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Un avion militaire israélien abattu dans le ciel syrien

Des membres des forces de sécurité israéliennes examinent les restes de l'appareil de type F-16 qui s'est écrasé.

Des membres des forces de sécurité israéliennes examinent les restes de l'appareil de type F-16 qui s'est écrasé.

Photo : Reuters / Ronen Zvulun

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une escalade de tensions en Syrie a mené, samedi, à l'écrasement d'un chasseur F-16 israélien dans le nord d'Israël. L'avion de combat menait une attaque contre des cibles iraniennes en Syrie et a essuyé des tirs de la défense antiaérienne syrienne.

Le F-16, dont les deux pilotes se sont éjectés et ont été blessés, a bien été abattu par un missile antiaérien syrien, a confirmé un responsable israélien sous le sceau de l'anonymat.

L’écrasement s’est produit après que les forces israéliennes ont organisé des frappes contre 12 cibles en Syrie, dont des installations iraniennes. Le chasseur israélien s'est écrasé dans le nord d'Israël, à l'est de Haïfa, au retour de cette mission menée aux premières heures de la journée après qu'un drone iranien a été abattu alors qu'il survolait le territoire israélien.

Ces hostilités interviennent sur fond de crispations grandissantes dans le conflit syrien en faveur du régime de Bachar al-Assad, un ennemi d'Israël soutenu militairement par la Russie, mais aussi par deux autres bêtes noires de l'État hébreu, l'Iran et le Hezbollah libanais.

Un drone intercepté

Tel-Aviv affirme avoir intercepté un drone en provenance d’Iran sur son territoire, ce qui aurait mis le feu aux poudres.

« C’est une attaque iranienne sérieuse sur le territoire israélien. L’Iran amène toute la région dans une aventure dont il ne connaît pas l’issue », a indiqué le porte-parole de l’état-major israélien, le brigadier-général Ronen Manelis.

C'est la première fois que l'armée israélienne dit ouvertement avoir visé des cibles iraniennes depuis le début de la guerre en Syrie, où l'Iran, ennemi d'Israël, aide militairement le régime de Bachar al-Assad. « Nous ne cherchons pas l'escalade, mais nous sommes prêts pour différents scénarios », dit le lieutenant-colonel de l'armée israélienne, Jonathan Conricus.

Il s'agit de la violation la plus flagrante et la plus grave de la souveraineté israélienne de la part de l'Iran ces dernières années, c'est pourquoi la riposte israélienne est aussi forte.

Une citation de : Jonathan Conricus, lieutenant-colonel de l'armée israélienne

Commentant en fin de journée cette opération, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a prévenu que son pays continuerait à « se défendre » contre l'Iran.

Le chef du gouvernement a déclaré à la télévision s'être entretenu de la situation avec le secrétaire d'État américain Rex Tillerson et avec le président russe Vladimir Poutine.

« Je lui ai répété que nous avions le devoir et le droit de nous défendre contre les attaques venant du territoire syrien. Nous nous sommes entendus sur la poursuite de la coordination entre nos deux armées », a dit M. Nétanyahou.

Des fragments d'un missile syrien ont été retrouvés à Alonei Abba, soit environ 3 km de l'endroit où le chasseur F-16 israélien s'est écrasé. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des fragments d'un missile syrien ont été retrouvés à Alonei Abba, soit environ 3 km de l'endroit où le chasseur F-16 israélien s'est écrasé.

Photo : Reuters / Ronen Zvulun

Téhéran nie, le Hezbollah jubile

De son côté, le commandant des gardiens de la révolution iranienne, le général Hossein Salami, n’a pas confirmé qu’Israël avait abattu un drone.

Le centre des opérations conjointes de l’armée syrienne et de ses alliés a nié qu’un drone ait violé l’espace aérien israélien.

« L’ennemi israélien a de nouveau attaqué certaines de nos bases militaires dans le sud et notre défense aérienne a repoussé cette agression », a indiqué le ministère syrien de la Défense sur son site Internet.

Au Liban, le Hezbollah (organisation pro-iranienne, qui soutient le régime de Damas) a estimé que la perte du F-16 israélien marquait « le début d'une nouvelle phase stratégique » qui limiterait à l'avenir les incursions israéliennes dans l'espace aérien syrien.

« Les événements d'aujourd'hui signifient que les vieilles équations sont définitivement caduques », a dit le mouvement chiite dans un communiqué.

Moscou « préoccupée », Washington appuie

Le ministère russe des Affaires étrangères s'est dit vivement préoccupé, samedi, par l'évolution de la situation en Syrie et a invité les différentes factions à la retenue.

« Nous appelons l'ensemble des parties à faire preuve de retenue et à éviter tout acte susceptible de compliquer un peu plus la situation », a-t-il indiqué.

À Washington, le Pentagone a indiqué que l'armée américaine n'avait pas participé à l'opération militaire israélienne. Mais selon un porte-parole, « Israël est notre plus proche partenaire dans la région et nous soutenons totalement le droit inaliénable d'Israël à se défendre face aux menaces contre son territoire et ses habitants ».

« Nous partageons l'inquiétude de nombreux acteurs de la région face aux activités déstabilisatrices de l'Iran qui menacent la paix et la sécurité internationales », a ajouté le porte-parole du Pentagone, Adrian Rankine-Galloway, réclamant à la communauté internationale « une plus grande détermination face aux agissements de l'Iran. »

Syrie : l'engrenage de la guerre

Des échos à l'ONU

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé samedi à une désescalade immédiate en Syrie.

M. Guterres « suit de près l'alarmante escalade militaire en Syrie et la dangereuse extension [du conflit] au-delà de ses frontières », a déclaré dans un communiqué son porte-parole Stéphane Dujarric.

Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies examinent pendant ce temps un projet de résolution demandant l'instauration d'un cessez-le-feu de 30 jours sur l'ensemble du territoire syrien pour permettre la livraison urgente de matériel d'aide humanitaire.

Les négociations doivent commencer lundi.

Avec les informations de Agence France-Presse, CNN, Reuters, et Associated Press

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