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La dopamine pourrait être au cœur de l’évolution humaine

L'évolution humaine représentée par une illustration

Illustration de l'évolution humaine

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'humain est une espèce en apparence bien distante des autres membres du règne animal. Identifier clairement l'origine de cette différence a toujours été un casse-tête pour la communauté scientifique. Des chercheurs américains ont peut-être mis le doigt sur l'une de ces distinctions; elle concerne l'une des molécules chimiques les plus importantes du cerveau : la dopamine.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

On pourrait croire qu’au cours de l’évolution humaine, ce qui a permis à nos lointains ancêtres de se distancer des autres primates et du reste du règne animal, c'est la prise de volume de notre cerveau.

Selon les fossiles, on remarque que le cerveau des espèces qui ont engendré les humains modernes a commencé à prendre du volume il y a 2 millions d’années. Et pourtant, ces aïeux avaient déjà commencé à utiliser certains outils ou à montrer des comportements sociaux différents des autres primates il y a au moins 3 millions d’années.

Pour certains chercheurs, il devait y avoir quelque chose d’unique qui nous a distingués des autres grands singes, avant même que nous devenions plus intelligents.

C’est ce qu’a vérifié une équipe de scientifiques américains, dont les travaux, publiés dans la revue scientifique PNAS (Nouvelle fenêtre), montrent que certaines molécules joueraient un rôle clé dans cette différence.

La chimie du cerveau

Outre les neurones, les neurotransmetteurs sont l’un des éléments essentiels du cerveau; ces molécules permettent aux cellules de communiquer les unes avec les autres.

Il est impossible d’étudier les neurotransmetteurs d’il y a 3 millions d’années, mais on peut observer la différence entre les humains et les autres grands singes aujourd’hui.

Les chercheurs ont analysé des tranches de cerveaux provenant de plusieurs primates (des gorilles, des chimpanzés, mais aussi des capucins, des macaques et des babouins) et les ont comparées avec des cerveaux humains.

Ils se sont concentrés sur le striatum, une zone importante pour certains types de mouvements, pour l’apprentissage, pour notre comportement social et pour notre personnalité.

Les chercheurs se sont intéressés à la concentration de neurotransmetteurs importants pour les interactions sociales, dont la dopamine, la sérotonine et l’acétylcholine.

La coopération est la clé

D’abord, ils ont constaté que les humains, les chimpanzés et les gorilles, trois espèces relativement proches, ont tous un niveau de sérotonine plus élevé que celui des autres primates. Cette molécule peut être liée à un plus grand degré de contrôle de soi en présence d’un groupe.

Par contre, les gorilles et les chimpanzés avaient une expression d’acétylcholine beaucoup plus élevée que chez les humains, une caractéristique liée à un comportement plus agressif ou territorial.

Toutefois, la plus grande différence est la dopamine. Comparativement à tous les autres primates testés, les humains présentent la plus haute concentration de ce neurotransmetteur.

Dans le cerveau, la dopamine peut jouer un rôle important dans plusieurs comportements sociaux, dans l’apprentissage et dans le contrôle du langage. Elle est aussi connue pour son rôle dans le système de la récompense, cette réaction en chaîne qui aide à renforcer notre intérêt pour l’activité que nous sommes en train de faire.

Les résultats de la recherche laissent croire que le cerveau des humains, comparativement à celui d’autres primates, serait davantage orienté chimiquement pour aimer la coopération et l’entraide au lieu de l’agression. Ce qui aurait différencié notre espèce pourrait donc être notre facilité à former des groupes, du moins plus que chez les autres animaux.

Il faut rappeler que tout cela est une hypothèse basée sur des primates modernes. Bien que ces observations viennent confirmer celles d’autres études effectuées l’an dernier (Nouvelle fenêtre), il est difficile d’extrapoler les conclusions et de les relier à notre évolution il y a 3 millions d’années.

Les chercheurs continueront d’explorer cette hypothèse en vérifiant ce qui se passe dans le cerveau de singes très sociaux, comme les bonobos.

Entre-temps, cette étude est une première étape pour comprendre un segment très mystérieux de notre évolution.

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