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Où sont nés les athlètes canadiens qui sont à Pyeongchang?

Quinze des dix-neuf patineurs qui représenteront le Canada en longue piste aux Jeux olympiques de Pyeongchang.

Quinze des dix-neuf patineurs qui représenteront le Canada en longue piste aux Jeux olympiques de Pyeongchang

Photo : dave holland/canadian sport inst / Dave Holland

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les athlètes qui se sont envolés pour la Corée du Sud proviennent surtout de l'Ontario, de l'Alberta et du Québec et bien peu sont nés à l'extérieur du Canada, comparativement à la délégation envoyée à Rio à l'été 2016.

Un article de Jean-Philippe Guilbault

Alors que 11 % des athlètes représentant le Canada aux derniers Jeux olympiques d’été étaient nés à l’extérieur du pays, 7 % de la délégation canadienne à Pyeongchang est née à l'extérieur du Canada.

C’est l’Ontario, l’Alberta et le Québec qui envoient le plus d’athlètes aux Jeux olympiques cette année. Les villes de Calgary, Toronto, Edmonton et Québec ont vu naître le plus d’athlètes canadiens pour cette mouture olympique, suivies par Montréal et Ottawa.

Les athlètes canadiens à Pyeongchang qui sont nés à l'étranger viennent surtout des États-Unis. Des Européens (Ted-Jan Bloemen, Mirela Rahneva, Wojtek Wolski) défendent également les couleurs du Canada.

Pour leur part, le bobeur Lascelles Brown est d’origine jamaïcaine et a obtenu sa citoyenneté canadienne en 2006, son confrère, Oluseyi Smith, d’origine nigériane, a d’abord été membre de l’équipe canadienne de course à relais à Londres en 2012 avant de passer à une discipline hivernale en 2017.

Keri Morrison est pour sa part née à Niiza, au Japon, où son père, un physicien nucléaire, travaillait. Elle n'y a passé que 28 jours.

Pour suivre l'actualité entourant les Jeux olympiques de Pyeongchang 2018 : https://jeuxolympiques.radio-canada.ca (Nouvelle fenêtre)

L’importance des centres nationaux

Au-delà de la ville de naissance, les lieux où habitent maintenant ces athlètes en disent beaucoup sur l’organisation du sport de haut niveau au Canada. Près de la moitié des athlètes qui participent aux Jeux olympiques d’hiver de 2018 habitent soit à Calgary, à Montréal, à Canmore, à Toronto ou à Whistler.

« L’organisation de compétitions olympiques ou internationales sportives amène tout un développement d’infrastructures derrière, explique Tegwen Gadais, professeur au Département des sciences de l’activité physique de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Ces infrastructures restent historiquement dans des endroits ou des pôles, des grandes villes ou des centres d’intérêt où il y a eu par le passé un certain nombre d’événements sportifs. »

Calgary, qui a accueilli les Jeux olympiques d’hiver en 1988, abrite le complexe WinSport qui comprend une piste olympique de bobsleigh, de luge et de skeleton et elle accueille également le centre national d’entraînement de l’équipe de curling.

L’aréna Maurice-Richard de Montréal, un legs des Jeux olympiques de 1976, abrite le Centre national d’entraînement du patinage de vitesse sur courte piste alors que Canmore est le lieu de prédilection d’entraînement pour les équipes de biathlon et de ski de fond.

Suivre les traces de ses héros

Un autre élément qui peut influencer le développement d’athlètes dans certaines régions est constitué par les exploits de prédécesseurs provenant d’une même ville ou d’une même province.

« Il y a un programme olympique en vigueur au Canada qui est en charge de développer des infrastructures et des programmes. Ça fait en sorte qu’il y a des athlètes qui sont reconnus dans leur sport qui sont appelés à aller dans les écoles pour parler du sport et de leur vie d’athlètes. »

M. Gadais précise également que des « lignées d’entraîneurs » peuvent favoriser le développement de pôles d’excellence pour certaines disciplines à des endroits bien précis.

Le patineur Marc Gagnon riant lors d'une conférence de presse pendant les Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le patineur de vitesse Marc Gagnon, ici à Salt Lake City en 2002, est depuis 2014 l'entraîneur en chef du Centre régional canadien d’entraînement en patinage de vitesse sur courte piste de Montréal.

Photo : Reuters / David Loh

Contrairement aux entraîneurs dans les équipes de la LNH, par exemple, les entraîneurs de certaines disciplines peuvent rester à leur poste malgré une série d’échecs. « Ces entraîneurs peuvent rester dans ces pôles et ont la possibilité pendant 5 ans ou 10 ans de développer un certain nombre d’athlètes. Il y a donc des générations entières qui se forment sous ces encadrements particuliers. Ces éléments-là amènent à créer un certain engouement auprès des athlètes », ajoute M. Gadais.

Il cite l'exemple du ski acrobatique au Québec pour lequel le centre de développement est très développé comparativement à celui des autres provinces. En fait, 12 des 30 skieurs acrobatiques canadiens à Pyeongchang proviennent d’ailleurs du Québec.

Une question d’argent

Le professeur Gadais rappelle que, comparativement aux disciplines des Jeux d’été, les sports d’hiver demeurent plus coûteux et ne sont pas à la portée de tous.

« Il y a des activités assez traditionnelles populaires comme le hockey, qui peuvent aussi bien être pratiquées par des classes plus pauvres que plus élevées. Il y a des sports qui sont à tendances plus bourgeoises. Pour faire du ski, ça prend des skis et l’équipement et puis ça prend des abonnements pour les stations et une série d’infrastructures. »

M. Gadais précise que c’est au moment de poursuivre une carrière plus sérieusement que l’enjeu monétaire devient un facteur important, notamment pour déménager vers les centres d’entraînement.

« Ce qu’on a vu dans les derniers temps au Canada et au Québec, c’est que ce sont principalement des athlètes avec un certain revenu qui sont poussés à persévérer. »

Avec la collaboration de Djavan Habel-Thurton

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