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Construction : le Nouveau-Brunswick perdra 28 % de sa main-d'oeuvre

Photo d'une affiche nous indiquant le début d'une zone de construction sur le pont de Shippagan.

Selon les prévisions pour le Nouveau-Brunswick, les grands projets de construction industrielle et de génie civil laisseront place aux activités de construction d'infrastructures et d'entretien.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Le secteur de la construction au Nouveau-Brunswick perdra 28 % de sa main-d'oeuvre au cours des dix prochaines années, et aucune solution claire n'est envisagée pour assurer une relève.

Selon les dernières prévisions sur le marché du travail publiées mercredi par ConstruForce Canada, une organisation nationale menée par l'industrie canadienne de la construction, l’emploi dans ce secteur d’activité sera stable au Nouveau-Brunswick dans les prochaines années, mais l'annulation du projet d'oléoduc Énergie Est assombrit les perspectives.

Le rapport présenté par ConstruForce ne prévoit pas de diminution de l’emploi dans le secteur de la construction au Nouveau-Brunswick avant 2021 et 2022. Le démarrage prévu du projet de remise en état du barrage de Mactaquaca devrait ensuite améliorer la situation.

Un quart de million de travailleurs à la retraite

Comme partout ailleurs au Canada, le Nouveau-Brunswick sera aux prises avec le vieillissement, puis le départ à la retraite de la main-d’oeuvre, ainsi que la diminution du nombre de jeunes intégrant le marché du travail.

La proportion de jeunes de 15 à 24 ans pouvant se joindre à la main-d’oeuvre diminuera dans la prochaine décennie, et tous les secteurs d’activité affronteront cette réalité démographique.

Dans les dix prochaines années, 28 % de la main-d’oeuvre du Nouveau-Brunswick partira à la retraite, soit 7100 travailleurs. On ne prévoit dans la même période que 4500 nouveaux venus sur le marché du travail.

La main-d’oeuvre du secteur de la construction du Nouveau-Brunswick prend sa retraite à un rythme plus rapide que dans toute autre province, souligne Bill Ferreira, le directeur général de ConstruForce Canada.

À l’échelle nationale, ce sont 254 800 travailleurs qui prendront leur retraite dans les dix prochaines années, alors que 226 200 nouveaux venus sont attendus pour les remplacer.

Des besoins qui s'annoncent difficiles à combler en Nouvelle-Écosse

En Nouvelle-Écosse, les besoins en main-d’oeuvre dans le secteur de la construction devraient se maintenir dans les dix prochaines années, avec une possible baisse modérée causée par la fin de certains projets en cours, comme le centre des congrès d’Halifax et la ligne de transport d’énergie par voie maritime. La maintenance des constructions récentes servira à pallier une croissance moins importante de la construction résidentielle.

Construction du centre des congrès d'Halifax.

Construction du centre des congrès d'Halifax.

Photo : Anjuli Patil

Près du quart de la main-d’oeuvre actuelle en Nouvelle-Écosse partira à la retraite dans la prochaine décennie. Ce devrait être le cas pour 8200 salariés, alors qu’on ne prévoit que 5800 nouveaux travailleurs.

Un renouvellement de la main-d’oeuvre qui passe par une industrie plus diverse

Selon Bill Ferreira, le directeur général de ConstruForce Canada, le défi de renouvellement de la main-d’oeuvre qui attend l’industrie au cours de la prochaine décennie exige de redoubler les efforts pour attirer des travailleurs provenant de divers horizons.

« L’industrie aura à trouver des façons d’accroître la diversité de sa main-d’oeuvre », explique M. Ferreira, et à « augmenter son attrait auprès des femmes, des Autochtones et des immigrants. »

L’immigration ne compensera qu’en partie la réalité démographique canadienne, selon le rapport présenté par ConstruForce. En revanche, la population autochtone, qui démontre une forte tendance à choisir une carrière en construction, est celle dont la croissance démographique est la plus forte au Canada.

Plus d’un Autochtone sur dix au Canada travaille dans la construction. Les Autochtones représentent 4 % des salariés du secteur.

Jeune fille vêtue d'un casque de construction.

L'industrie de la construction aura à trouver des façons d’accroître son attrait auprès des femmes et des jeunes.

Photo : iStock / THANATASDcom

Malgré des progrès évidents, les femmes continuent d’être sous-représentées dans la construction. Les efforts doivent se poursuivre pour continuer à répondre aux stéréotypes qui existent concernant l’industrie. Le secteur doit « s’assurer que l’environnement de travail de demain en est un basé sur le respect, et qui peut répondre aux attentes des femmes », en plus des Autochtones et des nouveaux Canadiens, indique M. Ferreira.

Une image de l’industrie en constante évolution

M. Ferreira a bon espoir de voir l’industrie de la construction corriger les idées préconçues qui ont touché le secteur. Plusieurs parents et éducateurs, reconnaît-il, ont eu tendance à décourager les jeunes de poursuivre une carrière dans la construction.

Alors que tous les secteurs d’activité tenteront d’attirer ceux et celles qui intégreront le marché du travail dans les prochaines années, les projets de construction liés à l’environnement et aux nouvelles technologies, espère M. Ferreira, contribueront à rendre l’industrie plus attrayante, car, estime-t-il, ils « offrent aux jeunes le genre de défis professionnels qu’ils recherchent ».

« Alors que l’on verra dans le futur encore davantage de technologies être déployées, cela va certainement être un intérêt pour cette prochaine génération », dit-il.

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