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Les Micmacs célèbrent le retrait de la statue de Cornwallis à Halifax

Célébration le 4 février 2018 à Halifax sur le piédestal où était posée la statue d'Edward Cornwallis.

Célébration le 4 février 2018 à Halifax sur le piédestal où était posée la statue d'Edward Cornwallis.

Photo : The Canadian Press / Darren Calabrese

Radio-Canada

La manifestation prévue pour exiger le retrait de la statue d'Edward Cornwallis a cédé la place à une célébration, dimanche à Halifax, en l'absence de la statue du controversé général, déboulonnée la semaine dernière.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées autour du piédestal au centre d’un parc du sud de la ville. Mercredi dernier, des employés de la municipalité ont déboulonné le monument du général, fondateur d’Halifax et auteur de la proclamation du 2 octobre 1749, où il s’engageait à verser une prime à quiconque lui ramenait le scalp d’un Micmac.

Étreinte entre deux femmes devant le piédestal désert où se trouvait la statue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À gauche, l'endroit où avait été érigée la statue d'Edward Cornwallis.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Mardi dernier, les élus du Conseil régional ont voté à 12 voix contre 4 en faveur du retrait de la statue érigée à des fins touristiques en 1931.

Daniel Paul, aîné micmac et auteur du livre Nous n’étions pas les sauvages, fut la première personne à la fin des années 1980 à attirer l’attention sur la proclamation de Cornwallis et à réclamer le retrait de cette statue.

« C’est un signe de progrès », dit M. Paul, de constater qu’« au Canada, les gens regardent quelque chose et reconnaissent quand c’est un symbole de pensée suprémaciste, et disent qu’il est temps de s’en débarrasser. »

Daniel Paul.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Daniel Paul le 4 février 2018 à Halifax.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Il suggère que la suite logique est de renommer le parc, qui s’appelle toujours parc Edward-Cornwallis, et propose « parc de la Paix et de l’Amitié » comme nom éventuel.

Quant à la statue, M. Paul affirme que sa place est au musée. « Plaçons-le au musée, expliquons son rôle dans la proclamation » qui demandait le scalp des Micmacs « et parlons de son rôle dans la fondation d’Halifax. »

« Ayons une histoire inclusive », dit Daniel Paul.

Des gens se tiennent sur le piédestal où se trouvait auparavant la statue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Célébration le 4 février 2018 à Halifax sur le piédestal où était posée la statue d'Edward Cornwallis.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Une révélation de la vraie nature de l'histoire, plutôt que son effacement

Suzanne Patles, une des organisatrices du rassemblement de dimanche, a invité M. Paul à la rejoindre sur le piédestal où Edward Cornwallis s’est dressé pendant près de 87 ans.

« Il peut être debout où Cornwallis l’a été. Il a travaillé pendant des décennies pour son retrait. Je suis très honorée qu’il se tienne ici où la statue s’est tenue, car cette statue ne reviendra pas. »

Mme Patles célébrait dimanche les fruits d’un effort collectif de longue haleine.

« Beaucoup de gens disent [que] le retrait de la statue veut dire effacer l’histoire. En réalité, il s’agit de révéler l’histoire, la vraie histoire », explique-t-elle.

Suzanne Patles tenant un porte-voix.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Suzanne Patles le 4 février 2018 à Halifax.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Mme Patles souhaite maintenant que la Ville aille de l’avant avec ce qu’elle appelle une « assemblée de la paix » pour rassembler les citoyens « dans la paix et l’amitié » et en arriver à une meilleure compréhension de l’histoire.

« Il est évident que nous avons besoin ici d’une assemblée de la paix, pour commémorer non seulement l’histoire micmaque mais notre histoire collective », soutient Mme Patles.

Elle espère maintenant que sera révoquée, dans un geste symbolique, la proclamation de Cornwallis.

« La loi sur la scalpation doit être révoquée. Il y a toujours une prime sur nos têtes. »

Avec les informations de Stéphanie Blanchet

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