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L'absolution après avoir filmé ses partenaires sexuelles et partagé les images

Ezra Cohen (jeune homme avec un manteau à capuchon), dans un couloir du palais de justice de Montréal, en compagnie de la procureure aux poursuites criminelles et pénales Roxane Laporte et de son avocat Jonathan Gordon.

Ezra Cohen (le jeune homme avec un manteau à capuchon), dans un couloir du palais de justice, en compagnie de la procureure aux poursuites criminelles et pénales Roxane Laporte et de son avocat, Jonathan Gordon.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un étudiant de l'Université McGill ne conservera pas de casier judiciaire après avoir reconnu qu'il a filmé ses ébats sexuels avec trois mineures et partagé les images avec neuf de ses amis. Ezra Cohen, 19 ans, a obtenu une absolution inconditionnelle au palais de justice de Montréal, mercredi.

Un texte de Geneviève Garon

Ezra Cohen a eu des relations sexuelles avec trois adolescentes alors qu'il avait 18 ans, en 2016. Il a filmé ses ébats et montré la vidéo à neuf de ses amis. Heureusement, « l'enregistrement était court et de mauvaise qualité, ce qui empêchait d'identifier les victimes », a précisé le juge Yves Paradis, de la Cour du Québec, avant de prononcer la peine.

Le jeune homme a été arrêté l'automne dernier « à l'école, face aux autres étudiants ». Il a collaboré à l'enquête et toutes les copies de la vidéo ont été détruites.

Il a mis fin soudainement aux procédures judiciaires en plaidant coupable d'avoir partagé une image intime d'une personne sans son consentement.

« J'avais peur de montrer mon visage »

Deux de ses trois victimes ont écrit des lettres déposées à la cour dans lesquelles elles décrivent à quel point elles ont été bouleversées par les agissements d’Ezra Cohen.

« L'année a été émotionnellement épuisante. J'ai fait de l'insomnie et je me suis sentie déprimée », écrit l'une d'elles, qui ne voulait plus aller à l'école dans les semaines suivant le dévoilement des vidéos. « Je me suis isolée du monde. J'étais sous le choc, terrifiée, honteuse et embarrassée. [...] J'avais peur de montrer mon visage », ajoute-t-elle.

Une autre jeune femme s'adresse directement à Ezra Cohen et assure qu'elle ne lui pardonnera jamais. « Ce que tu as fait est une violation de nos corps, de notre confiance, de nos droits et de notre condition d'être humain », écrit-elle, avant d'insister : « Je ne suis pas ta victime ».

L'absolution malgré de « sérieuses hésitations »

Depuis son arrestation, en novembre dernier, Ezra Cohen a suivi une thérapie et fait du bénévolat. Il s'est excusé auprès des victimes et le tribunal estime qu'il a des remords.

« De toute évidence, il n'était pas mature », a affirmé le juge Paradis, qui a relevé plusieurs circonstances aggravantes, comme le fait que les crimes se sont échelonnés sur une période de huit  mois et ont fait plusieurs victimes.

Malgré de « sérieuses hésitations », le tribunal a entériné la suggestion commune des deux parties et octroyé l'absolution inconditionnelle à l'étudiant, qui s'est engagé à ne pas troubler la paix pendant un an.

Ezra Cohen a quitté la salle d'audience en compagnie de ses parents, le visage dissimulé par leurs manteaux.

Justice et faits divers