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Un an après un retour au travail forcé, le moral des juristes québécois est au plus bas

Deux juristes du Québec manifestent devant l'immeuble de la Cour suprême du Canada, le mercredi 1er février 2017, au 101e jour de grève observée par leur syndicat.

La loi spéciale qui a forcé le retour au travail des juristes « a mis à rude épreuve la fierté et le sentiment d’appartenance aux organisations ».

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Radio-Canada

Selon une enquête réalisée par l'Association des avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ), deux juristes sur trois sont insatisfaits de leur employeur. S'ils le pouvaient, plus de la moitié d'entre eux quitteraient leur emploi pour travailler ailleurs.

Un texte d’Alex Boissonneault, correspondant à l’Assemblée nationale

Le sondage interne de LANEQ, qui vient tout juste d’être présenté à ses membres, révèle que la loi spéciale qui a forcé le retour au travail des juristes « a mis à rude épreuve la fierté et le sentiment d’appartenance aux organisations ».

Le nouveau président de l’association, Marc Dion, n’est pas surpris. Le conflit a laissé des traces et le moral des troupes est certainement affecté.

Il y a un climat de morosité, les gens sont démotivés, démobilisés à la suite du traitement qu’ils ont subi avec l’adoption de la loi spéciale.

Marc Dion, président de LANEQ

S’il admet que cette démotivation peut retarder certains projets, il est convaincu que le professionnalisme des juristes demeure un gage de qualité.

Comparution du ministre Pierre Moreau

L’association, qui accuse le gouvernement d’avoir fait preuve de « mauvaise foi » durant les négociations, poursuit son recours devant le Tribunal administratif du travail.

Elle a d’ailleurs obtenu gain de cause dans sa requête pour que le ministre Pierre Moreau soit entendu. Celui qui était président du Conseil du Trésor lors des négociations devra donc comparaître devant le tribunal le 19 février prochain.

Le ministre Moreau maintient « qu’il a toujours négocié de bonne foi avec les juristes ».

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, après l'adoption de la loi spéciale forçant le retour au travail des juristes de l'ÉtatAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, après l'adoption de la loi spéciale forçant le retour au travail des juristes de l'État

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Des nouvelles à temps pour les élections

Les avocats et notaires de l'État québécois réclament 36,75 millions de dollars en dommages et intérêts.

Ils s’attendent à ce que le juge mette la cause en délibéré cet été, mais des dates d’audience sont prévues jusqu’en septembre.

Le président de LANEQ ne s’en cache pas : si les élections peuvent servir de levier pour ses membres, il ne se privera pas de les utiliser.

« Le PQ et la CAQ nous avaient témoigné leur soutien », rappelle Marc Dion.

Contestation de la loi spéciale

Dans un autre recours judiciaire, devant la Cour supérieure cette fois, les juristes contestent la constitutionnalité de la loi spéciale du 28 février.

En invoquant l’arrêt Saskatchewan, LANEQ estime que le gouvernement libéral a porté atteinte au droit de grève et au droit à la libre négociation de ses membres.

Les parties sont convoquées devant le juge en conférence de gestion, le 22 février prochain, pour déterminer l’horaire des audiences.

Compte tenu des procédures judiciaires en cours, le bureau du Conseil du Trésor a préféré ne pas commenter.

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