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Après Haïti et le Tchad, des accusations de viol contre Oxfam au Soudan du Sud

Des femmes circulent dans les rues de Port-au-Prince en Haïti.

Helen Evans, qui fut directrice de la prévention interne à Oxfam de 2012 à 2015, a parlé de viols ou de tentatives de viols au Soudan du Sud ainsi que d'agressions sur des mineurs bénévoles dans des magasins de l'ONG au Royaume-Uni.

Photo : Reuters / Andres Martinez Casares

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Oxfam est sérieusement empêtrée dans un scandale de viols et d'abus sexuels dans plusieurs pays. Après Haïti et le Tchad, de nouvelles accusations visent certains des employés de l'ONG au Soudan du Sud.

Ces nouvelles révélations viennent d’Helen Evans, qui fut directrice de la prévention interne à Oxfam de 2012 à 2015. Elle en a fait état sur la chaîne de télévision britannique Channel 4, évoquant une « culture d'abus sexuels au sein de certains bureaux ».

Mme Evans a parlé de viols ou de tentatives de viols au Soudan du Sud ainsi que d'agressions sur des mineurs bénévoles dans des magasins de l'ONG au Royaume-Uni.

« Cela concerne des agissements de salariés sur d'autres salariés », précise Mme Evans.

Nous n'avons pas réalisé d'enquête sur les bénéficiaires de nos programmes d'aide. Mais j'étais extrêmement inquiète de ces résultats.

Une citation de : Helen Evans, directrice de la prévention interne à Oxfam de 2012 à 2015

L’enquête interne menée auprès de 120 personnes dans trois pays de 2013 à 2014 révèle qu’entre 11 % et 14 % du personnel déployé a été victime ou témoin d'agressions sexuelles. Au Soudan du Sud, quatre personnes avaient été victimes de viols ou de tentatives de viols.

Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale du Développement international et de la Francophonie Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale du Développement international et de la Francophonie

Photo : Radio-Canada

Le Canada est-il à l’abri?

En entrevue à 24/60 mardi, la ministre fédérale du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, s’est dite choquée par le scandale révélé par The Times of London.

Je crois qu’il n’y a aucun secteur d’activité qui est totalement à l’abri.

Une citation de : Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale du Développement international et de la Francophonie

Mme Bibeau assure qu’au niveau du ministère du Développement international et des partenaires humanitaires canadiens, « on prend des mesures importantes pour éviter que ces situations-là se produisent. On a des codes de conduite, on fait des suivis », insiste la ministre, qui avoue qu’elle compte profiter de l’occasion pour « relancer la discussion pour identifier les meilleures pratiques ».

Cette situation était-elle connue?

La ministre Bibeau reconnaît que des rumeurs circulaient déjà voilà longtemps, mais elle met en garde contre la diabolisation des travailleurs humanitaires dévoués à cause de « quelques individus qui ont des comportements absolument inacceptables ».

On a une politique de développement international féministe. On lutte de façon très, très active contre toutes les violences faites aux femmes aux enfants, les violences sexuelles.

Une citation de : Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale du Développement international et de la Francophonie

Marie-Claude Bibeau rappelle toutefois que ce n’est pas le gouvernement qui recrute les travailleurs humanitaires au sein des ONG. Elle affirme avoir discuté avec les responsables d’Oxfam Canada et d’Oxfam Québec, qui lui ont assuré que « ni les employés canadiens ni les fonds canadiens n’avaient été impliqués dans le scandale ».

Mme Bibeau ajoute que toutes les options sont sur la table, allant des meilleurs moyens de recrutement, de la dénonciation des comportements inappropriés au suivi des cas problématiques.

Le scandale a coûté la place de la directrice générale adjointe d'Oxfam, Penny Lawrence, qui a démissionné lundi. Son patron Mark Goldring a quant à lui exclu de quitter ses fonctions, sauf si le conseil d'administration lui en faisait la demande.

L’onde de choc a atteint le gouvernement britannique, dont la secrétaire d'État au développement international, Penny Mordaunt, a écrit à toutes les ONG pour leur demander de renforcer leurs procédures de contrôle.

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