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La première semaine du procès de Raymond Cormier, en résumé

Le visage, en gros plan, d'un homme au cheveux grisonnants mi long.

Raymond Cormier, accusé du meurtre non prémédité de Tina Fontaine, une adolescente trouvée sans vie dans la rivière Rouge en août 2014.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La première semaine du procès de Raymond Cormier, accusé du meurtre de Tina Fontaine, est terminée. La quantité de drogue et d'alcool dans l'organisme de la victime au moment de sa mort, l'ADN de l'accusé, une housse de couette verte et une camionnette Ford F-150 volée. Voilà ce qui a retenu l'attention au cours de la semaine.

Un texte de Denis-Michel Thibeault

Raymond Cormier s'est présenté au palais de justice de Winnipeg, trois ans et demi après la mort de Tina Fontaine. Son apparence est plus soignée. Il porte maintenant les cheveux courts, il a le visage plus rond. Lundi, le juge Glenn Joyal, qui instruit le procès, s'est assuré de rappeler aux jurés de ne pas tenir compte des preuves circonstancielles et de ne considérer que les faits.

Le procès s'est ouvert avec le témoignage de la grand-tante de Tina Fontaine, Thelma Favel. Elle a expliqué que, depuis la mort de son père, Tina Fontaine vivait l'enfer. Elle avait été prise en charge par le Service d'aide à l'enfant et à la famille et résidait à Winnipeg depuis deux mois avant sa mort.

Toute la famille de la victime était présente, et fortement émue, lorsque la Couronne a présenté en cour un extrait d'un appel au 911, dans lequel on pouvait entendre la voix de Tina Fontaine. Dans cet appel, elle dit que son « ami Sébastien » avait volé une camionnette.

On a aussi appris que l'adolescente avait été retrouvée enveloppée dans une housse de couette de couleur « Chloe green », qui ne pouvait provenir que de l'une des trois succursales de Costco, à Winnipeg. Le corps de Tina Fontaine a été immergé dans l'eau avec plus de 10 kilos de pierres, à proximité du quai Alexander.

Mardi, c'était au tour de l'expert en toxicologie Christopher Keddy de prendre la parole. Il a affirmé que, au moment de sa mort, le corps de Tina Fontaine contenait des traces d’alcool et de marijuana. Christopher Keddy a écarté l'idée que la victime ait consommé de la méthamphétamine cristallisée (ou crystal meth). Il est possible qu'elle ait consommé de la cocaïne, mais les tests ne peuvent le confirmer, a ajouté l’expert.

Christopher Keddy a conclu qu’il était peu probable que la combinaison de ces drogues et de l’alcool ait causé la mort de l'adolescente.

Mercredi, la preuve d'ADN a été remise en doute. Il a été démontré qu'il n'existe aucune preuve directe permettant de faire un lien entre Raymond Cormier et la mort de Tina Fontaine malgré les tests d'ADN, selon le témoignage de l'experte en identification de la police de Winnipeg, Susan Roy-Haegeman. La décomposition du corps et la présence de l'eau compliquaient la collecte et l'analyse des preuves d'ADN, a-t-elle dit.

Jeudi, il a été question de la housse de couette dans laquelle était enveloppé le corps de Tina Fontaine.

La Couronne a appelé à la barre Ida et Chantelle Beardy, qui connaissaient Raymond Cormier sous les noms de « Frenchie » et de « Sébastien ». Elles ont expliqué que Raymond Cormier avait une tente dans la cour arrière de Mme Beardy au moment où les faits sont survenus, et qu'il possédait une housse de couette « similaire à celle dans laquelle Tina Fontaine a été retrouvée ».

Selon les déclarations d'une inspectrice du Service de police de Winnipeg, Esther Schmieder, « environ 800 exemplaires de cette couverture ont été vendus dans les trois Costco de Winnipeg ».

Elle a admis que la plupart des personnes interrogées avaient dit avoir donné la housse à des magasins d'articles d'occasion. Cela complique le travail des policiers pour en découvrir la provenance.

Vendredi, la Couronne et la défense se sont concentrées sur la camionnette Ford F-150 qui avait été volée et vraisemblablement utilisée pour transporter le corps de l'adolescente.

Son propriétaire, Donal Schneider, a déclaré que, lorsqu'il a revu son véhicule, après le vol, tout avait été soigneusement nettoyé à l'intérieur. Il dit avoir remarqué que plusieurs de ses outils n'étaient plus dans sa camionnette.

Le tribunal a également entendu celui qui disait être le revendeur de drogue de l’accusé.

Glen McDonald connaissait lui aussi Raymond Cormier sous le surnom de « Frenchie ». Selon lui, il était déjà arrivé à « Frenchie » de payer sa consommation de drogue avec des outils comme ceux qui se trouvaient dans la camionnette.

Le procès reprend le 5 février au palais de justice de Winnipeg.

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Justice et faits divers