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Gaspésie-Les Îles : taux de suicide alarmant, services d'aide limités

Il n'a a aucun centre de prévention du suicide et d'intervention de crise en Gaspésie

Il n'a a aucun centre de prévention du suicide et d'intervention de crise en Gaspésie

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est celle qui affiche le deuxième plus haut taux de suicide au Québec, derrière l'Abitibi-Témiscamingue. Malgré cette donnée, il n'y a toujours pas de centre de prévention et d'intervention de crise pour les personnes qui en ont besoin.

Un texte de Martin Toulgoat

Les cas les plus lourds sont confiés aux CLSC ou aux hôpitaux.

Pour les Gaspésiens, le Centre de prévention du suicide et d'intervention de crise le plus près est à Rimouski.

Mais, il est pratiquement impossible pour ses intervenants de se rendre sur le terrain, en raison de la distance.

Le Centre de prévention du suicide et d'intervention du Bas-Saint-Laurent offre donc une ligne d'intervention téléphonique, disponible à toute heure du jour. Ce service est disponible en vertu d’une entente avec le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie. Les demandes d’aides sont nombreuses.

« Ça va jouer, par année, entre 900 et 1 200 demandes », explique le directeur général du Centre de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-Saint-Laurent, Louis-Marie Bédard.

Puisqu'on est une ligne d'intervention et non pas d'écoute, ça peut générer trois appels pour un téléphone, donc ça peut tourner entre 6 000 ou 7 000 actions d'intervention en lien avec la Gaspésie. C’est énorme.

Louis-Marie Bédard, directeur général, Centre de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-Saint-Laurent
Louis-Marie Bédard, directeur général du Centre de prévention du suicide et d'intervention du Bas-Saint-Laurent

Jean-Marie Bédard, directeur général du Centre de prévention du suicide et d'intervention du Bas-St-Laurent

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Louis-Marie Bédard, refuse de montrer du doigt le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie pour expliquer l'absence d'un centre comme le sien. Il parle plutôt d'un manque de volonté politique de la part du gouvernement Couillard.

Il constate une rupture de service entre l'appel de détresse et le suivi sur le terrain.

On se fait répondre un peu partout à propos de la Gaspésie, c'est que le territoire est très grand et qu'on n'envisage pas d'organisation comme les nôtres en raison de la grandeur du territoire. Il y a des régions où les territoires sont extrêmement grands, je pense à l'Abitibi qui a six centres de prévention du suicide. La Gaspésie, y'en a zéro.

Louis-Marie Bédard, directeur général, Centre de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-Saint-Laurent

80 % des suicides en Gaspésie sont commis par des hommes.

Taux de suicide plus élevé en Gaspésie

Taux de suicide plus élevé en Gaspésie

Photo : Radio-Canada

Le réseau de la santé en contrôle de la situation

De son côté, le CISSS de la Gaspésie assure que le réseau de la santé répond aux besoins.

« Bien sûr, tout le territoire, dans tous les points de service, il y a des intervenants qui sont qualifiés pour intervenir auprès d'une personne suicidaire, selon les bonnes pratiques, nuance la responsable de la prévention en santé mentale au CISSS de la Gaspésie, Nancy Gédéon. On a aussi des formateurs du réseau sentinelle, ça ce sont des gens qui sont formés pour aller dans les milieux de travail pour donner des formations dans les établissements ou les organismes où il y a une clientèle plus vulnérable. »

Mais parce que des pensées suicidaires peuvent aussi arriver en soirée ou durant la nuit, les Gaspésiens n'ont d'autres choix que de se présenter à l'urgence de l'hôpital le plus près, en raison de l'absence d'un lieu d'hébergement qui offre des services spécialisés 24 heures sur 24.

Implanter un tel établissement coûterait 1 million de dollars, selon la direction du Centre de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-Saint-Laurent.

La 28e Semaine nationale de prévention du suicide se poursuit jusqu’au 10 février.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Santé mentale