•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crevette nordique : importante baisse des stocks pour la prochaine saison

Crevettes nordiques
Crevettes nordiques Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les scientifiques de Pêches et Océans prévoient une diminution de plus de 40 % des stocks de crevette nordique pour la prochaine saison, comparativementau quotas fixés en 2017.

Un texte de Joane Bérubé

Les scientifiques notent une baisse importante de la biomasse dans toutes les zones de pêche et estiment que cette tendance se poursuivra à court terme. En conséquences, les prélèvements qui seront recommandés pour la prochaine saison seront tous revus à la baisse dans les quatre zones de pêche.

Estuaire

  • TAC 2017 : 921 t
  • Prélèvement projeté 2018 : 239 t
  • Total : - 74 %

Sept-Îles

  • TAC 2017 : 10 715 t
  • Prélèvement projeté 2018 : 4267 t
  • Total : - 60 %

Anticosti

  • TAC 2017 : 8084 t
  • Prélèvement projeté 2018 : 5722 t
  • Total : - 29 %

Esquiman

  • TAC 2017 : 7012 t
  • Prélèvement projeté 2018 : 5508 t
  • Total : - 21 %

Les recommandations du Comité consultatif de la crevette de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent seront analysées par le ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, qui déterminera en mars prochain quels seront les quotas autorisés pour la prochaine saison.

Ces recommandations corroborent toutefois des observations qui permettaient déjà aux flottilles d’anticiper une diminution de quotas.

Les pêcheurs ont rapporté à quai 22 431 tonnes de crevettes l’an dernier sur un quota autorisé de 26 732 tonnes. Seulement 68 % du total autorisé des captures (TAC) a été atteint dans la zone de pêche de Sept-Îles.

Selon les données, les scientifiques considèrent que les stocks de Sept-Îles et d’Escoumins sont dans une zone de prudence et que ceux d’Anticosti et d’Esquiman sont encore dans la zone saine, mais s’approchent de la zone de prudence.

Usine des Fruits de mer de l'Est du QuébecUsine des Fruits de mer de l'Est du Québec à Matane Photo : Radio-Canada

Même si les observations permettent de constater que la crevette nordique est encore répandue dans le golfe, les zones où se concentre l’espèce sont par contre en diminution depuis 2008.

Réchauffement et sébaste

En fait, la crevette nordique pourrait être une des premières victimes du réchauffement de l’eau du Saint-Laurent. Les scientifiques observent, avec le réchauffement des eaux profondes, que la crevette a pondu, en 2017, 24 jours plus tard que la moyenne observée jusqu’à maintenant.

Elle est aussi devenue mature 50 jours plus tard que la moyenne.

Crevettes nordiquesCrevettes nordiques Photo : Radio-Canada

La crevette est aussi une proie de choix pour le sébaste qui se fait de plus en plus abondant dans le golfe et l’estuaire. D’ailleurs, la cohorte de 2011 devrait arriver cette saison à la taille minimale autorisée pour une pêche commerciale.

La prochaine évaluation des stocks de sébastes aura lieu à la mi-mars.

Au cours des trois dernières années, les taux de captures de crevettes ont été en diminution dans les quatre zones de pêche commerciale et s’établissent maintenant au niveau de ce qu’ils étaient dans les années 2000.

Le vérificateur général a d’ailleurs demandé que soit réévalué le Plan de gestion intégré de la crevette nordique afin d’assurer une exploitation durable de la ressource. Les résultats devraient être disponibles à la fin du mois de mars.

Réactions à Sept-Îles

Si la baisse se matérialise, elle aura des impacts sur plusieurs joueurs de l’industrie et sur les consommateurs.

Le directeur général de la poissonnerie Fortier à Sept-Îles, Jean-Christophe Dubreuil, rappelle toutefois que les prix, dictés par le marché international, risquent d’augmenter en raison de la rareté.

Jean-Christophe Dubreuil, directeur général de la poissonnerie Fortier à Sept-ÎlesJean-Christophe Dubreuil, directeur général de la poissonnerie Fortier à Sept-Îles Photo : Radio-Canada

Le commerçant relève qu’il est toutefois important de protéger la ressource. « C’est, dit-il, quelque chose de responsable à faire même si c’est certain qu’il va y avoir des problèmes d’opération pour les pêcheurs et les transformateurs. »

L’an dernier, la valeur au débarquement des contingents de crevette nordique a été évaluée à 87 millions de dollars. Le prix moyen au débarquement pour les pêcheurs du Québec s’est élevé à 1,07 $ la livre.

Industrie des pêches

Économie