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Protection de la jeunesse : l'entente des Atikamekw deviendra un modèle

Un enfant marche dans la neige avec son sac d'école.

Au Canada, plus de 40 000 enfants issus des Premières Nations sont placés en familles d'accueil.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La direction de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord estime que la signature d'une entente entre le gouvernement et la nation Atikamekw servira de modèle et d'inspiration pour les Innus de la Côte-Nord. Cette entente permet à la nation d'instaurer son propre régime de protection de la jeunesse.

Un texte de Émile Duchesne

La directrice de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord, Marlene Gallagher, affirme que toutes les communautés autochtones de la région sont déjà dans un processus pour obtenir leur propre régime de protection de la jeunesse. Les communautés en sont rendues à des étapes différentes, mais ont toutes déposé des projets qui vont dans ce sens.

Le processus est long et complexe : la nation Atikamekw travaillait sur cette entente depuis plus de 30 ans. Selon Marlene Gallagher, elle pourra servir de modèle pour les communautés innues de la Côte-Nord.

« On va pouvoir s'inspirer de ce qui s'est fait du côté des Atikamekw avec les pièges, avec ce qui a fait que ça a pris autant de temps. »

« C'est sûr que ça va être inspirant et je vous dirais qu'on a le goût de dire enfin! Enfin on a quelque chose de concret et ça peut se réaliser. »

— Une citation de  Marlene Gallagher, directrice de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord
Marlene Gallagher en entrevue dans son bureauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marlene Gallagher est directrice de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord

Photo : Radio-Canada

C'est aussi l'avis du grand chef de la nation Atikamekw, Constant Awashish, qui était en entrevue la semaine dernière à l'émission Bonjour la Côte. Il estime que ça permettra aux prochaines ententes de se conclure plus rapidement que celle de sa nation.

« C’est une première, c’est un précédent. Les gens ne veulent pas se tromper, ne veulent pas faire d’erreurs. »

— Une citation de  Constant Awashish, grand chef de la nation Atikamekw
Le grand chef de la nation attikamekw, Constant AwashishAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le grand chef de la nation attikamekw, Constant Awashish

Photo : Radio-Canada

L'importance des régimes de protection de la jeunesse autochtones

Selon Marlene Gallagher, la prise ne charge des régimes de protection de la jeunesse permet aux communautés d'assurer la sécurité culturelle des enfants. Dans le cadre de ces ententes à venir, la loi de la protection de la jeunesse, qui reste la même, pourra être adaptée aux réalités et à la culture des différentes communautés.

« Ça veut dire que c’est l’intérêt de l’enfant qui prime d’abord, tous les droits que les enfants ont présentement dans la loi de la protection de la jeunesse ça doit être converti à la façon d’une communauté. »

— Une citation de  Marlene Gallagher, directrice de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord

Le grand chef des Atikamekw, Constant Awashish expliquait que les jeunes qui sont pris en charge par les non-autochtones, peuvent perdre leur langue et leur culture.

Selon lui, l'autonomie des communautés en matière de protection de la jeunesse permettrait aux jeunes de recevoir une éducation et des valeurs fidèles à leur culture.

Des enfants autochtones à l'écoleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des enfants autochtones à l'école

Photo : CBC/Radio-Canada

Constant Awashish ajoute que certains aînés font des liens entre la gestion de la protection de la jeunesse par les Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et l'époque des pensionnats. Selon les aînés atikamekw, la signature de l'entente va permettre de regagner le contrôle sur l'éducation de leurs enfants qui avait été perdu à l'époque des pensionnats.

La situation sur la Côte-Nord

Marlene Gallagher explique qu'actuellement, dans les communautés Innues de la Côte-Nord, c'est la DPJ, donc le CISSS de la Côte-Nord qui agit en tant que premier répondant dans les cas de protection de la jeunesse. Ce sont aussi ceux qui sont responsables de l'évaluation des besoins d'un jeune.

Grâce à des ententes, des personnes ressources à l'intérieur des communautés peuvent toutefois s'occuper de faire les suivis avec les enfants qui ont reçu des services de la DPJ.

« Plus les oncles, les tantes et les familles lèvent la main pour aider les familles, moins on a de jeunes qu’on est obligé de déraciner. »

— Une citation de  Marlene Gallagher, directrice de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord
UashatAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La communauté innue de Uashat

Photo : Radio-Canada

En ce moment, il arrive que des enfants innus soient placés dans des familles d'accueil non autochtones à l'extérieur de leur communauté.

Marlène Gallagher affirme qu'il y a actuellement neuf enfants qui sont déracinés de leur communauté sur un total de 190 enfants autochtones en famille d'accueil. Selon Marlene Gallagher, cela s'explique par un manque de familles d'accueil dans les communautés.

« On sera jamais à l’abri d’être obligé de retirer un enfant de sa communauté par manque de ressources. Ce n’est pas par manque de volonté, ce n’est pas ce qui est voulu. »

— Une citation de  Marlene Gallagher, directrice de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord
La rue Papamuteu et le magasin KamatshenanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La communauté innue d'Unamen Shipu

Photo : Radio-Canada / Émile Duchesne

Marlène Gallagher incite les nations autochtones à poursuivre les démarches et indique que la DPJ appuie les communautés innues de la Côte-Nord dans leur volonté d'obtenir l'autonomie en matière de protection de la jeunesse.

Avec les information de Laurence Royer

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