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Une demandeuse d'asile sur six fuit la persécution dans son pays

Une femme migrante pleure

Khadija (nom fictif) affirme avoir quitté son pays pour fuir son mari violent

Photo : Radio-Canada / Brett Purdy

Radio-Canada

Une enquête de Radio-Canada/CBC démontre qu'une femme qui demande l'asile au Canada sur six fuit la persécution dont elle est victime.

L’enquête révèle que la moitié de ces femmes disent qu'elles fuyaient des conjoints ou des membres de famille violents. D’autres le font pour échapper à des mariages forcés ou pour éviter de subir des mutilations génitales.

Deka et Khadija (prénoms fictifs) ont encore des cicatrices sur le visage et la tête à cause des coups reçus de la part de leurs maris à Djibouti. Elles espèrent maintenant que le Canada leur permettra de rester ici en tant que réfugiées.

« J'ai été dans une relation violente au cours des 10 dernières années et je ne pouvais pas obtenir de protection dans mon pays, c'est pourquoi j’ai fui avec mon fils pour venir au Canada », affirme Deka, qui nous a demandé de cacher son identité. Elle a encore trois autres enfants qui vivent avec leur père à Djibouti.

Pour sa part, Khadija raconte que son mari la battait constamment. « Il a épousé une autre femme et il a continué à me maltraiter; je suis partie, car je ne pouvais plus le supporter », affirme-t-elle.

Deka et Khadija se sont rencontrées au poste frontalier d'Emerson au Manitoba en avril 2017 après avoir traversé illégalement la frontière canado-américaine.

Les statistiques de l'Agence des services frontaliers du Canada montrent que la Gendarmerie royale du Canada a intercepté 1018 personnes en provenance des États-Unis à la frontière du Manitoba. Le nombre total de demandeurs d'asile interceptés l'an dernier au Canada était de 20 593, le Québec arrivant en tête avec 18 836.

Les statistiques montrent que les demandes d'asile de femmes avaient légèrement plus de chances d'être acceptées que celles des hommes. Toutefois, les femmes qui ont invoqué la persécution sexiste étaient moins susceptibles de voir leurs demandes acceptées comparativement à celles qui fuyaient pour des raisons politiques, religieuses ou ethniques.

Entre 2013 et 2017, il y a eu 136 réclamations de ce type concernant des femmes de Djibouti. De ce nombre, 113, soit 83 %, ont été acceptées.

David H. Davis, un avocat spécialisé en droit de l'immigration à Winnipeg, affirme voir de nombreux cas de femmes provenant de pays africains qui demandent l’asile pour des raisons de persécution. Il dit que nombre de leurs demandes ont été acceptées.

Khadija et l'avocat de Deka espèrent que les Canadiens donneront la chance à ces femmes de se refaire une vie.

« Je veux que le public comprenne clairement que de nombreux candidats ont des histoires déchirantes et que nous devons les aider parce que nous sommes en fait le dernier recours qu'elles ont », affirme M. Davis.

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