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Des fermiers « frustrés, sans défense » s'arment contre le crime

Un tracteur vert enneigé devant un cabanon et des installations agricoles, en temps de neige.

Des fermiers de la Saskatchewan ont fait part de leur frustration et de leur impuissance face à la criminalité rurale en Saskatchewan.

Photo : CBC

Radio-Canada

Des fermiers de la Saskatchewan font part de leur frustration face à la criminalité rurale. Ils déplorent d'être dépeints comme des racistes par certaines des personnes qui dénoncent la décision d'un jury d'innocenter Gerald Stanley pour le meurtre sans préméditation du jeune Autochtone Colten Boushie.

Un texte de Lise Ouangari

L'agriculteur Lee de Coninck Smith a fondé la page Facebook « Farmers with firearms » (« Fermiers avec des armes à feu ») pour aider les habitants des régions rurales de la province à faire face à une criminalité croissante, selon lui.

« Nous avons des gens qui viennent sur notre propriété, prennent notre carburant, nos motoneiges, volent des véhicules », affirme-t-il.

Nous aussi nous sommes armés. Si les voleurs ont une arme, eh bien! qu’ils sachent que nous aussi. Et nous sommes prêts à nous défendre.

Lee de Coninck Smith

Au cours des derniers mois, l'adhésion à la page Facebook Farmers with firearms a explosé, avec plus de 8000 abonnés et plus de 7000 mentions « J'aime ».

Ryan, un agriculteur qui exploite une ferme dans le sud-ouest de la province, rapporte qu'il a des voisins et des amis qui ont été victimes de vol. Radio-Canada a accepté de ne pas divulguer son nom de famille en raison des préoccupations qu'il a exprimées à propos de sa sécurité.

Ryan indique que les agriculteurs se sentent « frustrés, sans défense » lorsqu’ils sont victimes de vol. « Les gens ont besoin de savoir ce qui se passe ici, les gens pensent qu’on veut faire justice nous-mêmes, mais ce n’est pas ça, c'est pour nous protéger et protéger notre propriété », explique-t-il.

On craint pour ses voisins, on a peur, on s'inquiète pour sa famille.

Ryan, un fermier

Des fermiers livrés à eux-mêmes, selon eux

Ryan raconte que, lorsqu'ils croient être témoins d'un vol, les fermiers sont en première ligne et essaient de recueillir le plus d'information possible. « On essaie de noter les numéros de plaque, on essaie d'avoir leur emplacement, on les suit à distance, si on peut, jusqu'à l'arrivée de la police », dit-il.

On ne peut pas être en colère contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ou les autorités locales. Elle fait ce qu'elle peut. C'est un grand secteur, les policiers ne peuvent être partout.

Ryan

« Je peux avoir mon arme à feu à peu près tout le temps avec moi. [...] Si quelqu'un vient dans ma cour et que je vois qu'il va prendre de l'essence, je vais tirer des coups de feu en l'air […] On peut appeler la police, mais, chaque seconde compte, on ne peut pas attendre une heure et demie », explique Ryan.

Une route enneigée au milieu de champs agricoles.

Les agriculteurs ont rapporté que les fermes sont parfois isolées et les autorités peuvent mettre plus d'une heure à se rendre sur place.

Photo : CBC

Ryan indique que la page Farmers with Firearms a reçu des menaces depuis que le verdict est tombé. « Nous recevons beaucoup de menaces de mort, les gens qualifient le site de raciste. Me faire traiter, moi ainsi que les autres fermiers, de raciste, c'est très frustrant », dit-il.

« Il y a tous les milieux de vie qui commettent ces crimes », ajoute-t-il. « Quelqu'un est mort et il n'y a rien de bon dans tout ça. »

La criminalité baisse dans les régions rurales

Selon la GRC, les crimes contre les biens dans tous les territoires desservis par la GRC, notamment les régions rurales de la Saskatchewan, ont diminué de 5 % de 2016 à 2017.

Les introductions par effraction ont diminué de 13 %, et les vols ont diminué de 2 % de 2016 à 2017, selon la GRC.

L'affaire Boushie : Le 9 février, un jury de Battleford, en Saskatchewan, a déclaré Gerald Stanley, 56 ans, non coupable du meurtre au deuxième degré de Colten Boushie, 22 ans. Le jeune homme a été abattu quand, avec quatre autres personnes de la Première Nation crie de Red Pheasant, il a pénétré sans permission dans une propriété près de Biggar alors qu’ils étaient en état d’ébriété, en août 2016.

Avec des informations de Charles Hamilton et Olivia Stefanovich, CBC

Saskatchewan

Prévention et sécurité