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Des Autochtones dénoncent le racisme en Saskatchewan

Sylvia McAdam entouré de plusieurs personnes prend la parole.
Sylvia McAdam dénonce le racisme qu'elle observe en Saskatchewan depuis l'acquittement du fermier Gerald Stanley. Photo: Red Works / Nadya Kwandibens
Radio-Canada

Selon plusieurs Autochtones, l'acquittement de Gerald Stanley, le fermier de 56 ans qui a été déclaré non coupable du meurtre non prémédité du jeune Autochtone Colten Boushie, libère la parole raciste.

Un texte de Justine Cohendet

« Il y a quelque chose de pourri jusqu’à la moelle si l'on regarde ce qui arrive ici en Saskatchewan », explique Sylvia McAdam, originaire de la Première Nation de Big River et cofondatrice du mouvement Idle No More.

Selon elle, l’acquittement de Gerald Stanley a pour effet de légitimer les actes de gens, non autochtones, qui deviennent « audacieux, font les braves et sont effrontés » en tenant des propos racistes et en proférant des menaces contre les Autochtones. « Ils ne se cachent plus » pour le faire, mentionne-t-elle.

Sylvia McAdam raconte que sa fille, qui était au rassemblement de soutien à la famille de Colten Boushie, samedi, l’a appelée en pleurs pour lui dire qu’elle avait entendu, à la maternité de l'Hôpital royal universitaire de Saskatoon, une personne dire tout haut, dans la salle commune, qu’« un bon Indien est un Indien mort ».

Des messages haineux sur les réseaux sociaux

Samedi, sur les réseaux sociaux, un homme a lancé un avertissement aux personnes qui se rendaient au rassemblement de Regina que le groupe de Saskatchewan consacré aux mordus de camions, « Original 306 Truck Club », allait être présent pour faire le « rolling coal », c'est-à-dire produire une épaisse fumée noire avec leur moteur.

« Si vous intervenez, ils vous écraseront sans aucune hésitation. Bonne journée! », concluait le message.

Le message a depuis été supprimé, l’homme a présenté ses excuses, et le groupe « Orignal 306 Truck Club » s'est dissocié de cette publication.

Selon le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN), Bobby Cameron, le racisme était visible tout au long du procès et continue de l’être.

De nombreux Autochtones inquiets

« Nous avons reçu de nombreux messages de personnes inquiètes, qui ne se sentent pas en sécurité avec leurs enfants allant dans une école non autochtone ou lorsqu'ils traversent en voiture la campagne saskatchewanaise », explique-t-il.

James Daschuk, professeur à l’Université de Regina et spécialiste de l’histoire et de la santé des peuples autochtones, n’est pas surpris par la montée des tensions raciales.

La population est retranchée et on voit beaucoup de violence raciale.

James Daschuk, le professeur spécialiste de l’histoire et de la santé des peuples autochtones à l’Université de Regina

Il estime qu’il y a deux solitudes en Saskatchewan, avec d’un côté, la population blanche et de l’autre, la population autochtone qui se sent frustrée.

« On a un problème avec le racisme, il faut faire quelque chose », estime-t-il.

La GRC enquête

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué qu’elle enquêtait sur un certain nombre de commentaires publiés sur Internet depuis vendredi.

Elle demande aux personnes qui constatent des infractions en ligne de les signaler à la police et invite la population au respect sur les réseaux sociaux.

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