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Puits contaminés à Chatham : le ministère de l'Environnement blanchit North Kent Wind

Une femme en habit de cuisinière tient un pot dans lequel on voit qu'il y a de l'eau noire.
Pour son travail, Lucy Defraye doit cuisiner à la maison. Une tâche impossible depuis que l'eau de son puits est noire. Photo: Radio-Canada / Catherine Poisson

Le ministère de l'Environnement de l'Ontario a informé les propriétaires de puits dont l'eau est devenue noire durant des travaux d'installation d'éoliennes, dans la région de Chatham-Kent, que la contamination n'était pas due à ces travaux. Une conclusion rejetée, lundi, par les résidents touchés.

Dans une lettre envoyée à 9 propriétaires des 18 puits dont l'eau est devenue noire dans la dernière année, le ministère conclut que le battage de pieux utilisé pour installer les éoliennes du projet North Kent Wind n'est pas la cause de la contamination de la seule source d'eau potable de ces résidents.

Un grosse bannière disant que le minist;ere de l'environnement est dangereux est installée devant une conteneur d'eau cylindrique et métalique. Une bannière du groupe Water Wells First devant un réservoir d'eau temporaire. Photo : Radio-Canada / Catherine Poisson

Le document explique que le ministère a demandé aux deux compagnies responsables du projet, Pattern Development et Samsung, de recueillir deux échantillons d'eau chaque jour avant, pendant et après les travaux au chantier North Kent Wind 1.

« Les résultats de ce programme d'échantillonnage ont indiqué que les activités de battage de pieux n'avaient pas eu d'effet sur la qualité de l'eau dans les puits surveillés », peut-on lire dans le rapport.

Le gouvernement soutient également que les puits de la région de Chatham-Kent, particulièrement dans les cantons de Dover et de Chatham, détiennent moins d'eau qu'ailleurs en province, en raison de la composition du sol.

La proportion de puits abandonnés serait aussi la plus élevée dans le sud-ouest de la province, selon les données du ministère.

Colère et désespoir des résidents

Les propriétaires de puits, qui s'étaient regroupés au sein de la coalition Water Wells First au cours de la dernière année, ont convoqué la presse lundi après-midi afin de rejeter les conclusions du ministère.

Ceux-ci demandent une enquête de la santé publique et déplorent ce qu'ils considèrent être « un dangereux précédent » pour la protection de l'eau.

Pattern Development et Samsung avaient fait installer 12 réservoirs d'eau temporaires sur les terrains des familles touchées.

Six de ces familles ont appris qu'elles perdront ces réservoirs prochainement.

Lundi, leur porte-parole Kevin Jakubec a indiqué aux médias que ces familles étaient désespérées et qu'elles ne savaient pas quoi faire pour la suite des choses.

« C'est décourageant pour les familles de notre communauté de se faire dire par le gouvernement de retourner boire de l'eau visiblement contaminée par des particules de schiste noir. »

On peut voir plusieurs pots alignés sur une table et remplis d'eau avec des petites roches dans ceux-ci.Des échantillons d'eau prélevés dans un des puits. Photo : Radio-Canada / Catherine Poisson

Réactions de Pattern Development

Dans un courriel, un porte-parole de Pattern Development dit comprendre que la situation des puits peut-être inquiétante et que l'accès à l'eau potable est essentiel.

Pattern met aussi l'accent sur les vibrations causées par la circulation locale et les pompes des puits.

« Le niveau de vibrations provenant des activités de construction là où se trouvent les puits était [...] beaucoup moins élevé que les vibrations quotidiennes », ajoute le porte-parole Matt Dallas.

Plus d'un million de personnes en Ontario ont un puits comme principale source d'eau potable.



Windsor

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