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Les demandeurs d'asile ont plus de succès au Canada atlantique

Une petite fille souriante est enveloppée dans un drapeau canadien lors d'un point de presse.

Le taux d'acceptation des demandes de statut de réfugié était de 90 %, l'an derner, au Canada atlantique.

Photo : Getty Images / Richard Lautens

Radio-Canada

Une analyse des décisions de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada montre que la vaste majorité des requêtes des demandeurs du statut de réfugiés en Atlantique est acceptée.

En fait, pour les neuf premiers mois de l’année 2017, c’est 90 % des demandes qui ont été approuvées, selon les données obtenues par CBC grâce à la Loi d'accès à l'information.

Dans le reste du pays, 70 % des demandes ont été approuvées, en moyenne, au cours de la même période.

« Ça veut dire qu’il y a plus de gens qui obtiennent une protection… C’est une bonne chose », se réjouit Julie Chamagne, directrice générale d’un centre, à Halifax, l'Halifax Refugee Clinic, qui aide les nouveaux arrivants qui fuient la violence et la persécution dans leur pays d’origine à obtenir le statut de réfugiés.

Julie Chamagne, Halifax Refugee ClinicAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Julie Chamagne, Halifax Refugee Clinic

Photo : CBC/Robert Short

Comparativement au reste du pays, toutefois, le nombre de demandeurs d'asile au Canada atlantique est infime. De janvier 2013 à septembre 2017, il y en a eu 373, ce qui représente moins d’un demi pour cent du total au pays.

Ces données ne tiennent pas compte de ceux qui font une demande d'asile pendant qu’ils sont encore à l’étranger.

Des demandeurs d'horizons divers

Les candidats au statut de réfugié en Atlantique viennent majoritairement de la Libye, de la Syrie, de l’Iran et de Cuba. Ils font leur demande à différents points d’entrée au Canada, comme les aéroports, les ports et les postes frontaliers, ou pendant qu’ils séjournent déjà au Canada, comme étudiants ou touristes, par exemple.

Les données obtenues indiquent que, sur le plan national, la vaste majorité des demandes ont été présentées au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Une voyageuse avec ses bagages à l'aéroport.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ottawa compte accueillir 340 000 immigrants et réfugiés en 2020.

Photo : Associated Press / Julio Cortez

Selon Julie Chamagne, le taux élevé de succès des demandes au Canada atlantique s’explique par le fait qu’un nombre relativement faible d’entre elles ont été présentées à un point d’entrée au Canada.

Ces demandeurs ont moins de succès parce qu’ils doivent expliquer sur-le-champ à des douaniers pourquoi ils ont à craindre un retour dans leur pays.

C’est très difficile, lorsque vous vous trouvez devant des officiels en uniforme, d’expliquer la peur que vous ressentez, de parler du viol dont vous avez été victime ou de la torture, alors que vous n’avez pas eu le temps d’y penser et que vous ne connaissez pas bien le processus.

Julie Chamagne, Halifax Refugee Clinic

Souvent, dit Mme Chamagne, les demandeurs vont plutôt vanter la réputation du Canada comme terre d’accueil et exprimer leur désir de travailler pour faire vivre leur famille, ce qui peut être vu comme une preuve qu’ils cherchent à s’établir au Canada pour des raisons économiques et non pour assurer leur sécurité.

Beaucoup de demandes provenant d'étudiants et de touristes

Au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, où 80 % des demandes d'asile sont déposées, il y a eu une augmentation notable des demandes présentées par des gens qui sont déjà dans la région depuis un certain temps, comme des étudiants ou des touristes, selon Mme Chamagne.

Les guerres en Syrie, en Libye et au Yémen poussent les étudiants originaires de ces pays à vouloir rester au Canada. Souvent, les choses se sont dégradées dans leur pays en leur absence.

« Ils sont forcés, puisqu’ils ne peuvent rester au Canada avec un statut d’étudiant temporaire, à déposer une demande de réfugié », précise Mme Chamagne.

Un étudiant sur le campus de l'université Dalhousie à Halifax en N.-É.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un étudiant sur le campus de l'université Dalhousie à Halifax en N.-É.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Cette catégorie de demandeurs a plus de succès, selon elle, puisqu’ils ont le temps de bien préparer leur requête, souvent avec l’aide d’un avocat.

Un taux d'acceptation en hausse

Les données obtenues démontrent également que le taux d’acceptation des demandes au pays est en progression. Il était de 44 % en 2013 et de 70 % pour les neuf premiers mois de 2017.

Des experts croient que des réformes adoptées en 2012 ont favorisé les demandeurs : des audiences sur les demandes doivent maintenant être tenues en moins de 60 jours et la loi exige maintenant que les membres de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié donnent le bénéfice du doute aux demandeurs.

D'après un reportage de Jack Julian, CBC

Nouveau-Brunswick

Société