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Un engouement marqué pour le piégeage du coyote

Stéphane Jalbert en train de retourner une peau de coyote

Stéphane Jalbert explique que plusieurs trappeurs privilégient le piégeage de coyote en raison des prix intéressants pour la vente de la fourrure.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le piégeage du coyote aurait la cote parmi les trappeurs. Le prix élevé de vente et la demande pour la fourrure de cet animal en auraient convaincu plusieurs de se tourner vers ce type de trappe.

Un texte de Marie-Christine Rioux avec la collaboration de Marie-Josée Paquette-Comeau

Stéphane Jalbert, agent cueilleur pour les Encans de fourrures d’Amérique du Nord (NAFA) et trappeur depuis 43 ans affectionne particulièrement le piégeage du coyote.

Pour lui, le fait de trapper un animal considéré comme rusé représente un beau défi. Il avoue toutefois que le prix élevé des peaux est un incitatif indéniable. « Présentement, on vit les plus belles années de la fourrure pour le coyote », avoue-t-il.

L’engouement pour le piégeage du coyote a également été noté par la NAFA.

Selon le premier vice-président de la NAFA, Serge Larivière, une peau de coyote se vend, en moyenne, entre 60 et 100 $ l'unité. Le prix varierait en fonction de la qualité du pelage de l'animal. La fourrure d'un spécimen de l'Ouest canadien se solderait parfois jusqu'à 150 $ la peau.

Au niveau nord-américain, la pression sur le coyote a augmenté par la pression des bons prix de la fourrure depuis trois ou quatre ans. Tous les gens qui ont accès au coyote vont essayer d'en capturer parce que la fourrure se vend très très bien

Serge Larivière, premier vice-président à la NAFA
Stéphane Jalbert en train d'écorcher un pékanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphane Jalbert fait la démonstration de l'écorchage d'un pékan lors d'une réunion du Conseil des Trappeurs de Rimouski-Neigette et des Basques.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Devant cet engouement, la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP), en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, organise d’ailleurs une tournée de conférence sur la chasse au coyote en Gaspésie.

Situation plus difficile pour d’autres espèces

Malgré l’engouement pour la trappe aux coyotes, celle visant d’autres espèces comme la martre, le raton laveur ou le castor serait en déclin.

Le marché est à terre. Un castor va se vendre entre 8 et 12 $. Un coyote, entre 80 et 120 $. Et c’est de l’ouvrage tous les deux.

Stéphane Jalbert, trappeur

Selon Serge Larivière de la NAFA, l’instabilité économique et politique des pays consommateurs de fourrures comme la Russie ou la Chine cause en partie la baisse des prix pour le pelage de certaines espèces.

Plan rapproché d'un coyote au pelage fauve.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des citoyens ont signalé avoir aperçu des coyotes à la Ville de Montréal à plus de 250 reprises de juin 2017 à janvier 2018.

Photo : iStock

« Pour avoir de bons prix de fourrures, ça prend de la température froide et de la stabilité politique », explique le premier vice-président de la NAFA.

Selon lui, les gens repoussent l’achat de fourrures, considérées comme des produits de luxe, en temps d’incertitude politique, craignant qu’une guerre n’éclate et que l’argent manque.

C’est incroyable que le trappeur qui part en arrière de sa grange chez eux pour aller poser quelques collets à coyote est affecté par les chicanes entre Donald Trump et Kim Jong-Un.

Serge Larivière, premier vice-président à la NAFA

Selon le trappeur Stéphane Jalbert, le piégeage est maintenant majoritairement pratiqué comme passe-temps plutôt que comme gagne-pain, comme cela l'était autrefois.« Ce n’est plus le bon vieux trappeur qui allait se chercher un revenu d’appoint, qui partait deux semaines dans le bois », raconte le trappeur d’expérience.

Le piégeage en chiffres

Côte-Nord

  • 760 permis de piégeage en 2016-2017
  • une moyenne de 12 000 fourrures par année

Bas-Saint-Laurent

  • 603 permis de piégeage en 2016
  • 8220 peaux vendues en 2016-2017

Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

  • 299 permis de piégeage en 2016
  • 3266 peaux vendues en 2016-2017

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