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La Nouvelle-Écosse est lente à améliorer le sort des personnes handicapées

Michael Bach.
Michael Bach le 13 février 2018 Photo: Radio-Canada / Robert Short
Radio-Canada

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse est lent à améliorer la manière dont sont hébergées les personnes ayant des handicaps mentaux ou physiques, a expliqué un expert qui témoignait mardi à une enquête de la Commission des droits de la personne, à Halifax.

La Commission cherche à déterminer si le ministère provincial des Services communautaires contrevient à la Loi sur les droits de la personne de la Nouvelle-Écosse en gardant des patients handicapés dans des institutions comme des hôpitaux, plutôt que de leur permettre de vivre dans des foyers de soins établis dans la communauté.

Un système qui doit changer

Michael Bach a été engagé par la province il y a cinq ans pour l’aider à réformer le système destiné aux personnes handicapées et orchestrer la fermeture des établissements restants.

Le chercheur, qui milite pour les droits des personnes handicapées, a expliqué que la province était d’accord en 2013 pour dire que les patients ne devraient pas avoir à vivre en institution ou en hôpital psychiatrique s’ils sont capables de vivre dans la communauté, dans des foyers où ils peuvent recevoir l’aide adaptée à leurs besoins.

Selon lui, les responsables du gouvernement ayant siégé à des comités étaient d’avis que le système avait besoin d’être « transformé » et d'effectuer un virage vers l’hébergement des handicapés dans la communauté.

La province en est arrivée à cette position, explique M. Bach, après avoir pris connaissance de plusieurs rapports demandant une réforme, ainsi que des cas médiatisés d’abus dans ces établissements.

Désaccord sur la notion d'atteinte aux droits de la personne

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse estime que la province peut être d’accord avec le principe, mais que le fait de refuser de financer des logements assistés ou d’éliminer les listes d’attente pour ceux déjà existants ne représente pas nécessairement une violation des droits fondamentaux de la personne.

L’avocate Claire McNeil n’est pas de cet avis. Elle croit que le sort des personnes handicapées, contrairement à celui d’autres groupes qui ont vécu de la discrimination, est passé entre les mailles du filet.

L'avocate Claire McNeil.L'avocate Claire McNeil le 13 février 2018. Photo : Radio-Canada / Robert Short

« Ils regroupent les gens avec des handicaps dans un environnement séparé, isolé du reste de la communauté », déplore l’avocate, qui représente la Coalition pour les droits des handicapés (Disability Rights Coalition), l’une des parties plaignantes dans cette affaire.

Elle espère qu’en plus d’alerter le gouvernement, l’audition de la cause aidera à mettre en lumière la situation qui prévaut dans les établissements qui hébergent ces individus. « Beaucoup de gens dans cette province ignorent qu’elles existent toujours », signale Mme McNeil.

« C’est un problème qui ne peut attendre », estime-t-elle.

Elle abonde dans le même sens que M. Bach. « Il y a peut-être un consensus au sujet des problèmes, peut-être même au sujet des solutions, dit-elle, mais il n’y a aucun mouvement, ou alors un mouvement très lent vers l'implémentation de solutions. »

Une vie marquée par l'isolement et le manque d'autonomie

Deux patients handicapés qui sont nommés dans la plainte à la Commission des droits de la personne, Beth MacLean, 46 ans, et Joseph Delaney, 45 ans, souhaitent être transférés vers des foyers de soins assistés. Leur état leur permet de vivre de façon plus autonome, avec un certain soutien.

Ils déplorent avoir peu de liberté de mouvement et se disent isolés. Ils expliquent que les hôpitaux psychiatriques où ils sont gardés ressemblent « peu ou pas du tout » à la « vie normale » dans une communauté.

Une troisième patiente citée dans la plainte, Sheila Livingstone, est décédée en 2016.

Avec les informations de La Presse canadienne et CBC

Nouvelle-Écosse

Droits et libertés