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Le soutien familial demeure la meilleure arme contre le décrochage scolaire

Une mère fait des devoirs avec sa fille.
Le soutien des parents et les encouragements de leur milieu ont un impact majeur dans le maintien à l'école des enfants. Photo: Getty Images / PeopleImages
Radio-Canada

Alors que s'amorcent les Journées de la persévérance scolaire au Québec, un nouveau sondage révèle qu'une portion importante des jeunes songent à décrocher dès le début du secondaire, mais aussi que les encouragements des parents et du milieu contribuent grandement à les garder à l'école.

Réalisée par la firme Léger auprès de plus de 1000 Québécois de 18 à 34 ans pour le compte du Réseau des instances régionales de concertation pour la persévérance scolaire, l'étude s’adressait à des jeunes qui ont pensé à décrocher, qui ont décroché ou qui sont retournés aux études après avoir décroché.

La première constatation est que les jeunes commencent très tôt à penser à abandonner l’école. Au moins 29 % ont avoué avoir commencé à y penser dès l’âge de 13 ou 14 ans, soit dès le début du secondaire.

Cette proportion grimpe à 43 % chez les 15 à 16 ans. Ce qui fait qu’au total, 65 % des répondants qui ont songé à décrocher ou qui ont décroché étaient âgés entre 13 et 16 ans.

Pourtant, 67 % d’entre eux affirmaient aimer l’école au primaire. Or, ils n’étaient plus que 36 % à partager cette idée au secondaire.

Ennui et intimidation

Un garçon a de la difficulté au tableau.Les mauvaises notes ne seraient pas le facteur le plus déterminant dans le phénomène du décrochage scolaire. Photo : Getty Images / Imgorthand

Parmi les principaux facteurs de décrochage identifiés, le manque d’intérêt pour la matière et l’école en général est particulièrement flagrant. Pas moins des trois quarts des jeunes interrogés ont répondu s’être ennuyés à l’école soit 70 % des filles et 78 % des garçons sondés.

En ce qui a trait aux notes, 47 % ont affirmé qu’ils avaient des notes « passables » alors que 13 % affichaient de mauvaises notes.

Fait étonnant, au moins 41 % des jeunes interrogés ont affirmé qu’ils avaient de bonnes ou de très bonnes notes. Seuls 20 % des décrocheurs qui n’ont jamais obtenu leur diplôme de 5e secondaire affichaient de mauvaises notes.

Le bulletin ne serait donc pas le facteur le plus déterminant dans la décision des élèves de quitter l’école.

Quant aux principaux facteurs de risques, 52 % des jeunes interrogés ont affirmé avoir été victime d’intimidation à l’école tandis que 43 % ont affirmé qu’ils consommaient drogue ou alcool souvent ou à l’occasion.

Par ailleurs, 28 % ont affirmé avoir un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Le suivi des parents et les encouragements

Un adolescent écrit dans un cahier, son père à ses côtés.Tous les jeunes n’obtiennent pas autant d'encouragements à la maison. Photo : iStock

Parmi les facteurs positifs, soit ceux qui ont contribué à maintenir les jeunes à l’école ou à y retourner pour compléter un diplôme, l’implication des parents dans le cheminement scolaire des jeunes ainsi que les encouragements que ces derniers ont reçus de leurs proches, d’amis ou d’enseignants ont fait une grande différence, souligne l’étude.

L’intérêt des jeunes pour une matière en particulier contribue aussi à les garder à l’école plus longtemps.

Bien que 93 % des répondants aient affirmé que leurs parents valorisaient l’école, tous n’ont pas reçu le même support à la maison. Chez les jeunes qui ont songé à décrocher, mais qui ne l’ont pas fait, 70 % ont affirmé que leurs parents ou tuteurs suivaient régulièrement leur situation scolaire, ce qui confirme, selon les auteurs de l’étude, « l’impact des parents comme facteur de protection en matière de persévérance scolaire ».

Pour les raccrocheurs, soit ceux et celles qui ont décidé de retourner sur les bancs de l’école après avoir décroché, c’est plutôt leur expérience sur le marché du travail qui les a le plus incités à retourner sur les bancs d'école.

Portrait du décrocheur

  • Sur les 1009 personnes de 18 à 34 ans interrogés dans cette étude, 141 n’avaient pas complété un diplôme d’études secondaires ou professionnelles;
  • 59 % des décrocheurs étaient des garçons;
  • 86 % étaient de langue maternelle française contre 12 % de langue anglaise et 3 % d’une autre langue;
  • 46 % étaient soit au foyer ou sans emploi, 32 % avaient un travail et 11% se disaient étudiants;
  • 71 % ont grandi dans une famille dont le revenu se situait sous la barre des 40 000 $ par année.
Une jeune fille préoccupée.Le soutien des parents et l'encouragement des jeunes demeurent des armes cruciales pour lutter contre le décrochage scolaire. Photo : iStock

Les décrocheurs lisent moins

En ce qui a trait à la lecture, 82 % des répondants ont affirmé qu’ils disposaient de livres à la maison, mais seulement 55 % ont affirmé lire souvent ou à l’occasion. Le taux de lecture est par ailleurs plus élevé chez les raccrocheurs (61 %) et les persévérants (54 %) que chez les décrocheurs (49 %).

Lorsqu’on leur demande qui est davantage en mesure de favoriser la persévérance scolaire, les jeunes interrogés ont répondu l’école dans une proportion de 93 % suivi du gouvernement, à 84 %, et les services de garde en milieu scolaire, à 71 %.

Cette étude a été réalisée par Sondage Léger auprès de 1009 Québécois et Québécoises de 18 à 34 ans, ayant connu une expérience problématique en lien avec la persévérance scolaire.

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