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L’interdiction d'utiliser des appâts vivants dérange les pêcheurs sur glace

Les explications de Julie Emond
Radio-Canada

Les Québécois ne peuvent plus utiliser des poissons appâts vivants, communément appelés « des ménés » pour la pêche hivernale. Cette mesure a déjà eu pour effet un ralentissement des activités de la pêche sur glace.

Cette interdiction en vigueur depuis le 1er avril 2017 vise à réduire la propagation d'espèces exotiques envahissantes.

Quelques espèces qui nous préoccupent particulièrement, nous avons la tanche, le gardon rouge et la dernière arrivée, la carpe de roseau.

Daniel Hatin, biologiste au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Selon le ministère, certaines espèces envahissantes se retrouvaient dans les viviers des poissons appâts, puis étaient transférées vivantes d'un plan d'eau à un autre.

« Les poissons qui restent vivants sont remis dans le trou de pêche sur la glace, donc ils sont relâchés vivants dans le plan d'eau et ça peut être un vecteur d'introduction de ces espèces-là, dont la carpe de roseau », explique M. Hatin.

La réglementation permet aux pêcheurs d'utiliser des poissons appâts morts, mais uniquement l'hiver et seulement dans certaines régions.

L'industrie de la pêche hivernale au Québec

  • Plus de 200 000 adeptes de la pêche hivernale au Québec chaque année
  • Plus de 30 millions de dollars par an, en retombées économiques liées aux activités de la pêche hivernale
  • Création ou maintien de 380 emplois à temps plein


Source : Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, 2012

« Les poissons appâts peuvent être porteurs de certaines maladies à l'état vivant, et certains virus sont plus actifs en été qu'en hiver », soutient le biologiste Daniel Hatin.

Toutefois, les menés morts ne semblent pas très appréciés des pêcheurs.

« On met les menés morts, mais quand on les accroche aux hameçons, ils sont gelés et se déchirent tout le temps », affirme Robert Tardif, un pêcheur amateur.

Pertes d'emplois, fermeture de certains centres de pêche, les conséquences de l'interdiction d'utiliser des poissons appâts vivants seraient nombreuses.

Les pourvoyeurs nous disent que ça a baissé de 40 % à 50 % l'achalandage dû à la non-utilisation du mené vivant.

Theo Gionet, président de l’Association des pêcheurs de Longueuil

La situation attriste également les gestionnaires de centres de pêche.

Je trouve que c'est une activité familiale qu'on risque peut-être de perdre.

Francine Lauzon, copropriétaire du Centre de pêche Ronald Lauzon

Les pêcheurs doivent donc redoubler d'imagination et privilégier d'autres tactiques pour faire mordre le poisson.

D’après le reportage de Julie Emond

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