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Affaire McArthur : témoignage de la propriétaire de la maison « aux horreurs »

Photo d'une banderole de police jaune près d'une maison. Une remorque de la police est garée devant la propriété.
Une maison de la rue Mallory Crescent où Bruce McArthur aurait pu enterrer des membres de certaines victimes présumées. Photo: Radio-Canada / Lisa-Marie Fleurent
Radio-Canada

Après trois semaines, les résidents de la maison où les restes de six personnes ont été retrouvés dans le cadre de l'enquête sur le présumé tueur en série Bruce McArthur peuvent rentrer chez eux. En entrevue à l'émission de CBC Metro Morning, vendredi matin, Karen Fraser, a raconté son cauchemar.

Un texte de Lisa Marie Fleurent

Dans quel état d'esprit allez-vous retourner dans votre maison?

« Nous allons vraiment le savoir lorsque nous mettrons les pieds dans notre maison. Mais en même temps, il s'agit de notre maison que nous aimons. C'est une tragédie sans nom, mais nous ne laisserons pas cela nous gâcher la vie. »

Il n'y a rien qui vous prépare à ça dans la vie.

Karen Fraser, propriétaire de la maison

Comment avez-vous réagi, jeudi après-midi, lorsque vous avez appris que des restes humains d'une sixième victime ont été découverts sur votre propriété?

« Aussi bouleversée que la première fois. Je crois que dans mon esprit, je m'étais faite à l'idée que c'étaient cinq victimes... Et là une sixième. [...] Ça m'a vraiment bouleversée. Ce n'est pas fini... Où tout cela va-t-il nous mener? »

Pourquoi avez-vous voulu participer à une veillée dans le quartier gai en l'honneur des victimes?

« Ce qui est arrivé à moi et mon mari, c'est contrariant et bouleversant, mais c'est temporaire. Ce qui est arrivé à la communauté gaie, aux victimes et aux familles des victimes restera à jamais. Je tenais à participer à cet événement pour démontrer mon soutien à la communauté gaie de Toronto. »

 Les cinq victimes présumées (haut en bas) : Majeed Kayhan, Soroush Mahmudi, Dean Lisowick, Andrew Kinsman et Selim Esen.Les cinq victimes présumées (haut en bas) : Majeed Kayhan, Soroush Mahmudi, Dean Lisowick, Andrew Kinsman et Selim Esen. Photo : Police de Toronto

Vous connaissiez Bruce McArthur depuis dix ans. Comment concevez-vous votre amitié avec lui et les chefs d'accusation qui pèsent contre lui?

« Je pense qu'il y a des portes dans mon esprit que je ne veux pas ouvrir. De temps en temps, l'une de ces portes s'entrouvre. Viennent ensuite la terreur et l'horreur que les victimes ont dû vivre. J'essaie alors de refermer cette porte rapidement. Nous faisons de mauvaises blagues sur Bruce McArthur, peut-être que certains trouvent ça de mauvais goût, mais cela nous aide à passer à travers. »

Quand avez-vous vu Bruce McArthur pour la dernière fois?

« Ça devait être au jour de l'An. Il était venu nous porter des décorations de Noël, un peu plus tôt cet hiver, pour une œuvre de bienfaisance. À ce moment-là, il m'a fait comprendre qu'il aimerait l'une de mes tartes à la viande. Le 1er janvier, il est passé à la maison me rendre l'assiette, dans laquelle je lui avais cuisiné la tarte à la viande. C'est la dernière fois que je l'ai vu. »

Karen Fraser et son mari, Ron Smith, vivent dans cette maison depuis 32 ans. Le couple compte maintenant organiser des « cérémonies de purification » auxquelles les membres de la communauté seront invités pour apporter « des énergies positives là où des choses tragiques ou indésirables sont arrivées ».

Justice et faits divers