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Différents types de poumons, dont certains associés aux maladies pulmonaires

Illustration d'un poumon sain et d'un poumon atteint de la MPOC.
Le tabagisme est responsable de la MPOC, quatrième cause de mortalité à l’échelle mondiale, dans 85 % des cas, mais la pollution atmosphérique et des prédispositions génétiques sont aussi associées. Photo: getty images/istockphoto / Nerthuz

L'anatomie interne des poumons diffère d'une personne à une autre, et certaines de ces variations sont associées à un risque plus élevé de développer une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), ont découvert des chercheurs américains et canadiens.

Un texte d'Alain Labelle

Ces différences sont facilement détectables par un examen d’imagerie. Elles peuvent être observées dans les grandes voies aériennes des lobes inférieurs des poumons.

Ces variations touchent des sections des voies aériennes qu’on pourrait comparer aux doigts de la main. En fait, c’est comme si le quart d’entre nous possédait quatre ou six doigts plutôt que cinq.

Dr R. Graham Barr, Université Columbia

Selon les chercheurs de l’Université Columbia et de l’Université McGill qui ont réalisé les travaux, les personnes qui présentent certaines de ces variations structurales sont plus enclines à nécessiter des traitements personnalisés au cours de leur vie.

La MPOC est une maladie pulmonaire évolutive habituellement associée au tabagisme. Quatrième cause de mortalité à l’échelle mondiale, cette maladie associée au tabagisme endommage lentement les voies aériennes (les tubes qui font entrer et sortir l’air des poumons) et mène à la bronchite et à l’emphysème.

La bronchite chronique fait gonfler les voies aériennes et les remplit de mucus, ce qui empêche d’expulser l’air des poumons.

L’emphysème endommage les sacs d’air (alvéoles) des poumons, ce qui empêche l’alimentation du corps en oxygène.

En bref

  • Au Canada, plus de 800 000 personnes ont un diagnostic de MPOC. Ce chiffre ne représenterait qu’une estimation, puisque cette maladie est sous-diagnostiquée.
  • La MPOC est la 4e cause de décès au Canada.
  • Le tabagisme est responsable de la MPOC dans 85 % des cas
  • La pollution atmosphérique et des prédispositions génétiques sont aussi associées.

Confirmer une observation

L’auteur principal de l’étude, le professeur adjoint au département de médecine de l’Université McGill Benjamin Smith, avait constaté que des variations des grandes voies aériennes des poumons avaient été précédemment signalées au cours d’autopsies.

Il a voulu vérifier la fréquence de ces variations dans la population générale, mais aussi leur lien possible avec la MPOC.

Pour ce faire, il a révisé avec ses collègues pas moins de 3000 tomodensitogrammes de patients obtenus dans le cadre de l’étude MESA (Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis) axée sur la fonction pulmonaire.

Illustration des types de variations pulmonaires.Les types de variations pulmonaires. Photo : Université Colombia

L’arbre respiratoire en question

Ce que les chercheurs ont découvert est bien surprenant : environ 16 % des gens présentent une section de voies aériennes excédentaire dans les poumons, et 6 % ont une section manquante, alors que 4 % affichent une combinaison de variantes ou une configuration différente.

Ainsi, pour le quart de la population adulte, les voies aériennes centrales, qui se formeraient en bas âge, présentent une configuration atypique, associée à une prévalence accrue de MPOC chez les adultes plus âgés.

Benjamin Smith

Une autre observation intéressante : l’une de ces variations est associée à la MPOC chez les fumeurs et les non-fumeurs, alors que l’autre, seulement chez les fumeurs

« Nous avons été très surpris d’observer autant de variations dans la partie supérieure des voies aériennes des poumons », explique le médecin et chercheur R. Graham Barr, de l'Université Columbia.

Des risques plus élevés

Les personnes qui présentent une section de voies aériennes excédentaire, le risque de MPOC est 40 % plus élevé que chez celles dont l’anatomie des poumons est normale.

Les personnes dont une section de voies aériennes est manquante risquent presque deux fois plus d’être atteintes de MPOC que les autres, mais seulement en cas d’antécédents de tabagisme.

Ces conclusions ont été vérifiées dans le cadre d’une seconde étude menée chez près de 3000 patients atteints ou non de MPOC.

D’autres travaux permettront de confirmer si des interventions préventives ou thérapeutiques fondées sur la présence de telles variations de l’arbre respiratoire pourraient améliorer l’issue du traitement.

L’abandon du tabac, meilleur allié

Par ailleurs, cette recherche a également permis de déceler une variation des voies aériennes fréquente parmi les membres d’une même famille et qui est associée à un risque accru de MPOC chez les non-fumeurs. Celle-ci pourrait être attribuable à un facteur génétique.

Ce ne sont pas tous les fumeurs qui présentent une MPOC, et jusqu’à 25 % des personnes atteintes n’ont jamais fumé. En outre, la prévalence de la maladie ne diminue pas aussi vite que la baisse du nombre de fumeurs.

R. Graham Barr, de l'Université Columbia

Les auteurs de cette étude publiée dans les annales de l’académie américaine des sciences (Nouvelle fenêtre) (PNAS) rappellent que, peu importe les nouvelles découvertes, l’abandon du tabac demeure le meilleur remède à la MPOC.

Recherche médicale

Science