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Suncor conteste l’injonction contre les tests de dépistage aléatoires

L'installation minière de Suncor le long de la rivière Athabasca.

L'installation minière de Suncor le long de la rivière Athabasca, vue d'un tour en hélicoptère des sables bitumineux près de Fort McMurray.

Photo : The Canadian Press / Jeff McIntosh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La pétrolière Suncor est de retour en cour pour contester l'injonction temporaire qui lui interdit de faire des tests aléatoires de dépistage de drogue sur ses employés. Cette injonction a été mise en place en décembre, après qu'un juge d'Edmonton se soit rangé du côté du syndicat Unifor, qui soutient que ces tests portent atteinte aux droits des travailleurs.

Un texte de Héloïse Rodriguez

Selon Sneh Seetal, la porte-parole de Suncor, les tests de dépistage aléatoires sont nécessaires pour assurer la sécurité des travailleurs, car les mesures actuelles ne sont pas suffisantes.

« On continue de voir des incidents au niveau de la sécurité dans la région de Wood Buffalo, où l’alcool et de la drogue sont présents, dit-elle. On a une responsabilité d’offrir un environnement de travail sécuritaire, et on ne serait pas en train de faire ça si on ne croyait pas que c’était absolument nécessaire ».

Quelques chiffres, selon Suncor :

  • 3 376 incidents liés à l’alcool et aux drogues (entre 2004 et novembre 2017);
  • 320 échecs de tests de dépistage de drogue et d’alcool (entre octobre 2003 et le 31 octobre 2017;
  • 26 décès, dont au moins 6 où les drogues ou l’alcool étaient un facteur.

Pour l’instant, Suncor a le droit d’effectuer des tests de dépistage de drogue et d'alcool lors de l’embauche ses employés. Par la suite, les travailleurs peuvent être soumis à des tests s’ils sont partie prenante d'un incident sur leur chantier de travail.

Une « atteinte la vie privée »

Le président de la section locale du syndicat Unifor, Ken Smith, répète depuis le début que les tests de dépistage aléatoires ne sont pas la solution.

Comme il y a plusieurs milliers d’employés sur le site de Suncor dans la région de Wood Buffalo, dit-il, ça pourrait prendre des années avant que quelqu’un soit sélectionné pour un test de dépistage de drogue.

Ken Smith ne croit pas que ces tests vont décourager les travailleurs de consommer, mais plutôt leur causer un stress important.

« [C’est] l’idée que vous pourriez avoir à subir un test à tout moment, que vous deviez y aller et vous soumettre à une atteinte à votre privée et votre dignité. [...] Le sous-entendu quand vous y allez, c’est que vous avez fait quelque chose de mal », s'insurge Ken Smith.

Un long processus en justice

C’est en 2012 que Suncor a décidé d’implanter des tests aléatoires de dépistage de drogue et d’alcool dans des lieux de travail à plus haut risque, comme celui dans la région de Wood Buffalo. Cette décision a été contestée par le syndicat Unifor, qui a fait une demande d’injonction à la Cour du Banc de la Reine, avant que ces tests puissent entrer en vigueur.

Les deux parties se sont alors soumises à l'arbitrage, où le syndicat a obtenu gain de cause. Trois ans plus tard, un juge de la Cour d’appel a infirmé cette décision et a ordonné la tenue d’une nouvelle audience.

En septembre 2017, Suncor a obtenu la permission de recommencer les tests aléatoires de dépistage, mais en décembre, Unifor a obtenu une injonction temporaire.

Les avocats de Suncor ont fait appel de cette décision jeudi.

En parallèle, le syndicat a demandé à la Cour suprême du Canada d’entendre sa cause. Si le plus haut tribunal refuse, les deux parties devront retourner en arbitrage.

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