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Les Philippines achètent 16 hélicoptères de combat au Canada

Des hélicoptères stationnés sur un tarmac sont visibles derrière la silhouette d'un militaire faisant un salut.
Les forces armées des Philippines ont reçu en 2015 huit appareils Bell-412EP de Bell Helicopter Textron. Photo: The Associated Press / Bullit Marquez
Radio-Canada

Les Philippines ont conclu une entente de 233 millions de dollars avec le Canada pour l'achat de 16 hélicoptères de combat.

L'entente, annoncée mardi matin, prévoit que les hélicoptères Bell 412EPI seront livrés au début de l'année prochaine à l'occasion des vastes efforts déployés par le président Rodrigo Duterte pour moderniser ses forces armées et faire pression sur les régions agitées du pays.

Le ministre philippin de la Défense, Delfin Lorenzana, a signé le protocole négocié avec la Corporation commerciale canadienne, qui était autorisée à vendre les appareils militaires américains, construits au Canada.

Les hélicoptères sont fabriqués dans une usine de Mirabel, dans les Laurentides, qui emploie 900 personnes.

« Les hélicoptères seront utilisés pour les missions internes de l'armée, les opérations de sécurité », a indiqué le major général Restituto Padilla, ajoutant que l'hélicoptère pourrait aussi être utilisé pour des opérations de recherche et de sauvetage, notamment en cas de catastrophe.

Les hélicoptères remplaceraient des appareils américains utilisés pendant la guerre du Vietnam.

C'est la deuxième fois que les Philippines acquièrent des appareils de Bell Helicopter. En 2014, elle en avait acheté huit.

Les forces philippines se procurent également trois frégates de la Corée du Sud, des radars de défense israéliens, des véhicules blindés, des fusils d'assaut et des lance-grenades de la Russie, entre autres.

Une vente qui suscite la controverse

L'accord ne manquera pas de soulever des questions au sujet des véritables objectifs du gouvernement Duterte et du rôle du Canada dans l'armement d'un régime accusé de violations généralisées des droits de la personne.

En mai dernier, la Coalition internationale pour les droits de l'homme aux Philippines (ICHRP), basée au Canada, a écrit à la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, pour lui demander si les huit hélicoptères vendus en 2014 étaient utilisés dans des raids aériens qui auraient pris pour cible des civils.

Après que les guérilleros de la Nouvelle Armée du peuple (NPA) eurent tué quatre policiers en mars dernier, le président a donné ordre à l'armée d'« aller de l'avant et d'aplatir les collines », ajoutant que s'il y avait des dommages collatéraux « tant pis ».

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, serre la main du président des Philippines, Rodrigo Duterte, lors du sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, le 13 novembre 2017.Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, serre la main du président des Philippines, Rodrigo Duterte, lors du sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, le 13 novembre 2017. Photo : Reuters / Mark R. Cristino

En novembre dernier, Justin Trudeau a soulevé la question des droits de la personne aux Philippines lors d'une rencontre avec M. Duterte à Manille. Le premier ministre avait qualifié la discussion de « cordiale », mais ce n'était pas l'avis de son interlocuteur.

« C'est une insulte personnelle et officielle », avait déclaré le président philippin lors d'une conférence de presse.

Cela me choque, lorsque vous êtes un étranger et que vous ne connaissez pas exactement la situation dans ce pays, que vous n'enquêtiez même pas.

Le président Rodrigo Duterte

Les ventes d'armes du Canada à l'étranger ont fait l'objet d'un examen minutieux depuis que des rapports ont révélé que l'armée saoudienne utilisait des véhicules blindés construits à London, en Ontario, pour réprimer un soulèvement chiite musulman.

Cet accord de 15 milliards de dollars avait été conclu par le gouvernement de Stephen Harper, mais il a été approuvé par les libéraux peu après leur arrivée au pouvoir.

Avec les informations de Reuters, et CBC

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