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La sénatrice Marilou McPhedran à la recherche de victimes d'inconduites sexuelles au Sénat

Photo de la sénatrice devant une bannière de l'Institut international pour les droits des femmes au Manitoba.

La sénatrice manitobaine Marilou McPhedran milite pour que le Sénat se dote d'une meilleure politique pour traiter les plaintes pour inconduite sexuelle.

Photo : Radio-Canada / ROSALIE LOISELLE

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La sénatrice manitobaine Marilou McPhedran veut venir en aide aux employés de la Chambre haute qui auraient été victimes d'inconduites sexuelles, de 2006 à aujourd'hui.

La sénatrice dénonce le secret qui entoure cette question au Sénat. « Je ne sais pas ce qui est arrivé aux gens qui ont déposé une plainte au cours de la dernière décennie, explique Marilou McPhedran. Tout ce que je sais, c'est qu'ils ont tous disparu et qu'il ne reste qu'un seul sénateur (de l'époque) qui est encore ici. »

Depuis son arrivée au Sénat, en 2016, elle dit avoir entendu parler de cas où des plaintes pour inconduites sexuelles auraient été réglées par le versement d'une compensation financière aux victimes. Il n'existerait pas de trace de ces transactions, car l'argent aurait été versé par l'entremise d'avocats et, donc, déguisé en frais de justice.

« Je ne sais pas si c'est vrai et je n'ai aucune façon de le vérifier, puisque toute cette information [sur la gestion des plaintes] est gardée secrète », indique-t-elle.

Mme McPhedran veut comprendre comment la Chambre haute a géré ces plaintes par le passé. Elle veut aussi fournir des ressources aux victimes.

La sénatrice indépendante, originaire du Manitoba, est avocate de formation. Elle a, à maintes reprises, représenté des victimes d'agressions sexuelles au cours de sa carrière.

« Ce que j'ai appris au fil des ans, c'est que, très souvent, les survivants [et survivantes] finissent par régler à l'amiable et signer des ententes de confidentialité, constate-t-elle. Ils ne sentent pas qu'ils ont obtenu justice ou que cela a résolu leur situation et ils ne sentent pas que suffisamment de choses ont changé pour protéger leurs successeurs. »

Mme McPhedran se dit prête à financer les services d'une avocate spécialisée, à même son budget, pour toute personne qui aurait été victime de harcèlement au travail ou d'inconduite sexuelle, durant un emploi ou un stage au Sénat.

Cette démarche peut, selon elle, permettre aux victimes de tourner la page.

« Cela peut se limiter à une discussion confidentielle avec l'avocate, et si le survivant ou la survivante ne veut pas que cette information me soit transmise, ça s'arrêtera là. Je n'y aurai pas accès », assure-t-elle.


Elle a créé une adresse courriel confidentielle pour recueillir les témoignages de victimes ou simplement les mettre en contact avec l'avocate pour qu'elles puissent obtenir des conseils juridiques. On peut communiquer avec l'avocate à cette adresse : confidential@mariloumcphedran.com (Nouvelle fenêtre).

La sénatrice McPhedran milite pour que le Sénat se dote d'une meilleure politique pour traiter les plaintes. Le groupe de travail qu'elle avait formé avec d'autres sénateurs, l'automne dernier, pour réfléchir à la question, a été dissous en décembre par le Bureau de régie interne du Sénat.

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