faut vraiment que ça soit là pendant qu’on veut régler une problématique. Si la problématique est réglée, normalement, on n’a pas à atteindre à la vie privée des élèves ou même le personnel parce que, peut-être, il va y avoir d’autres problèmes dans le futur », souligne l’avocat.

    Protection des élèves

    Christine Flaherty assure que la prise et l’utilisation des images ont toutefois été faites de façon professionnelle.

    Une seule personne aurait eu accès aux images, celles-ci étaient détruites tous les quatre jours et les caméras n’auraient pas été dirigées vers les cabinets eux-mêmes.

    Elle explique qu’il s’agit là des règles à suivre lorsque l’utilisation de caméra est permise dans un lieu privé de façon exceptionnelle et limitée dans le but de combattre une problématique réelle.

    Saguenay–Lac-St-Jean

    Droits et libertés