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Les candidats à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario s'intéressent-ils aux Franco-Ontariens?

Photo des trois candidats

Christine Elliott, Doug Ford et Caroline Mulroney dans la course au leadership du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Photo : CBC/Patrick Morrell - La Presse canadienne/Christopher Katsarov - Caroline Mulroney

Radio-Canada

Bien des francophones observent la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario et se demandent si les enjeux qui les touchent seront pris en considération au cours des prochaines semaines et des prochains mois avec les élections générales qui approchent.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Sous l'ancien chef Patrick Brown, le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario avait amorcé un rapprochement vers les francophones.

L'ex-chef conservateur ontarien Patrick Brown lors du congrès de son parti en novembre.

Le chef dconservateur ontarien Patrick Brown lors du congrès de son parti en novembre.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Patrick Brown disait qu'il n'y avait peut-être pas toujours eu de compétition avec les libéraux pour courtiser les francophones, mais que cette situation était en train de changer.

Est-ce que ce sera toujours le cas avec un nouveau chef?

Nous, on va suivre ça de près.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario
L'homme est debout dans un corridor et fait face à la caméra

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin

Photo : Radio-Canada / Raphaël Tremblay

L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) a demandé aux trois candidats déclarés de remplir un questionnaire pour connaître leurs priorités sur les enjeux francophones.

Il s'agit du questionnaire qui sera aussi envoyé à tous les partis lors de la campagne électorale au printemps.

Avec l'arrivée d'un nouveau chef, l'AFO veut s'assurer que les engagements contenus dans la plateforme progressiste-conservatrice pour la francophonie seront maintenus, que le poste de conseiller aux affaires francophones au bureau du chef du parti sera rétabli et que le prochain chef s'engagera à suivre des cours de français, sans nécessairement devenir parfaitement bilingue.

L'AFO a déjà rencontré Caroline Mulroney jeudi et a aussi demandé à rencontrer les autres candidats au cours des prochains jours.

Le français dans la course

Pour l'instant, le français semble absent de la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario. Une course qui se joue beaucoup sur Twitter. Aucune campagne ne semble avoir envoyé de messages, de slogans ou quoi que ce soit en français.

La seule candidate bilingue, Caroline Mulroney, a dit que la situation serait corrigée lorsque Radio-Canada l'a portée à son attention.

Le monde des médias sociaux est nouveau pour moi. Je vais me mettre, merci, à écrire des gazouillis en français.

Caroline Mulroney, candidate à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Christine Elliott souligne que la campagne n'en est qu'à ses débuts et affirme que les choses changeront très bientôt, « du moins pour [sa] campagne ».

Les promesses jusqu'ici

Dans la plateforme progressiste-conservatrice de l'Ontario, il est indiqué que :

Patrick Brown et les progressistes-conservateurs de l'Ontario soutiennent l'ouverture d'une université francophone autonome en Ontario, et vont assurer qu'elle a le soutien requis pour former plus de professeurs de français. Ils vont aussi prendre des mesures pour promouvoir la prestation des services gouvernementaux en français dans la province.

Source : La Garantie aux gens, Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Ces promesses n'ont été remises en question par aucun candidat jusqu'ici. Mais personne n'a soulevé ces enjeux dans les discussions non plus. La course est encore jeune.

Quant à nous, oui, ça devrait faire partie de la course à la direction.

Carol Jolin, président, Assemblée de la francophonie de l'Ontario
Doug Ford, candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Doug Ford, candidat à la direction du Parti progressiste-conservatuer de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lamoureux

Doug Ford soutient qu'il respectera ces promesses, sans préciser ses priorités. En fait, quand on lui demande quelle est l'importance pour un chef de parti ontarien de parler français, il répond qu'il est nécessaire de pouvoir communiquer avec le Québec.

C'est important de communiquer avec une autre partie du pays qui parle le français. J'aime le Québec. J'aime les Québécois; ils sont passionnés. Je les aime à cause de leur passion.

Doug Ford, candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Quand on lui rappelle qu'il y a environ 600 000 francophones dans la province, il dit qu'il veut bâtir des liens avec toutes les communautés, particulièrement les francophones. Il veut être capable de communiquer avec les Franco-Ontariens.

Christine Elliott

Christine Elliott

Photo : CBC/Patrick Morrell

Christine Elliott est catégorique sur les engagements formulés dans le programme électoral.

Elle souhaite les conserver et ajoute qu'elle veut s'attaquer à la pénurie de professionnels de la santé en français, spécialement en santé mentale.

Elle en a saisi toute l'importance lors de son passage comme ombudsman des patients de l'Ontario alors qu'elle a travaillé étroitement avec le commissaire aux services en français, François Boileau.

C'est tellement important de communiquer dans sa langue maternelle, particulièrement pour les services de santé mentale, pour établir un bon rapport avec son thérapeute. Et on sait que ces services ne sont pas toujours disponibles partout à travers la province. C'est quelque chose de prioritaire à résoudre.

Christine Elliott, candidate à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Caroline Mulroney n'était pas disponible pour réaliser une entrevue sur les enjeux francophones.

Lors d'un événement partisan en début de semaine, elle a dit en anglais qu'elle avait hâte de parler aux Franco-Ontariens des enjeux qui les préoccupent.

Au cours d'une entrevue lundi pour le lancement de sa campagne, elle a aussi parlé de l'importance du français dans sa vie.

J'ai grandi à Ottawa. C'est une communauté bilingue. Pour moi, la francophonie de l'Ontario, c'est très important.

Caroline Mulroney, candidate à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Un chef de parti doit-il être bilingue?

Caroline Mulroney, candidate à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Caroline Mulroney, candidate à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

Sur les trois candidats dans la course, seule Caroline Mulroney est bilingue et peut communiquer sans difficulté avec les francophones.

Christine Elliott suit des cours de français depuis deux ans à l'Alliance française à raison de deux heures par semaine. Elle espère pouvoir parler en français à l'Assemblée législative si elle est élue en juin prochain et pouvoir communiquer directement avec les francophones bientôt.

Doug Ford dit avoir appris le français à l'école il y a longtemps et est prêt à s'engager à suivre des cours de français.

Je serai occupé, mais il n'y a rien de mal à prendre du temps pour apprendre le français chaque semaine. Je pense que je vais l'apprendre rapidement.

Doug Ford, candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

Si l'AFO souhaite que le prochain chef maîtrise au moins les bases du français, le Regroupement étudiant franco-ontarien estime qu'il n'est pas nécessaire d'être francophone pour faire avancer la communauté.

Même si une personne n'est pas francophone, ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas une alliée de la communauté... Il reste à voir ce que ces personnes ont à dire pour faire avancer la communauté francophone.

Josée Joliat, coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien

Même son de cloche du candidat progressiste-conservateur d'Orléans, Cameron Montgomery, qui n'a pas décidé qui il appuiera dans la course.

C'est important d'avoir un chef efficace qui répond aux besoins des gens. Ce n'est pas tout le monde qui a eu l'opportunité d'apprendre le français. Donc il faut quand même avoir une ouverture face à la francophonie.

Cameron Montgomery, candidat progressiste-conservateur de l'Ontario, Orléans

Le nouveau chef progressiste-conservateur de l'Ontario sera choisi le 10 mars prochain.

Toronto

Politique provinciale