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Le scandale des prostituées à Oxfam entraîne la chute d'une haute dirigeante

Une femme marche sur une colline surplombant Port-au-Prince.

Une Haïtienne marche parmi des décombres à Port-au-Prince, le 6 janvier 2011, près d'un an après le séisme qui a fait quelque 220 000 morts et 300 000 blessés.

Photo : Reuters / Eduardo Munoz

Radio-Canada

La directrice générale adjointe de l'ONG Oxfam au Royaume-Uni, dans la tourmente depuis la fin de la semaine dernière en raison d'un scandale sexuel dans lequel sont impliqués des responsables de son organisation, a démissionné lundi.

Parlant de sa « tristesse » et de sa « honte », Penny Lawrence a déploré « la conduite d'employés au Tchad et à Haïti [...] incluant le recours à des prostituées ». En annonçant sa démission dans un communiqué, Mme Lawrence a affirmé « assumer l'entière responsabilité » de cette affaire, alors qu’« il a été porté à notre connaissance ces derniers jours que nous n'avons pas réagi comme il convenait ».

Vendredi dernier, The Times of London a fait état d'allégations d'inconduite sexuelle contre sept anciens employés d'Oxfam à Haïti, dont son directeur local, notamment d'avoir recouru à des prostituées, dont certaines possiblement mineures, et d'avoir téléchargé de la pornographie.

Oxfam a de son côté indiqué avoir ouvert une enquête interne sur ces allégations en 2011. Il a confirmé avoir congédié quatre personnes et permis à trois autres de démissionner après avoir découvert plusieurs infractions, dont de l'inconduite sexuelle et de l'intimidation.

L'organisme a ajouté avoir partagé les résultats de cette investigation avec les autorités britanniques et ses principaux donateurs, dont le ministère du Développement international.

Le Times expliquait aussi, vendredi, que l'enquête interne d'Oxfam avait été minée par sa détermination à garder cette affaire secrète.

Samedi, la commission des oeuvres de bienfaisance du Royaume-Uni a réclamé davantage d'informations de la part d'Oxfam, soulignant que l'organisme n'avait pas mentionné de potentiels crimes sexuels à l'égard de mineurs lorsqu'il avait rapporté les allégations en 2011.

Quant au gouvernement britannique, qui a versé 31,7 millions de livres (environ 55 millions de dollars canadiens) l’an dernier par l'entremise du ministère du Développement international, il a dit remettre en question sa relation avec l’organisme. Ces fonds gouvernementaux représentent 8 % du budget d'Oxfam.

Des représentants d'Oxfam doivent d’ailleurs discuter lundi avec la secrétaire d'État britannique au Développement international, Penny Mordaunt, qui a affirmé dimanche à la BBC que « ce qui est si perturbant à propos d'Oxfam, c'est que quand cela leur a été rapporté, ils n'ont absolument pas fait ce qu'il fallait ».

Oxfam dit de son côté avoir, après avoir pris connaissance de ces histoires d’inconduite, mis en place un certain nombre de mesures pour renforcer son contrôle du personnel et des embauches, en particulier dans les situations d'urgence où il faut recruter très vite.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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