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Une nouvelle étude à propos de la pollution du lac Érié indique une légère amélioration

Gros plan sur un tuyau dont l'eau se déverse dans un ruisseau avec des plantes vertes autour.
Un drain de labourage, l'une des causes de la pollution du bassin ouest du lac Érié. Photo: Commission mixte internationale
Radio-Canada

Une nouvelle étude à propos des algues qui polluent le lac Érié indique que les présentes pratiques agricoles sont encourageantes. Les auteurs de l'étude soulignent aussi le manque de données pour analyser tous les aspects de la pollution du plus pollué des cinq Grands Lacs.

D'après l'étude de la Commission internationale mixte (CIM), l'organisme canado-américain qui étudie et gère les étendues d'eau douce que partagent les deux pays, certaines méthodes d'épandage d'engrais qui sont utilisées depuis plus d'une dizaine d'années sont encourageantes pour le bassin ouest du lac.

« Les rapports d'engrais phosphatés diminuent tandis que l'élimination du phosphore par les cultures a augmenté [...], sans que ce soit au détriment des récoltes », peut-on lire dans la conclusion.

Au fil des ans, plusieurs experts ont démontré que c'est le phosphore provenant de l'engrais que des agriculteurs canadiens et américains utilisent qui avait, en grande partie, provoqué la prolifération des algues dans le lac Érié.

L’Ontario, le Michigan et l’Ohio s’étaient entendus en 2015 afin d’arriver à une réduction de 40 % des ruissellements à forte teneur en phosphore jusqu’à 2025.

« Je trouve que c'est une bonne étude, mais [que ce n'est] qu'une petite partie du puzzle », commente en conversation téléphonique Jérôme Marty, le président de la Société canadienne de limnologie, la science des eaux douces.

Manque de données

Les auteurs de l'étude soulignent à maintes reprises dans le rapport la difficulté d'obtenir des données à propos des deux principales sources agricoles de phosphore dans le lac, c'est-à-dire le fumier et l'engrais chimique.

« Une des grandes difficultés pour comprendre ça, c'est le transport de ces sources, on a besoin de plus d'études à plus grande échelle spatiale », résume M. Marty.

Les auteurs estiment aussi que des études à plus long terme sont nécessaires pour comprendre la dynamique des sources de phosphore du lac Érié.

D'après eux, il faudrait également que ces programmes de recherche aient un financement assuré et qu'ils ne soient pas à la merci d'un politicien nouvellement élu.

Données dépassées

Dans l'étude, les auteurs convertissent la valeur annuelle des engrais et du fumier répandus sur les terres agricoles afin d'indiquer l'apport de phosphore des deux pays dans l'eau du lac Érié.

D'après les données binationales les plus récentes, qui datent de 2006-2007, 72 % du phosphore serait déversé dans le bassin américain du lac et 28 % dans la partie canadienne du lac.

Certains membres de l'Union nationale des fermiers (UNF) de l'Ontario rejettent ces données.

« Ça me préoccupe. À quel point des données qui datent de 11-12 ans sont pertinentes pour la situation actuelle? » s'est demandé à voix haute Don Ciparis, de l'UNF, durant une conférence vidéo publique en ligne mardi.

Celui-ci soutient que les agriculteurs canadiens élèvent moins de bétail et favorisent les récoltes à cause des prix du marché.

Les auteurs de l'étude, David Allan et Michael Murray, défendent l'utilisation de ces données.

« Ce sont les données les plus récentes [...] et je crois que c'est pertinent parce qu'on s'attarde aux tendances à long terme », argumente M. Murray.

Windsor

Pollution