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Que retenir du premier discours sur l'état de l'Union du président Trump?

Le président américain Donald Trump parle devant une assemblée au Congrés américain
Le président Trump a donné son premier discours sur l'état de l'Union mardi soir. Photo: Reuters / Jonathan Ernst
Yanik Dumont Baron

Donald Trump a prononcé son premier discours sur l'état de l'Union devant les membres du Congrès manifestement divisés selon leurs allégeances partisanes. Presque 80 minutes de déclarations, de souhaits et de promesses. Que retenir ? Survol de l'essentiel en six points.

1- Ce discours était l’occasion pour le président de tourner la page sur une année bien mouvementée, remplie de controverses. Au nom des intérêts du peuple, Donald Trump a dit souhaiter que « nous mettions tous de côté nos différences et cherchions un terrain d’entente ». Son ton était conciliant, sa main tendue à l’adversaire. Un contraste avec le poing fermé présenté du haut de sa tribune lors de son discours d’assermentation l’an dernier.

2- Les démocrates sont restés bien froids devant ces ouvertures. Ils n’ont pas bronché lorsque Donald Trump leur a proposé une entente qui donnerait la citoyenneté à près de 2 millions d’immigrants sans papiers. Ils sont restés de marbre lorsqu’il a vanté des taux de chômage parmi les plus bas jamais enregistrés au pays. Ils ne se sont pas joints à l’ovation lorsque le président a déclaré qu’il n’y avait pas de meilleur moment pour commencer à rêver grand.

3- L’immigration était l'un des thèmes centraux du discours et probablement de l’année 2018. Le président a été clair : il en fait d’abord une question de sécurité nationale. Il propose d’aider ces jeunes illégaux surnommés « Dreamers », mais seulement en échange de restrictions envers l’immigration légale. En somme, le sort de ces jeunes passera après la sécurité des citoyens. « Les Américains sont aussi des rêveurs. »

4- Donald Trump se présente toujours comme le défenseur du peuple, mais ses politiques sont décidément moins populistes et plus républicaines. Il n’est plus question de déchirer ces ententes économiques internationales jugées mauvaises pour les travailleurs américains, comme il avait déclaré au sujet de l’ALENA. Après un an au pouvoir, le président parle plutôt de « travailler à les améliorer ». Il a bien évoqué son désir que Washington soit « imputable » au peuple, mais c’était pour parler du grand nombre de règles administratives éliminées. Des mesures qui favorisent d’abord les entreprises.

5- Le président continue de projeter une image de force, tant au pays qu’à l’étranger. Son discours était parsemé de références aux soldats, aux policiers. Il a réclamé de grandes augmentations budgétaires pour ses armées, a évoqué une modernisation de l’arsenal nucléaire américain. Donald Trump y voit la seule manière de dissuader des adversaires comme la Corée du Nord de menacer les États-Unis. Il a aussi confirmé que la prison de Guantanamo resterait ouverte, que d’autres détenus pourraient y être envoyés.

6- Le discours ne contenait aucune référence aux problèmes qui minent la crédibilité du président. Le mot « Russie » n’a été prononcé qu’une seule fois, et c’était pour parler du rival géopolitique, pas des enquêtes sur le rôle de ce pays dans l’élection de Donald Trump. C’est compréhensible que le président ait voulu éviter le sujet. Mais toute l’affaire préoccupe beaucoup d’Américains, notamment les possibles abus de pouvoir du président pour nuire aux enquêtes. Ces questions accaparent aussi beaucoup l'énergie des élus et de l’administration Trump. Une énergie qui ne peut être investie dans les priorités.

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