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Tarifs d'Air Canada : pas de baisse en Atlantique comme au Québec

Un avion d'Air Canada Jazz décolle de l'aéroport de Halifax, en 2010

Un avion de Jazz Air, une filiale de Chorus Aviation qui opère pour Air Canada Express au niveau régional, à l'aéroport de Halifax.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Air Canada ne compte pas diminuer le tarif de ses vols régionaux en Atlantique, comme elle l'a fait au Québec la semaine dernière.

Un texte de Camille Martel

Des membres de la communauté d’affaires du Nouveau-Brunswick critiquent le prix des liaisons régionales, qu'ils trouvent élevé.

La semaine dernière, Air Canada a apporté des modifications à ses tarifs normaux pour les vols régionaux au Québec.

Des voyageurs québécois pourront dorénavant se procurer des cartes de vol à un tarif réduit. Par exemple, une carte pour 10 allers simples coûtera seulement 324 $, un rabais considérable.

Air Canada a aussi réduit ses tarifs sur les vols réservés de 30 à 60 jours à l’avance au Québec.

À titre d'exemple, au Nouveau-Brunswick, un aller simple entre Moncton et Montréal coûte plus de 150 $ et un vol entre Moncton et Halifax coûte plus de 200 $, bien que la durée du vol soit de seulement 40 minutes.

De plus, il n’y a aucun vol direct qui relie les trois aéroports du Nouveau-Brunswick, soit celui de Bathurst, de Moncton et de Fredericton.

Par exemple, il faut compter un minimum de 4 h 30 et environ 500 $ pour un vol de Moncton à Bathurst en passant par Montréal.

Air Canada n'a pas expliqué pourquoi elle réduisait seulement ses tarifs au Québec. L'entreprise a seulement indiqué par courriel à Radio-Canada qu'il n'était pas dans ses intentions de réviser ses prix en Atlantique.

Le « monopole » d'Air Canada critiqué

Au Québec, la décision de réduire les tarifs fait suite aux critiques de plusieurs élus sur ce qu’ils appellent le monopole d’Air Canada.

Le maire de la ville de Québec, Régis Labeaume, a même accusé l’entreprise de pratiquer du « capitalisme sauvage », puisqu’elle augmente ses prix lorsqu'un concurrent se retire d'un marché donné.

Au Nouveau-Brunswick, la situation est similaire : Air Canada exploite la majorité des vols.

L'aéroport régional de Bathurst est uniquement desservi par Air Canada et environ 70 % des vols en partance de l'aéroport international Roméo-Leblanc du Grand Moncton et de l'aéroport de Fredericton sont assurés par Air Canada.

« Pour diminuer les prix, il faut qu'il y ait plus de compétition », estime Bernard LeBlanc, président-directeur général de l'aéroport international Roméo-Leblanc du Grand Moncton.

Il explique que certaines compagnies aériennes à bas prix, comme Newleaf, ont déjà opéré des vols à Moncton, mais qu'elles se sont retirées dû à la faible rentabilité.

Ça demeure une priorité pour nous d'essayer d'attirer d'autres compagnies aériennes.

Bernard LeBlanc, président-directeur général de l'aéroport international Roméo-Leblanc du Grand Moncton

Bernard LeBlanc a indiqué que l'aéroport était de nouveau en pourparler avec Newleaf et avec Swoop, une nouvelle division à bas prix de West Jet. Il souhaite que ces compagnies desservent des vols à Moncton afin que les prix soient plus compétitifs.

Les tarifs limitent les déplacements en avion, selon la FCEI

Selon Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales au Nouveau-Brunswick pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), le coût du transport aérien peut nuire aux petites et moyennes entreprises.

L’exportation c'est très important pour notre économie au Nouveau-Brunswick.

Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales à la FCEI pour le Nouveau-Brunswick

« De façon anecdotique, j’ai déjà entendu au courant des années des entrepreneurs me dirent qu’ils trouvaient ça cher », explique Louis-Philippe Gauthier.

Louis-Philippe Gauthier, Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

Louis-Philippe Gauthier, Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

Photo : Radio-Canada / Louis Mills

Selon lui, les tarifs des transporteurs aériens ne constituent pas nécessairement un « frein » pour les entrepreneurs, mais ils limitent certainement le nombre de fois que ceux-ci vont voyager.

« Si un entrepreneur a besoin de se déplacer, il va le faire. On est au Canada et on sait que les coûts pour se déplacer entre certaines régions sont plus élevés qu’ailleurs. Est-ce que ce serait apprécié que les coûts soient plus faibles? Oui bien sûr! »

À son avis, si Air Canada est en mesure d'offrir des rabais dans une région du pays, cela doit être le résultat d'un calcul économique bien réfléchi.

La question se pose. Est-ce que le même calcul peut s’appliquer pour les régions de l’Atlantique et des Maritimes?

Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales, FCEI Nouveau-Brunswick

Plus cher pour un avion d'atterrir en région

Il faut noter que les frais d’améliorations aéroportuaires entrent dans le calcul des tarifs aériens. Or ces frais sont très élevés pour certains petits aéroports, comme celui de Bathurst.

Les frais y sont les plus élevés au pays avec ceux de l'aéroport de Fort McMurray, en Alberta. Ces aéroports réclament 40 $ en frais d’améliorations aéroportuaires.

À titre de comparaison, l’aéroport de Moncton exige 25 $ et celui d’Halifax, 28 $.

Nouveau-Brunswick

Transports