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8 conseils pour écrire un bon récit

Les auteures Mélikah Abdelmoumen, Naomi Fontaine, Bibish Mumbu et Martine Noël-Maw
Les auteures Mélikah Abdelmoumen, Naomi Fontaine, Bibish Marie-Louise Mumbu et Martine Noël-Maw Photo: Mathieu Rivard/Kizzi Estevez/Rachel Shakamay/Tim maw

Ce n'est pas tant la technique ni le caractère extraordinaire des faits racontés qui font les bonnes histoires, mais plutôt le regard porté sur un événement. 

Vous avez une histoire vécue à raconter? Mettez toutes les chances de votre côté en suivant les conseils des personnes qui ont lu l'an passé les textes soumis au Prix du récit Radio-Canada à la recherche de la perle rare.

Conseil no 1 : Évitez de présenter votre histoire avec une introduction. Écrivez dans le vif du sujet, quitte à ce que le début paraisse un peu flou. Quitte à devoir effacer des lignes entières.
(Naomi Fontaine)

Conseil no 2 : Fuyez les expressions en forme d'échappatoire. « Je ne sais pas. » « Je ne sais plus. » « Je ne sais comment décrire. » C’est vous l’auteur, c’est votre travail de décrire.
(Martine Noël-Maw)

Conseil no 3 : Oubliez les adjectifs qui ne veulent rien dire. Un rire peut-il être utopique? Un ciel peut-il être magistral? La mer peut-elle être autre chose que vaste et infinie? Souvent, les adjectifs enlèvent la profondeur que les mots possèdent en eux-mêmes. Et s’il faut absolument qualifier le nom, assurez-vous que l’adjectif ajoute un sens concret.
(Naomi Fontaine)

Conseil no 4 : N'essayez pas de tout dire. Choisissez un moment clé, un aspect, une perspective et observez, décortiquez, décrivez, imaginez et racontez.
(Martine Noël-Maw)

Conseil no 5 : S'il s'agit d'une histoire rapportée, que vous n'avez pas vous-même vécue, ayez le maximum de détails et de précisions pour la construction du récit afin qu’il soit incarné et ne devienne pas un documentaire mathématique. (Bibish Mumbu)

Conseil no 6 : N'abusez pas des points de suspension. Il faut trouver les mots pour exprimer sa pensée et ses émotions jusqu’au bout plutôt que de finir sa phrase par...
(Martine Noël-Maw)

Conseil no 7 : Ménagez votre finale. Pensez à clore sur un moment, une phrase, une ouverture qui fait que moi, lectrice, je serai incapable de l'oublier.
(Mélikah Abdelmoumen)

Conseil no 8 : Dites-vous que la première personne à qui ce texte doit servir, avant les lecteurs, avant un concours, avant un éditeur, c’est vous-même. Sachez que toutes les histoires ont été racontées mille fois. Que toutes les figures de style ont été utilisées. Que tous les adjectifs ont qualifié tous les mots, déjà. Et qu’il n’y a qu’une histoire qui reste : la vôtre, intime, maladroite, incohérente, belle, étonnante, simple, riche. Plus vous vous approcherez de vous-même, étrangement, plus votre histoire sera universelle.
(Naomi Fontaine)


Mélikah Abdelmoumen partage son temps entre l'écriture, la recherche, l'enseignement et l'édition. Elle est revenue récemment vivre au Québec, après un long séjour en France dont elle a tiré un récit à paraître en mars 2018 chez VLB éditeur, Douze ans en France.

Naomi Fontaine est originaire de Uashat, une communauté innue voisine de Sept-Îles. En 2011, elle a publié un recueil de récits poétiques, Kuessipan : à toi, qui nous fait découvrir le quotidien d'une réserve. Après des études à Québec, elle est retournée enseigner dans sa communauté et a tiré de cette expérience un deuxième livre, Manikanetish (Mémoire d'encrier, 2017).

Bibish Mumbu est originaire de la République démocratique du Congo. Elle a immigré par amour au Québec en 2010. Journaliste et écrivaine, elle a signé en 2015 un roman autobiographique, Samantha à Kinshasa (Recto-Verso), que le metteur en scène Philippe Ducros a adapté pour le théâtre.

Martine Noël-Maw vit à Regina, en Saskatchewan. À l'approche de la quarantaine, elle a décidé de faire le grand saut en mettant de côté sa lucrative carrière de gestionnaire pour se consacrer à l'écriture. « Je n'ai jamais regretté ma décision », explique-t-elle. Depuis, elle a publié une douzaine d'ouvrages pour adultes et pour les jeunes, en plus d'écrire pour le théâtre.

Prix du récit : Inscrivez-vous du 1er janvier au 28 février.

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