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  • Charlie Biddle, pilier du jazz montréalais

    Le jeune Charles Biddle joue de la contrebasse et son visage est expressif.
    Charles Biddle (capture d'un extrait de 1956) Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Il y a 15 ans s'éteignait le contrebassiste de jazz Charles Biddle, personnage d'envergure dans le paysage musical québécois. Né aux États-Unis, il a subi les préjugés racistes en tant qu'immigrant noir à Montréal dans les années 1950.

    Charles Biddle naît en 1926 à Philadelphie. Il s’engage dans l’armée américaine lors de la Seconde Guerre mondiale et vit durement la ségrégation qui y règne. En 1948, révolté contre le racisme qui sévit dans sa ville natale, il déménage à Montréal.

    Le jeune homme se fait rapidement connaître dans le milieu du jazz montréalais, se produisant dans les clubs et les boîtes de nuit. Cet extrait silencieux de l’émission Notre ville en 1956 est l’archive la plus ancienne de l’artiste qui se trouve dans notre collection. Le musicien y joue de la contrebasse, son instrument de prédilection.

    En 1958, Charles Biddle fonde une boîte de jazz dans le Vieux-Montréal avec le guitariste Nelson Symonds : le Black-Bottom. Il partage la scène du Penthouse avec Oscar Peterson, Art Tatum, Charlie Parker ou Lionel Hampton. À l’occasion d’Expo 67, le contrebassiste joue au Pavillon de la jeunesse aux côtés de John Coltrane, Thad Jones et Pepper Adams.

    Les Biddle, une famille tissée serrée

    En 1976, l’animateur Gaston L’Heureux reçoit le musicien et sa famille sur le plateau de l’émission Les Coqueluches au Complexe Desjardins. Sa femme Constance se fait interprète puisque Charles Biddle parle peu français. Elle raconte l’histoire de « Charlie » qui a commencé à jouer du jazz aux États-Unis. Après un court voyage au Québec, il décide de s’y installer.

    Il est tombé en amour avec nous autres, il n’est jamais retourné.

    Constance Biddle, en 1976

    La vie de famille est difficilement conciliable avec les tournées. Le couple possède donc, à l’époque, un restaurant pour subvenir aux besoins de leurs cinq enfants.

    En 1979, celui que l’on surnomme « Monsieur Jazz Montréal » organise un festival qui prépare le terrain au Festival international de jazz de Montréal. Lauréat du prix Oscar-Peterson, Charles Biddle reçoit plusieurs récompenses honorifiques qui consacrent son talent : le prix Calixa-Lavallée et l’Ordre national du Canada.

    Le journaliste Simon Durivage rencontre la famille Biddle pour l’émission Le Point du 6 novembre 1991. Constance Biddle raconte le scandale qu’a provoqué son mariage dans les années 1950.

    En 1955, peu après son arrivée au Canada, Charles épouse Constance, une Québécoise francophone. À cette époque, l’union entre un Noir et une Blanche est taboue au Québec. La femme du musicien raconte qu’après la cérémonie, son père lui a tout bonnement annoncé qu’elle était déshéritée.

    J’ai été obligée de me réaffirmer comme individu parce que j’ai été obligée de passer à travers des périodes très difficiles.

    Constance Biddle, en 1991
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